Politique

Accusée d’être épinglée dans un rapport : Aminata Touré victime d’une cabale judiciaire ?

En début de semaine, deux quotidiens nationaux révélaient le contenu d’un document de l’inspection générale d’État (IGE), dans lequel, l’ancienne présidente du CESE serait épinglée sur une somme de plus de 2 milliards de FCFA.  Aminata Touré plaide non coupable.

« Je dénonce une information totalement fausse ayant pour seul but de porter atteinte à mon honorabilité », a répondu Mme Aminata Touré à travers un communiqué, le 4 janvier, date à laquelle l’information a été révélée. Elle intervient deux jours après la déclaration de candidature pour la présidentielle 2024 de l’ancien première ministre, fait qu’elle n’a pas manqué de souligner d’ailleurs dans son communiqué.

Que lui reproche-t-on réellement ?

Dans le rapport de l’IGE, consulté par le journal Le Quotidien, il est démontré que «la somme totale de deux milliards 136 millions 458 mille 919 francs Cfa a été budgétisée et exécutée dans des conditions non conformes à la réglementation». De constater aussi «des retraits d’importantes sommes d’argent liquide sur le compte bancaire n*SN011…». Le montant total de ces retraits, étalés sur l’année 2020, atteint quasiment le milliard et demi de francs Cfa.

« Cette technique d’intimidation ancienne ne saurait nullement m’impressionner. »

Aminata Touré voit à travers ces révélations, une « technique d’intimidation ancienne » qui « ne saurait nullement l’impressionner ». Celle qui fut tête de liste nationale de la coalition présidentielle lors des dernières élections législatives, se montre très critique envers ses anciens alliées depuis l’épisode de la présidence de l’Assemblée Nationale.

En tout cas, pour prouver sa bonne foi, l’ancienne ministre de la Justice demande une  « audition publique collective de l’Inspection Général d’Etat des trois Présidents du CESE nommés par le Président Macky Sall à savoir Mme Aminata Tall qui a exercé pendant 6 ans, moi-même, Aminata Touré qui ai exercé pendant 1 an et 4 mois et l’actuel Président du CESE, Mr. Idrissa Seck en poste depuis 2 ans et 2 mois. »

Khalifa Sall et Idrissa Seck, deux autres victimes du rapport de l’IGE

Un autre ancien premier ministre a aussi été victime d’un rapport de l’IGE. Chef du gouvernement entre 2002 et 2004, Idrissa Seck a passé 5 mois en prison avant de bénéficier d’un non-lieu, suite à la fameuse affaire des « chantiers de Thiès. En juillet 2005, le président Wade reproche à son ancien directeur de cabinet, sa gestion des chantiers de la ville de Thiès  d’un investissement d’environ 20 milliards de FCFA.

Mais la dernière victime en date de l’IGE, est l’ancien maire de Dakar Khalifa Sall dans l’affaire dite de la caisse d’avance. Il a été accusé de détournement de fonds publics sur plus d’un milliard de FCFA, d’association de malfaiteurs, de faux et usage de faux. Il sera condamné à 5 ans de prison ce qui lui a valu une non-participation aux élections présidentielles de 2019, des locales et législatives de 2022