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Inflation : la Banque mondiale et le FMI font le point sur l’évolution récente de l’économie sénégalaise

Les institutions de Brettons Woods (Banque mondiale et FMI) se sont récemment prononcées sur l’état de l’économie sénégalaise et ses perspectives au moment où le pays fait face à une inflation. Dans son rapport intitulé « Pour une croissance durable et résiliente : Renforcer les écosystèmes entrepreneuriaux suite à la pandémie », publié en septembre, la Banque mondiale a révélé que la croissance du PIB a significativement accéléré en 2021. Elle est estimée à 6,1% (3,3% pour le PIB par habitant), tirée par la reprise de la consommation privée et de l’investissement.

En conséquence de la hausse de la demande, l’inflation a atteint 2,2% en 2021, alors que les prix moyens de la composante alimentaire ont légèrement reculé. Cette baisse s’explique, selon la Banque mondiale, par la bonne production agricole 2020-2021 qui a permis d’alimenter les marchés locaux et de limiter la hausse des prix au premier semestre de 2021.

Toutefois, précise-t-elle, à partir de juillet 2021, les pressions inflationnistes se sont intensifiées, notamment dans le domaine de produits alimentaires et de l’énergie. Le déficit de la balance courante devrait légèrement se détériorer et s’établir à 13,6% du PIB en 2022. « Les causes principales sont la hausse significative du prix des importations des produits pétroliers et la poursuite des investissements dans le secteur en construction des hydrocarbures.

Un taux de croissance estimé à 4,8% en 2022 (BM)

Selon la Banque mondiale, le taux de croissance est estimé à 4,8% en 2022. Cette décélération par rapport à l’année précédente (6,1 %) s’explique par une baisse de la consommation privée et de l’investissement privé, négativement affectés par la hausse des prix induite par le conflit russo-ukrainien. La croissance devrait cependant être maintenue par une accélération de la consommation publique pour soutenir l’économie et des développements positifs dans le secteur minier, qui devraient booster la production extractive, notamment avec la découverte de nouvelles mines d’or et de phosphate (dont les perspectives de prix ont été revus à la hausse). Les investissements seront soutenus par la finalisation des projets Sangomar et GTA, associés aux hydrocarbures.

Quant au Fonds monétaire international (FMI), il a fait savoir que les effets de la guerre en Ukraine et de la flambée des prix des matières premières pèsent sur l’économie sénégalaise. « L’activité dans les secteurs secondaires et des services a ralenti au cours du premier semestre de cette année, ce qui a conduit à une légère révision à la baisse de la projection de croissance à 4,7 %. Cependant, l’inflation a atteint un niveau record sur plusieurs décennies de 11,2 % en août, sous l’effet de la hausse des prix des denrées alimentaires (17,3 %), ce qui a un impact négatif sur le niveau de vie des ménages », selon le communiqué de presse du FMI à l’issue d’une mission du 29 septembre au 6 octobre pour faire le point sur l’évolution récente de l’économie et les progrès dans les réformes.

Les perspectives de croissance se situent autour de 10 % en moyenne sur la période 2023-2024 (FMI)
Selon le FMI, l’inflation moyenne en 2022 devrait maintenant atteindre 7,5 %. Les recettes budgétaires recouvrées à fin septembre ont été plus importantes que prévu, mais la forte hausse des subventions à l’énergie a conduit le gouvernement à décaler certains projets pour contenir le déficit budgétaire au niveau visé de 6,2 % du PIB. À moyen terme, les perspectives de croissance semblent être plus favorables et se situent autour de 10 % en moyenne sur la période 2023-2024, grâce aux activités de production de pétrole et de gaz, et l’inflation devrait progressivement retomber à 2 %.

« Les pressions sur la balance courante s’atténueront avec la hausse des exportations et la baisse des importations liées au secteur extractif » (BM)

Les revenus additionnels issus de l’exploitation des mines d’or permettront de compenser partiellement cette tendance. Toutefois, dès lors que la production d’hydrocarbures sera mise en service, les pressions sur la balance courante s’atténueront avec la hausse des exportations et la baisse des importations liées au secteur extractif. Une accentuation des tensions géopolitiques et l’extension de la zone d’instabilité sécuritaire depuis le Sahel représentent des risques pour l’amélioration de la balance commerciale », lit-on dans le rapport de la BM.

Les autorités sont encouragées à renforcer le recouvrement des recettes…

Dans son communiqué, la mission du FMI a souligné que malgré que le projet de budget pour 2023 prévoie une réduction du déficit budgétaire, les efforts d’assainissement sont insuffisants compte tenu des contraintes fortes de financement et de la vulnérabilité croissante de la dette publique. « Des objectifs plus élevés en matière de mobilisation des recettes et des engagements forts pour supprimer progressivement les subventions à l’énergie sont nécessaires. À cette fin, les autorités sont encouragées à renforcer le recouvrement des recettes, à éliminer les exonérations fiscales onéreuses, à rationaliser les dépenses non prioritaires et à prendre les mesures nécessaires pour réduire les subventions à l’énergie tout en protégeant les plus vulnérables par des mesures ciblées », recommande le FMI.

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