Flash Justice

Arrêté 5 jours après sa liberté provisoire : Que reproche-t-on au journaliste Pape Alé Niang ?

La liberté de Pape Alé Niang aura peu duré . Arrêté puis placé sous mandat de dépôt le 9 novembre dernier pour « diffusion de fausses nouvelles de nature à jeter le discrédit sur les institutions publiques ; divulgation d’informations non rendues publiques par l’autorité compétente de nature à nuire à la Défense nationale ; recel de documents administratifs et militaires », le journaliste est de nouveau en prison depuis la révocation de son contrôle judiciaire ce 19 décembre.

 À travers un communiqué de presse, le procureur a révélé les raisons de cette nouvelle arrestation. « Force est cependant de relever que l’inculpé, en dépit des notifications qui lui sont faites et des exigences légales qui sont à sa charge, a largement contrevenu à ses obligations en abordant volontairement lors de ses lives sur youtube, les faits poursuivis, occasion pour lui de diriger des attaques injustifiées aussi bien contre une autorité de la police que contre les enquêteurs traités clairement et sans aucune nuance de tortionnaires et de personnes inhumaines. Ces actes s’inscrivent à l’évidence dans une perspective de réitération des faits tendant à diffuser de fausses nouvelles et à saper à coup sûr le moral des troupes »indique le parquet dans un communiqué publié ce 20 décembre.

Dans la vidéo dont il est question, le journaliste échange lors d’un appel téléphonique avec un ancien rappeur devenu activiste, Molla Morgun. Il dévoile les conditions de son arrestation notamment. Quant au fichier audio Pape Alé Niang a révélé des informations concernant le directeur général de la Police nationale et sa famille. Selon l’un de ses avocats, maître Moussa Sarr, « il n’a pas évoqué l’instruction », « ses sorties n’avaient rien à voir avec l’affaire en cours ».

Pour le procureur il s’agit « d’une mauvaise volonté et d’une intention délibérée de se soustraire aux obligations attachées à son statut dont il avait pleinement connaissance (…) qui porte hautement atteinte à l’autorité de la justice, tournée en dérision par une forme de bravade, d’autant plus inacceptable qu’elle menace les piliers de l’Etat de droit reposant en grande partie sur le respect des décisions de justice ».

Pape Alé Niang a décidé d’entamer une grève de la fin après cette nouvelle arrestation pour dénoncer les conditions de sa détention « arbitraire et injuste ».