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Mali : Moussa Mara déplore « le ton belliqueux » du discours du Colonel Abdoulaye Maïga à l’ONU

La classe politique malienne commence à se prononcer sur l’intervention du Premier ministre par intérim à la Tribune de l’ONU le samedi 24 septembre 2022. Selon le site d’information Maliweb, l’ancien premier ministre, Moussa Mara, dit « déplorer le ton belliqueux » du chef du gouvernement à l’endroit des dirigeants des pays voisins.

Toutes les composantes de la classe politique malienne n’approuvent pas le discours mémorable du Premier Ministre par intérim.  L’ancien président du parti Yelema exprime clairement son opposition à ces déclarations qui engagent le peuple malien devant le monde entier. Moussa Mara note un seul point positif dans le discours tenu par le Colonel Abdoulaye Maïga à la tribune des Nations-Unies, qui, selon lui, se rapporte à l’attachement du gouvernement « au respect des droits de l’Homme, à l’application de l’Accord pour la Paix, le retour à l’ordre constitutionnel et à une résolution des crises ».

En revanche, il a regretté le ton utilisé par le chef du gouvernement. « Je déplore le ton belliqueux employé vis-à-vis de certains partenaires, particulièrement ceux de notre espace sous-régional et qui risquent malheureusement de détériorer les relations de bon voisinage avec ces pays qui nous entourent », a déploré l’ancien premier ministre. Poursuivant que « le temps significatif consacré à répondre à des commentaires à notre endroit, aurait pu être mis à profit pour mettre en évidence les préoccupations concrètes, réelles et fortes de nos compatriotes ainsi que les solutions envisagées pour leurs résolutions ».

« La multiplication des frondes et l’adoption d’une posture agressive vis-à-vis de l’extérieur sont contre productives pour notre pays », a conseillé Moussa Mara. Il suggère que son pays gagnerait à s’aligner au discours du Président Macky Sall qui a pointé du doigt la responsabilité des pays industrialisés dans le changement climatique dont l’Afrique paie les conséquences. Soutenir le vœu du Continent sur la réforme du conseil de sécurité eu égard à l’évolution du Monde, serait plus bénéfique selon lui.

« Il en est de même de nos préoccupations vis-à-vis des changements climatiques qui impactent durement notre pays et expliquent en partie les crises que nous traversons », souligne Moussa Mara.

Poursuivant toujours avec son argumentation opposée à celle du gouvernement malien aux Nations-Unies, il a rappelé le contexte de fragilité que le Mali traverse, illustré par la présence à ses chevets depuis plus d’une décennie de l’ensemble de la communauté internationale.

L’ancien premier ministre a également conseillé aux autorités de la transition malienne de privilégier, en toutes circonstances, « un dialogue constructif et apaisé avec tous, à recoudre les fils cassés avec nos voisins en particulier et plus généralement nos partenaires », afin que son pays retrouve conformément à ses valeurs et à sa grandeur d’antan, le chemin de la paix et de la prospérité.