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Lutte contre le terrorisme : Damiba prend-il la ‘Défense’ pour mieux organiser l’offensive militaire ?

Le président de la transition au Burkina Faso, a limogé lundi son ministre de la Défense et prend le portefeuille ministériel. L’acte qui peut être qualifié d’un mini remaniement montre la prééminence dudit ministère dans la lutte contre le terrorisme, l’argument fort du putsch militaire qui a porté Paul-Henri Sandaogo Damiba au pouvoir.

On a du mal à percevoir les performances des forces armées burkinabé depuis la formation du gouvernement de transition au mois de mars de cette année. Peut-être à cause du ministre de la Défense ? Il est remarquable que le ministre démis, Barthélémy Simporé est au poste depuis juin 2021. Bien avant le coup d’État.

Peu après la première attaque terroriste dans la soirée du vendredi 15 janvier 2016, contre le Burkina Faso, les questions sécuritaires ont revêtu une importance capitale. Cela va de soi que le ministère de la défense aussi se repositionne dans le protocole d’État, en ce sens que c’est l’intégrité territoriale qui est en jeu. Aujourd’hui, c’est environ 40% du territoire burkinabè qui est hors de contrôle de l’État. La sécurité face aux attaques terroristes n’est pas une option. C’est la survie même de l’Etat, son existence en tant que telle, qui est menacée.

Pourtant depuis l’arrivée au pouvoir de la junte, la sécurité n’a pas connu d’amélioration et les attaques se multiplient semaine après semaine. Le limogeage intervient quelques jours (semaine passée) après une attaque contre un convoi civil qui a fait 35 morts et plusieurs blessés. Le lundi dernier encore, deux soldats ont perdu la vie dans une attaque qualifiée de « complexe » contre un détachement militaire dans la province de l’Oudalan. Dix assaillants ont été tués, selon l’armée. Le désormais ex-ministre de la Défense évoquait alors « la nature perfide et cynique des groupes armés terroristes ». Un aveu d’impuissance ? Peut-être.

Si le limogeage est perçu comme une norme au sein d’un gouvernement, la prise en main du portefeuille par le président révèle son envie de prendre contrôle du ministère. Sous le magistère du président Kaboré, des scandales de corruption et de dysfonctionnement ont éclaboussé ce ministère.

En matière de lutte contre le terrorisme en Afrique de l’Ouest, le Colonel Damiba s’y connait a priori. Fort de sa présence récurrente sur les théâtres d’opération, il a publié un essai dont le titre est significatif : Armées ouest-africaines et terrorisme : réponses incertaines ? Seulement, le tout militaire ne saurait résoudre la crise terroriste qui secoue nombre de pays africains.