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Octobre rose : Le point sur la lutte contre le cancer du sein et du col au Sénégal

Le mois d’octobre, à travers la campagne « Octobre rose », est dédié à la sensibilisation des femmes au dépistage du cancer du sein et à récolter des fonds pour la recherche. Le Sénégal n’est pas en reste. Le dimanche 2 octobre, la Ligue sénégalaise contre le cancer (LISCA) sous la présidence du ministère de la Santé et de l’Action sociale a lancé cette campagne par une marche dans le département de Keur Massar pour le dépistage du cancer du sein.     

L’occasion pour la ministre de la Santé, Dr Marie Khemesse Ngom Ndiaye, de faire le point sur la situation du cancer au Sénégal. Elle a rappelé que d’importantes mesures sociales ont été prises à savoir la subvention sur la radiothérapie qui a été portée à 75% permettant de maintenir le coût à 150 000 F cfa. Selon la ministre de la Santé, cette mesure a permis depuis 2018 à plus de 2500 patients de bénéficier d’une prise en charge.

Il y a également la gratuité depuis le 1er octobre 2019 de la chimiothérapie pour les cancers du sein et du col de l’utérus à côté d’une subvention à 60% pour les autres types de cancers, a-t-elle fait savoir. « Nous avons 21 structures sanitaires équipées en appareil de mammographie. Le coût est de 15 000 f Cfa pour renforcer la détection mais également nous sommes en train d’étudier la restructuration des coûts pour maintenir ces 15 000 f Cfa. Le président de la République m’a instruite de faire tout pour que ce coût soit maintenu à défaut de le revoir à la baisse », a rassuré Dr Ndiaye.

« Plus de 11 000 personnes étaient atteintes d’un cancer au Sénégal et que près de 8 000 en mouraient » (CIRC)

Pour la ministre de la Santé, quand on fait la cartographie des scanners, c’est l’Etat du Sénégal qui prend en charge ces coûts grâce à la subvention. En ce qui concerne la vaccination contre le HPV (le papillomavirus humain ou virus du papillome humain) qui existe au Sénégal depuis 2018, elle a permis de vacciner les jeunes filles pour la prévention du cancer du col de l’utérus.

De plus, ajoute-t-elle, 70 centres de dépistage et de traitement des légions précancéreuses de l’utérus ont été installés permettant ainsi l’intégration du dépistage du cancer du col de l’utérus. « Le projet pilote du dépistage du cancer du col de l’utérus par l’utilisation du test HPV et le traitement des légions précancéreuses par thermoablation dans les districts sanitaires de Dakar a pour objectif de permettre aux populations d’avoir accès plus facilement à la prise en charge », a déclaré Dr Ndiaye lors du lancement de la Campagne « Octobre rose ».

A cela s’ajoute l’installation d’un quatrième appareil de radiothérapie dans le public au sein de l’hôpital Cheikh Ahmadou Khadim de Touba. Cet appareil de radiothérapie à Touba, selon Mme la ministre, va amortir les impacts de la fermeture de l’hôpital lle Dantec. « Il y a donc des avancées significatives mais il reste encore à faire », a conclu Dr Marie Khemesse Ngom Ndiaye qui préconise une approche intégrée et multisectorielle dans la prise en charge des cancers du sein et du col de l’utérus.

Pour rappel, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a estimé en 2020 que chaque année plus de 11 000 personnes étaient atteintes d’un cancer au Sénégal et que près de 8 000 en mouraient. Le cancer du col de l’utérus est la première cause de mortalité par cancer dans le pays et l’une des cinq causes principales de mortalité en général. On prévoit que ces chiffres augmenteront substantiellement et atteindront en 2030 plus de 16 000 nouveaux cas et plus de 11 000 morts.

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