Culture

Fela Kuti, le père de l’afrobeat célébrée en Europe pour la première fois

Du 20 octobre au 11 juin 2023, se tient à Paris, l’exposition “Rebellion Afrobeat”, un hommage au père du genre musical Fela Kuti. Un artiste aux multiples casquettes et dont les aspirations politiques et les prouesses musicales ont inspiré toute une génération.

Une exposition qui évoque sa dimension panafricaniste et anticoloniale, son côté provocateur envers le gouvernement de son pays le Nigéria et son attachement aux causes qu’il défendait. L’exposition rend compte de tous les instants qui ont marqué le musicien qui a grandi avec des influences panafricaines telles que Cheikh Anta Diop ou Kwame Nkrumah ou encore l’influence de sa mère, la militante nigériane Funmilayo Ransome-Kuti.

“On voulait concevoir la première exposition qui permettait de déplier toute la trajectoire musicale et politique à partir d’archives, de photographies inédites qui permettent d’être au plus près de la musique de Fela et de ses combats politiques”, a déclaré Alexandre Girard-Muscagorry, l’un des trois commissaires de l’exposition à l’AFP.

Dès les années 1960, Fela Anikulapo Kuti crée avec son groupe à l’époque “Koola Lobitos” les bases de l’afrobeat, un mélange de la musique traditionnelle Yoruba, de Blues, de Jazz et de Funk. Le musicien affirmé était aussi un as du saxophone, du clavier, de la trompette et de la guitare électrique.

Son club de Lagos fut le lieu de rencontre de plusieurs artistes dont Paul McCartney qui y enregistre son album “Band on the run” en 1973. En 1977, Fela Kuti refuse de participer à un festival organisé par le gouvernement nigérian et organise son contre-festival – une répression suivra.

La dimension politique de Fela kuti s’affirme en 1979 lorsqu’il crée son parti politique le ‘Mouvement du peuple’ et se présente à l’élection présidentielle du Nigeria – élection qu’il a perdu. Le musicien a été harcelé pendant une grande partie de sa vie par les autorités militaires du Nigéria pour ses critiques envers le régime.

“Au lieu de prendre une arme à feu, la musique était le seul outil dont il disposait. C’était une arme à utiliser contre l’autorité, contre la colonisation et les gouvernements africains corrompus. Il était la voix des sans-voix, le seul opposant assez courageux pour s’attaquer aux durs dictateurs militaires de l’époque et il a payé un prix très élevé”, a déclaré son fils Femi Kuti, lui-même un musicien.

Décédé en 1997, Fela Kuti continue d’inspirer toute une génération d’artistes. Et si l’afrobeat est une musique qui a autant d’impact sur la scène culturelle mondiale, il en est l’instigateur et des artistes comme Beyoncé et Jay-z l’ont déjà samplé.

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