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Obsèques de la Reine Elizabeth II : L’ordre librement consenti ou la foule qui « réfléchit »

Crowds watch procession of Her Majesty The Queen Elizabeth II's Coffin as it heads to St Giles Cathedral, after making its way along The Royal Mile on September 12, 2022 in Edinburgh, Scotland. Jeff J Mitchell/Pool via REUTERS

Quand on parle des funérailles de la Reine d’Angleterre, on retient les hommages du monde mais bien sûr aussi, des chiffres. La foule venue rendre un dernier hommage à Elizabeth II était bien impressionnante. Mais mieux que celle-là, la discipline qui l’a caractérisée l’est davantage.

Les rites funéraires du lundi 19 septembre ont rassemblé des millions de personnes sans que la horde de gens qui y participe ne déborde et ne se comporte en foule. Autrement dit, c’est la foule qui « réfléchit ». Et, cela s’appelle l’ordre. Il a régné sur tout et en tout.

Dans les grands pays comme le Royaume uni, l’ordre est manifeste et caractérise les grands rendez-vous. Dans ces pays de grande démocratie, pourtant, les évènements politiques ou sociaux sont placés sous le sceau de la discipline.

Une attention particulière est accordée à la sécurité. Le mérite revient d’abord aux autorités qui ont déployé un dispositif sécuritaire xxl. Plus de 10.000 officiers de police ont été ajoutés aux effectifs habituels, précise The Guardian. La Metropolitan Police a déclaré qu’il s’agissait du « plus grand déploiement d’officiers de police » pour un événement, « plus grand que les Jeux Olympiques de 2012 ». Londres n’est pas la seule ville à avoir revu son service d’ordre à la hausse. Windsor, où repose la reine Elizabeth II, a aussi fait appel à des renforts : 2.000 officiers ont été déployés dans la ville, qui a mis en place « des mesures de sécurité du même style que dans un aéroport ».

« A cela s’ajoutent, dans le centre Londres, des barrières sur 35 kilomètres pour contenir la foule. 250 trains supplémentaires circuleront jusqu’à Londres. Également, une centaine de vols commerciaux ont été annulés à l’aéroport d’Heathrow, proche de Windsor, pour éviter la pollution sonore pendant la cérémonie funéraire », précise le site d’information en ligne, 20 minutes.

L’efficacité de ce dispositif est la résultante de l’adhésion de la foule. C’est ce qu’on peut appeler l’ordre librement consenti. C’est la volonté individuelle de chaque citoyen de se soumettre à une norme légalement établie ou loyalement éthique.

C’est un esprit d’ordre comparable à celui de Genève, qui responsabilise le citoyen dans ses agissements publics. L’ordre apparaît comme une sorte de convention collective. C’est tout le contraire de Moscou ou de Pyongyang qui intime à l’individu un comportement à tenir dans sa démarche publique.

Au fond, ce n’est pas si mauvais que cela. Mais cette méthode d’ « obtention de l’ordre » doit participer d’une démarche collective de développement d’une nation. L’exemple que représente Kigali dans ce domaine inspire nombre de pays africains. Et bien avant le Rwanda, c’est le Ghana qui a montré le chemin. Même si les leaders (Kagame et Rawlings), initiateurs de l’ordre se sont comportés comme des geôliers, leurs actions sont inscrites dans une longue marche d’émancipation de leurs peuples.