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Le gaz sénégalais attire déjà les entreprises occidentales

Au cours de l’année 2023, le Sénégal devrait pouvoir commencer à exporter du gaz naturel liquéfié (GNL). Dans un premier temps, le pays sera en mesure de produire 2,5 millions de tonnes de gaz par an, une production qui devrait atteindre les 10 millions en 2030, a fait savoir le Président Macky Sall en marge du sommet consacré au secteur des hydrocarbures, organisé à Dakar les 1er et 2 septembre.

La guerre en Ukraine, une opportunité pour le Sénégal

Cette future entrée du Sénégal dans le cercle des pays exportateurs de Gaz attire déjà l’appétit des pays occidentaux. Parmi eux, l’Allemagne, qui s’est très tôt signalé. Dans un contexte de conflit, russo-ukrainien, Berlin souhaite réduire sa dépendance au gaz russe. En février 2022, soit quelque temps avant le début de la guerre en Ukraine, 55 % du gaz allemand provenait de la Russie.

En mai dernier, le chancelier Allemand Olaf Scholz était en visite à Dakar dans le cadre d’une tournée africaine. La question de la ressource gazière a bien évidemment était abordée. Conscient de l’importance de cette ressource, Macky Sall fait monter les enchères.

« Le Sénégal est prêt à travailler en vue d’approvisionner le marché européen en GNL (gaz naturel liquide), mais il faut d’abord que nous soyons soutenus dans notre participation dans de meilleures conditions que celles offertes actuellement par nos partenaires », a expliqué le président sénégalais. « J’ai demandé au chancelier de nous accompagner pour le développement de ces ressources de gaz, pour la production de GNL à partir de l’Afrique vers l’Europe, et aussi pour le gas-to-power », c’est-à-dire la production de gaz destinée à alimenter les centrales électriques locales,       a-t-il ajouté.

L’Allemagne n’est pas le premier pays à la recherche d’alternatives, qui s’est tourné vers le Sénégal. Son voisin, la Pologne, est aussi cliente. En septembre dernier, le président polonais Andrzej Duda, accompagné de responsables de sociétés d’hydrocarbures, est venu à Dakar pour entre autre, plaider pour une coopération énergétique avec le Sénégal. « Nous avons touché au sujet de l’exploitation de ces gisements et des possibilités de coopération au niveau des investissements, au niveau de la coopération universitaire et au niveau des livraisons de gaz en Pologne. »

Petit producteur mais avec de grandes ambitions

Les champs gaziers sénégalais ne représentent que 0,5 % des réserves mondiales, mais « elles sont assez importantes à l’échelle de notre pays pour changer radicalement son économie, son tissu industriel et donc ses perspectives d’avenir », selon la ministre du Pétrole Sophie Gladima. « Le simple fait d’exploiter nos hydrocarbures va nous permettre non seulement d’accélérer l’accès universel à l’électricité, mais également et surtout baisser le coût des facteurs de production pour favoriser l’industrialisation du pays », assure-t-elle. Elle invoque aussi les opportunités de création d’emplois.

D’ailleurs, le pays a fait son entrée le 25 octobre dernier, au forum des pays exportateurs de Gaz le GEFC, l’OPEP du gaz. Ce qui démontre les ambitions du pays à peser dans le marché mondial du gaz.

Depuis plusieurs années, le Sénégal et la Mauritanie se sont lancés dans l’exploration. Les deux pays ont mis en commun leurs ressources pour mettre sur pied l’un des plus grands champs gaziers d’Afrique : le GTA (Grande Tortue Ahmeyim). Le GTA comprend deux champs : le champ Tortue, découvert au large de la Mauritanie en 2015 et le champ Ahmeyim, situé au large du Sénégal.

Les réserves sont estimées à 1 400 milliards de m³ de gaz. Les deux pays partageront les recettes estimées entre 80 et 90 milliards de dollars sur 20 ans. 

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