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20 ans Dakar Fashion Week : « C’est un rêve de petite fille qui s’est réalisé » (Adama Paris)

Depuis 20 ans, La Dakar Fashion Week (DFW) met en à la une et au centre du monde culturel la mode africaine et sénégalaise en particulier à l’honneur. Pour l’initiatrice de ce projet, il s’agissait de s’inspirer des programmes occidentaux et de les adapter aux réalités et aux créateurs africains. La Dakar Fashion Week, c’est l’histoire d’un show collectif initié par Adama Paris qui rêvait de faire de Dakar le centre de la mode à l’Africaine à l’instar des grandes villes comme à Paris ou New-York sans se faire dicter une mode. Un moyen d’apprendre des uns et des autres avec la touche africaine.

Cette année, l’événement se déroule les 2, 3 et 4 décembre à Dakar et compte plusieurs présentations et initiatives pour la mode dans un monde en perpétuel changement. “Adama Paris a su briser bon nombre de tabous, issus de son propre environnement comme de la mode à l’international ancrée dans ses préjugés, pour permettre à plusieurs générations d’hommes et surtout de femmes de s’accomplir, de s’émanciper et de permettre au continent africain de se définir par lui-même et pour lui-même”, informe le communiqué de presse.

Pour ce spécial 20 ans, la Dakar Fashion Week prône le “made in Africa by african for the world !”. Pour les organisateurs, il est temps de dépasser les préjugés et de vendre fièrement en Afrique et au monde le savoir-faire et l’artisanat africain. “L’ esprit de la Dakar Fashion Week, c’est un esprit d’entrepreneuriat, c’est vraiment la première chose qui nous caractérise et aussi de résilience : l’esprit de ne rien lâcher. Ça fait 20 ans qu’on se bat”, a déclaré l’initiatrice.

Le projet de rassembler les créateurs sénégalais sous un label est devenu le plus grand rendez-vous mode de la capitale sénégalaise. “Je ne le dis pas souvent, mais je suis très fière parce que c’est un rêve de petite fille qui s’est réalisé et maintenant, c’est le rêve de plein de jeunes, et même si ça s’arrêtait aujourd’hui, personne ne peut me l’enlever et ça, c’est ma fierté et celle de mon équipe”, a ajouté Adama Paris.

Cette année, la DFW s’intéresse à la mode durable, une façon d’inciter les créateurs à embrasser le recyclage et à considérer des alternatives écologiques pour l’un des plus grands secteurs pollueurs au monde. Il faut “mettre la main sur un problème qu’on génère parce qu’on fait partie de cette industrie donc autant chercher des solutions nous-mêmes et ne pas attendre que l’occident viennent encore nous dicter quoi faire avec nos déchets », a-t-elle dit.

Et “autant nous éduquer pour que ça devienne une habitude, une façon de faire même”, a soutenu la créatrice. “Tout ce qu’ils nous envoient, ce serait bien qu’on le recycle et qu’on le leur revende non, ce serait une belle revanche”, a plaisanté Adama Paris à propos des déchets déversés en Afrique.

“Je n’ai pas encore pensé à la retraite, mais de toute façon, on accompagne les jeunes et si je ne faisais que mon propre défilé, il n’y aurait pas de Dakar fashion week. Dakar fashion week, ce n’est pas moi, c’est nous, j’en suis juste l’initiatrice”, a conclu la créatrice de mode. « Je trouve qu’il y a une nouvelle mouvance africaine et je pense que chacun de nous peut redéfinir la mode donc c’est clair qu’on se redéfinit et on refait notre mode. Et je pense que c’est ça qui fait la beauté de la mode africaine”, a-t-elle conclu.

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