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Série d’accidents dans des usines sénégalaises : le drame de 92 toujours dans les mémoires ?

Diourbel, Diamniadio, Richard Toll, dans toutes ces localités, des accidents ont eu lieu dans des usines pour un bilan total de 9 morts ; ce, en moins d’un mois seulement. Négligence ou simple erreur humaines, ces accidents interpellent et rappellent un drame survenu au Sénégal il y a 30 ans.

23 mars 1992, une citerne d’ammoniac est remplie à ras bord, dans l’usine da la Société nationale de commercialisation des oléagineux du Sénégal (SONACOS) sise à a rue Amical Cabral angle rue Rocade Fann Bel Air. Le lendemain, à la mi-journée, cette même citerne explose laissant échapper le gaz toxique. Les ouvriers présents sur les lieux seront les premières victimes après avoir inhalé une quantité importante de ce gaz. Les premiers morts commencent à être recensés.
Au lendemain du drame, le bilan est sans appel : « Le nuage de la mort. Après l’explosion d’une citerne d’ammoniac, il y a eu 41 morts et 403 blessés. » Peut-on lire à la une du journal le Soleil.

Quelques semaines plus tard, le bilan officiel tombe : 129 morts et 1150 blessés. Et les personnes blessées mourront quasiment toutes, plusieurs années plus tard d’œdèmes pulmonaires développées après le jour fatidique.

La cause de cette catastrophe industrielle est la surcharge de la citerne, défectueuse, contenant 22 tonnes d’ammoniac au lieu des 17 tonnes maximales. Le récipient avait d’ailleurs quelques réfections des années précédentes. Après ce drame, un deuil national de trois jours est décrété par le chef de l’Etat à l’époque, Abdou Diouf.

30 ans plus tard, le souvenir de ce drame reste présent dans les esprits de nombreux Sénégalais ; les événements récents aidant. Le 5 septembre dernier à Richard Toll, l’explosion d’une cuve d’Éthanol s’est produite dans l’usine de la compagnie sucrière du Sénégal, aucune perte en vie humaine n’a été dénombrée. Le 04 octobre 2022, l’explosion dans l’usine de la société de transformation agro-alimentaire raffinée (STAR) à Diourbel fait 9 morts et plusieurs blessés. La déflagration d’une turbine dans l’usine « Structure en Acier et Services (SAS) de Diamniadio, survenue le 30 septembre dernier avec un bilan de deux morts, est le dernier en date.

Même si ces derniers accidents sont loin d’avoir l’ampleur de celui qui s’est produit il y a 30 ans, ils font cependant craindre le pire. Le drame à la Sonacos aurait dû être un rappel à l’ordre pour durcir les normes de sécurité dans des usines utilisant des produits sensibles et minimiser au maximum les risques que ce genre d’accident se produise.

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