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Election de mi-mandat aux USA : Donald Trump victime de son propre radicalisme ?

Au lendemain de son éviction du pouvoir en 2020, Donald Trump avait fait comprendre que ce n’était pas la fin. Malgré son implication personnelle dans les campagnes de cette élection de mi-mandat, les résultats ne tournent pas vraiment à son avantage. On aurait cru qu’il est traqué jusqu’à son parti Les Républicains.

Donald Trump rêvait d’une victoire écrasante (218 sièges) pour préparer son retour dont il a annoncé le démarrage des hostilités pour le 15 novembre prochain. A l’étape actuelle, Les Républicains peuvent gagner la Chambre des représentants mais avec un score, très étriqué, ne facilitant pas les choses pour l’ancien président. Les derniers résultats disponibles concèdent 207 élus aux républicains contre 184 pour les démocrates à la Chambre. À cette allure, le Sénat américain, organe majeur du système politique des Etats-Unis, pourrait même rester aux mains des démocrates.

Tout comme pour se galvaniser, M. Trump analyse ces résultats comme une avancée. « Si par certains aspects l’élection d’hier a été quelque peu décevante, de mon point de vue personnel, ça a été une grande victoire », a-t-il soutenu sur son réseau Truth Social.

À y voir de près, l’échec que Donald Trump va essuyer aux termes de ces élections est dû à la qualité des candidats qu’il a soutenus et au radicalisme qu’il entretient même au sein de son parti. Il a fait émerger une nouvelle génération de candidats très médiatiques, souvent novices en politique. Ceux-ci ont brillé lors des primaires sans parvenir à triompher face aux candidats démocrates.

Dans l’ensemble, ils ont produit des résultats très mitigés. Dans l’État de Pennsylvanie par exemple, le médecin et animateur de télévision Mehmet Öz a échoué face à son rival démocrate, John Fetterman. Des élections au Sénat à celles des gouverneurs en passant par celles de la Chambre des représentants, l’échec s’annonce bien retentissant pour Trump.

À la vérité, les candidats de Trump sont de profil radical comme lui. Ils soutiennent la thèse trumpiste d’une élection de 2020 « volée » par les démocrates. Mitch McConnell, chef de la minorité républicaine au Sénat, s’était inquiété de la « qualité » des candidats que Donald Trump a épaulés. « C’est une vraie défaite pour la ligne Trump, qui a été sanctionnée par les électeurs. Beaucoup d’Américains ont fait le choix de la raison mardi », argue Jean-Eric Branaa, spécialiste des Etats-Unis.

Au grand dam de Trump, c’est un autre républicain qui émerge, Ron DeSantis. Gouverneur, réélu, de Floride, il est pragmatique et occupe le terrain politique. Ces prises de position lui donnent la chance d’être l’unificateur de l’électorat républicain même ceux du camp de Trump.

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