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Nathalie Yamb réagit à son interdiction d’entrer sur le territoire français

L’activiste Suisso-Camerounaise Nathalie Yamb a vivement réagi face à l’interdiction de rentrer sur le territoire français qui lui a été notifiée vendredi. Lundi 17 octobre, sur un post facebook, elle se dit encore plus motivée à défendre la cause panafricaine, cela au prix de sa vie. “Je sais qu’ils me tueront. Mais ils n’arriveront pas à assassiner l’irrépressible envie de liberté et de justice qui anime la grande majorité des populations africaines”, a écrit l’activiste sur une publication à plus de 35.000 j’aime sur facebook.

Nathalie Yamb, 53 ans, est l’une des critiques les plus virulentes de la Françafrique. Sur ses plateformes, elle n’hésite pas à critiquer la présence française sur le continent. Considérée comme persona non grata depuis janvier, Nathalie Yamb est sous le coup des sanctions à cause de ses ”diatribes récurrentes qu’elle profère contre la France et ses autorités et dans lesquelles elle cautionne, voire encourage, le recours à la violence à l’encontre des symboles de la présence française en Afrique”, ont déclaré les autorités française. Elles affirment craindre que sa présence “en France provoque de graves troubles à l’ordre public”.

Sur internet, Nathalie Yamb est adulée par les défenseurs d’une Afrique libérée du joug français et est soutenue par des milliers d’Africains. “Pour ceux qui en doutaient encore, hier nous a prouvé l’idéologie officielle explicitement raciste et institutionnalisée de Macron.Tu es blanc tu peux critiquer sa politique internationale/Africaine, tu es noir tu as l’obligation de te taire”, a écrit un internaute sur Twitter suite à la décision française.

De l’autre côté, Thomas Gassilloud, le président de la commission de la défense de l’assemblée nationale française dénonce une supposée propagande menée par l’activiste. “Nathalie Yamb, très active sur les réseaux, est un relais de propagande russe sur le continent africain et qui participe à la diffusion de fausses informations, sans doute pour des intérêts personnels, en tenant des propos très virulents contre la France en Afrique, y compris en encourageant le recours à la violence”, a-t-il dit.

Celle qui affirme qu’en Afrique “ la France tue plus que Covid, Sida et Ebola réunis” dans une de ses vidéos est suivie par des centaines de milliers de personnes sur ses réseaux sociaux.

Ces prises de position lui ont valu en 2019 de se faire expulser de la Côte d’Ivoire (où elle résidait) après sa prise de parole au sommet Russie-Afrique pour “activités incompatibles avec l’intérêt national”. “Officieusement, j’ai été expulsée parce que mes activités entraient en conflit avec les intérêts de la Françafrique”, avait-elle affirmé.

« La Dame de Sotchi” associe l’armée française à « un cancer qui se propage » à travers l’Afrique pour des intérêts obscurs et prône une Afrique libre qui décide pour elle-même. “De la même façon que j’ai hérité des aspirations, des valeurs, des principes et du courage de Thomas Sankara, de Jerry Rawlings, de Ruben Um Nyobè, de Jean-Jacques Dessalines, de la même façon des milliers, des millions de personnes hériteront de cela quand ils me tueront”, a conclu Nathalie Yamb.