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Probable candidature de Déby fils : À quoi le Tchad peut-il s’attendre ?

Avec la dernière actualité politique au Tchad, on est désormais loin de l’épilogue de l’histoire politique très mouvementée de ce pays du Sahel. Selon le Rapporteur du Dialogue National Souverain Inclusif une éventuelle candidature du chef de la junte est possible car « un consensus s’est dégagé pour que tout Tchadien qui remplit les conditions fixées par la loi soit électeur et éligible », a précisé Ahmat Barchire.
C’est dire implicitement que Mahamat Déby pourra être candidat. Cela révèle un premier hiatus par rapport à l’engagement pris, étant donné que l’on peut être juge et partie. Probablement, c’est maintenant que s’ouvre l’ère des tumultes post Idriss Déby Itno.
Une transition à la Dadis Camara ?
À sa prise du pouvoir, le Conseil militaire de transition (CMT) mis en place a juré que de nouvelles institutions verraient le jour après des élections « libres et démocratiques » dans un an et demi. Mieux, le chef de la junte avait fait le serment de transmettre le pouvoir à un civil à l’issue des élections. D’abord ce délai avait été jugé très court par de nombreux observateurs. Ceux-ci, avaient estimé que le Tchad a besoin plus de temps pour opérer un changement qualitatif sur le plan de la démocratie et des institutions.
Ensuite, depuis sa prise du pouvoir des partis d’opposition ont stigmatisé l’attitude de Paris qui est resté un peu plus complaisant de ce « coup d’État institutionnel ». Ils avaient appelé « à l’instauration d’une transition dirigée par les civils (…) à travers un dialogue inclusif ».
Ce dialogue organisé a connu beaucoup d’échec organisationnel et est loin d’être national et inclusif car beaucoup de partis d’opposition l’on boycotté. Nonobstant, c’est la commission de ce dialogue qui a prorogé la transition. Son Rapporteur a affirmé : « la commission a relevé qu’un large consensus s’est dégagé pour la fixer à 24 mois maximum ».
Paris étant un allié de longue date du régime tchadien sous Idriss Déby, le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian avait appelé à une transition militaire d’une « durée limitée » qui conduise à un « gouvernement civil et inclusif ». L’Union européenne lui avait emboité les pas. Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell avait suggéré dans un communiqué que « la transition annoncée doit être limitée, se dérouler de manière pacifique, dans le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales, et permettre l’organisation de nouvelles élections inclusives ».
Le Tchad de la croisée des chemins
Pour le président du principal parti de l’opposition Succès Masra, c’est le moment de clarification qui est venu pour tous les partenaires du Tchad mais aussi pour le Conseil Militaire de Transition. « Autant les discussions du palais disent qu’il a le droit d’être candidat, autant le droit d’être candidat n’est pas le devoir d’être candidat », a-t-il laissé entendre.
« Nous arrivons à un moment de clarification. Chacun va clarifier sa position et de cela va dépendre la suite du pays. Nous sommes à la croisée des chemins et nous autres qui représentons cette espérance de ce peuple, on nous reprochera tout sauf d’avoir été prévoyant et d’avoir anticipé sur un certain nombre de choses pour nous permettre d’aller vers ce que le peuple tchadien attend. C’est-à-dire la capacité enfin de choisir démocratiquement ses dirigeants. Ce qui n’est jamais arrivé jusqu’à présent. »
Tout comme des nuages annonciateurs d’orages, une candidature de Mahamat Déby peut être perçue comme une étincelle dans la poudrière. C’est un pays en proie à de nombreuses factions de groupes rebelles. Succès Masra, président du parti Les Transformateurs prévient que « le peuple tchadien ne souhaite ni la confiscation armée du pouvoir, ni la transmission dynastique du pouvoir », soulignant que la démocratie est une aspiration profonde de son pays.

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