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Développement des industries culturelles sénégalaises : la diplomatie culturelle en marche ?

L’industrie cinématographique du Sénégal est en plein essor depuis plusieurs années et dans une interview accordée à l’APS, le directeur de la cinématographie sénégalaise a affirmé que c’est un véritable “outil de diplomatie culturelle”. “Mieux, ce sont nos acteurs qui se déplacent pour aller jouer dans d’autres productions en Afrique. Certains Africains essaient d’apprendre des mots wolof pour pouvoir suivre nos séries dans leurs versions originales’’, a déclaré Germain Coly.

La culture sénégalaise serait donc un outil de ’soft power’’ que le pays pourrait utiliser à travers les productions cinématographiques qui sont regardées un peu partout dans la sous-région et à l’étranger. En mettant en exergue la façon de vivre et de s’habiller des Sénégalais, les possibilités de décors qu’offre le pays, les films pourraient servir à vendre la ‘destination Sénégal’.

Dans une interview récente, la créatrice de la marque So’Fatoo, Fatima Zahra Ba expliquait comment la série ‘Maîtresse d’un Homme marié’, de la réalisatrice à succès Kalista Sy, a eu un fort impact sur la vente de ces créations à l’étranger. Les jeunes femmes africaines et de la diaspora veulent s’habiller comme leurs stars préférées et cette vitrine a servi a exporté la marque au-delà du Sénégal.

Affiche de la série Maîtresse d’un homme marié

‘Maîtresse d’un homme marié’, a été un déclic pour l’industrie culturelle sénégalaise, d’autres productions suivent le pas aujourd’hui et il n’y a pas moins d’une dizaine de séries diffusées sur les télés et sur YouTube. Aujourd’hui, les séries sont disponibles en version sous-titrée en français, pour rompre la barrière de langue, et sont diffusées sur des plateformes à l’échelle internationale. Marodi, maison de production phare du pays, a d’ailleurs annoncé une possible collaboration avec Amazon Prime Video, une première pour le pays.

Le Nigéria, Les Etats-Unis et la Corée du Sud, des exemples d’affirmation par la culture

En Afrique, le Nigeria s’est pendant longtemps distingué pour ses productions cinématographiques. Même si elles étaient critiquées en raison de la qualité, ces productions ont réussi à faire du pays le 2è exportateur de produits culturels cinématographiques au monde après Bollywood (Inde). En 2013, Nollywood était le deuxième pourvoyeur de travail dans le pays avec des recettes de 590 millions de dollars par an.

De gauche à droite : Burna Boy, Tems, Femi Kuti, Wizkid

Aujourd’hui, c’est à travers la musique que le pays se fait distinguer partout dans le monde. L’afrobeat de Fela Kuti est monté en flèche dans les tendances et des stars comme Wizkid, Davido, Burna Boy ou encore Tems sont connues à l’international et rapportent des millions de dollars et de la visibilité à leur pays.

Aux Etats-Unis, Hollywood a longtemps véhiculé le mode de vie américain. La “American way of life” a servi de modèle et les Américains sont des leaders dans le domaine du spectacle et des industries culturelles. Ils ont très tôt misé sur cet aspect et tout ce que cela pourrait rapporter comme ressource financière.

Le dernier pays qui a réussi à se faire accepter à l’échelle internationale par la culture est la Corée du Sud. A travers ses productions cinématographiques et la musique, le pays a réussi à se positionner sur la scène internationale. La Kpop et les Kdrama ont atteint des niveaux jamais égalés au niveau mondial. Le film ‘Parasite’ est le premier film non-anglais à avoir remporté un Oscar. Le groupe de musique BTS a d’ailleurs été désigné comme ambassadeur culturel du pays. Selon l’Institut de recherche Hyundai, le boys-band a généré plus de 3,6 milliards de dollars en 2018 et plus de 800.000 touristes y sont allés pour ou à cause d’eux.

Les acteurs du film Parasite
Les membres de BTS

Ces exemples démontrent l’importance de l’intégration de la culture comme moteur de développement et surtout de “soft power”. À travers des productions, les pays se vendent et se valent sur la scène internationale. Développant ainsi les secteurs culturels qui rapportent énormément et touchent plusieurs domaines d’activités en véhiculant parfois des idéologies.

Selon l’Unesco, les Industries Culturelles et Créatives génèrent 2250 milliards de dollars par an et connaissent une des croissances les plus rapides au monde.

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