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Tchad : l’opposant Succès Masra et ses partisans dispersés

Ce vendredi 9 septembre, le principal leader de l’opposition à la junte militaire au Tchad, Succès Masra, se rendait à une convocation du procureur de N’Djamena. Le président du parti Les Transformateurs, accompagné d’une foule de partisans se dirigeait vers le palais de justice quand la police est intervenue pour les disperser à coups de gaz lacrymogène selon un journaliste de l’AFP.

M. Masra, 39 ans, avait affirmé à l’AFP avoir reçu jeudi une convocation du procureur de la République dont le motif ne lui a pas été communiqué. « Je répondrai présent », « j’irai en marchant et en chantant pour la liberté du peuple », mais « je ne serai pas seul », avait lancé le jeune opposant sur Twitter, vendredi matin. Puis vers 8 heures, M. Masra est sorti de son domicile, a assisté à deux prières (musulmane et chrétienne) au milieu de plusieurs centaines de ses partisans. Il les a exhortés à « ne pas siffler, à marcher dignement, à respecter l’ordre et ne toucher à rien », avant de prendre, sous la pluie, d’abord à pied puis dans une voiture roulant au pas, la direction du tribunal à la tête d’un long cortège de sympathisants.

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Dès que les tirs de grenades lacrymogènes ont retenti, M. Masra et ses partisans ont fait demi-tour pour regagner son domicile et le siège du parti. Il a écrit dans un tweet, « Le peuple est sorti nous accompagner au palais de justice, ils nous ont attaqués et [ont] tiré à balle réelle », ajoutant « Le monde est pris à témoin. Ils veulent arrêter le dialogue du peuple par la violence. »

Cette convocation survient six jours après des manifestations violemment réprimées par la police et l’armée. Environ 200 partisans de M. Masra ont été interpellés durant les quatre jours de manifestations, dispersés systématiquement à coups de grenades lacrymogènes, puis remis en liberté dimanche.

Ces nouveaux heurts surviennent quelques jours après des manifestations non autorisées et violemment réprimées des Transformateurs, mouvement le plus virulent d’une coalition de l’opposition politique et de la société civile qui boycotte un dialogue de réconciliation nationale lancé il y a vingt jours par le président autoproclamé et chef de la junte, le général Mahamat Idriss Déby Itno.

Vingt jours après son lancement par M. Déby, les travaux du « dialogue national inclusif et souverain » viennent à peine de commencer et sa clôture a dû être repoussée de dix jours, au 30 septembre.