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Guinée : BERNARD GOMOU, Premier ministre réaffirme à l’ONU que la transition va durer 36 mois

C’est à la tribune des Nations unies que le Premier ministre guinéen a présenté bilan et perspectives de la transition. BERNARD GOMOU a noté qu’après avoir donné le ton des indépendances en Afrique, en particulier dans les pays francophones, son pays a connu des heures sombres dans sa gouvernance – et malheureusement, au cours de la dernière décennie, le régime en place n’a pas fait exception. La période a été marquée par une politisation extrême des organes de l’État, des violations de l’État de droit et une mauvaise gestion financière. Le changement constitutionnel de l’ancien président supprimant les limites des mandats présidentiels a été le facteur déclenchant des troubles sociopolitiques dans un pays où le développement était déjà paralysé – même s’il s’agit du plus grand producteur mondial de bauxite. Face à la situation désastreuse, les Forces de Défense et de Sécurité, au sein du Comité National de Réconciliation et de Développement.  

La population a soutenu le mouvement, a-t-il souligné, et un aperçu a été fait des solutions appropriées aux défis de la reprise, notamment : la construction d’institutions solides et légitimes ; refonder l’Etat pour restaurer son autorité ; relance, modernisation et renouvellement de l’Administration ; et mobiliser le peuple dans la conduite des affaires publiques en toute transparence. Le pays a élaboré et publié la Charte de transition et un Gouvernement civil de transition, mis en place le Conseil national de transition et la Cour de répression des infractions économiques et financières pour lutter contre la corruption et les détournements de biens publics et restaurer la confiance entre le peuple et les autorités. Toutes les procédures sont fondées sur la pleine indépendance de la justice, avec l’organisation de conventions nationales de « Journées de vérité et de pardon »,

Il a noté qu’une proposition de calendrier a été obtenue par consensus, en vue d’empêcher le peuple guinéen de retomber dans des transitions cycliques. En tant que point central de la négociation entre la Guinée et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), il a souligné que le contenu de la transition comporte 10 points, dont un recensement général de la population et de l’habitat et un recensement administratif de l’état civil. Ces programmes prendront 24 mois, et le pays aura besoin de 12 mois supplémentaires pour organiser les trois élections prévues. Il a souligné l’urgence de ce recensement de qualité pour assurer un fichier électoral indiscutable, garantissant des processus électoraux transparents et des résultats acceptables par tous. 

Sur ce point, il a souligné que les membres du Comité national, du Gouvernement et du Conseil national de transition, sans aucune pression et de leur plein gré, ont décidé de ne pas se présenter aux élections à venir. Le Gouvernement guinéen s’est en outre fixé comme priorité nationale l’organisation d’un procès sur les événements du 28 septembre 2009 au nom des victimes. Après 13 ans d’attente, le président de la transition a décidé d’ouvrir le procès en coopération avec la Cour pénale internationale et le Conseil des droits de l’homme. Sur le plan économique, il a relevé les efforts de la Guinée pour stabiliser l’économie à travers un Programme de Référence Intérimaire 2022-2025, contribuant à l’amélioration des conditions de vie, et rassurant tous les investisseurs publics et privés de la volonté du Gouvernement de garantir des conditions favorables au climat des affaires. 

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