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Présidence de l’Assemblée nationale : Les révélations d’Aminata Touré

Dans un point de presse tenu ce dimanche 25 septembre 2022, Aminata Touré est revenue sur l’élection de la présidence de la 14ème législature de l’Assemblée nationale qui avait fait couler beaucoup d’encre, quand à la surprise générale, l’ancienne première ministre a quitté l’hémicycle avant même le vote des députés pour élire le président de l’Assemblée nationale. Selon celle qui a été La tête de liste nationale de la coalition au pouvoir BBY, « il aurait été impossible pour moi comme politicienne d’expérience de n’avoir pas trouvé un accord préalable avec le Président Macky Sall sur le poste de Président de l’Assemblée nationale avant de m’engager à coordonner le parrainage qui a duré des semaines et ensuite faire le tour du pays pour la campagne des législatives ».

A l’e croire, « le Président Macky Sall sait très bien que nous avions un accord ferme, de hautes personnalités de ce pays que je ne citerais pas ici peuvent en témoigner car il le leur a dit bien à l’avance ».

Le 12 septembre, à exactement 9H26, le Président Macky Sall m’a appelé pour me dire qu’il a finalement changé d’avis exactement 17 minutes avant l’arrivée de ses émissaires à l’Assemblée nationale venus annoncer le nom de son candidat, a révélé Aminata Touré. « Le Président Macky Sall sait très bien que cela s’est passé exactement comme je le dis. Heureusement que j’ai le cœur solidement accroché, Dieu merci ! Voilà ce qui s’est passé alors que je pense lui avoir offert tout mon engagement, ma loyauté pendant plus de 10 ans en dépit des nombreuses injustices qu’il m’a fait lui-même subir, sans réelles raisons objectives », a-t-elle déploré.

Pour elle, ce n’est pas une histoire de poste encore moins de privilège. « Autrement je ne serais pas ici à vous parler. J’aurais ensuite pu dire oui aux propositions de poste que le Président Macky Sall a envoyées ses émissaires me faire nuitamment », a-t-elle révélé.

« La question du troisième mandat est à l’origine de tout ceci »

D’après Mimi Touré, la question centrale qui, au fond, est à l’origine de tout ceci : la question du troisième mandat impossible, impossible juridiquement, impossible moralement. « Je me serais dédite moralement en théorisant haut et fort la possibilité du 3ème mandat du Président Macky Sall que je serais à cette heure-ci entrain de vous offrir un cocktail de bienvenue comme Présidente de l’Assemblée nationale. Comment alors aurais-je pu me regarder dans la glace ? Comment aurais-je pu regarder mes enfants dans les yeux ? Comment aurais-je pu regarder les sénégalais dans les yeux ? », s’interroge-t-elle.

Elle a également rappelé qu’en 2011, qu’elle s’était engagée auprès du candidat Macky Sall pour lutter contre le troisième mandat du Président Abdoulaye Wade, « ce qui nous a couté 11 morts dont l’étudiant Mamadou Diop ».

« Comme directeur du cabinet de campagne du candidat Macky Sall, j’avais moi-même saisi le Conseil des Droits de l’Homme de Genève. Comment 10 ans après, des acteurs politiques qui se sont battus contre le 3ème mandat du Président Abdoulaye Wade osent évoquer l’idée d’un troisième mandat du Président Macky Sall ? Ce que les sénégalais n’avaient pas accepté il y a 10 ans, comment peut-on imaginer une seule seconde qu’ils l’accepteraient en 2024 ? », poursuit-elle.

Selon Amiata Touré, le Président Macky Sall a l’obligation de respecter la Constitution à la lettre, de respecter sa parole, de respecter le Peuple sénégalais et même les Peuples africains qui souffrent trop souvent de l’instabilité politique due au seul fait que leurs dirigeants s’accrochent au pouvoir.