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Accident de Kaffrine : Les véhicules de transport public interdits de circuler entre 23h et 5h du matin

Au Sénégal, chaque année, des centaines de personnes meurent sur les routes. Vétusté des voitures, non-respect du code de la route, corruption dans l’obtention du permis de conduire, manque de centres de contrôle technique, importation de pneus usagés, laxisme des contrôles techniques… Les raisons sont nombreuses et l’accident mortel qui a fait 40 morts et des dizaines de blessés à Kaffrine en est la dernière illustration.

Une catastrophe qui a obligé le gouvernement a annoncé une vingtaine de mesures dont une en particulier qui concerne les bus “horaires” roulant pour la plupart la nuit, et dont faisaient partie les voitures entrées en collision à Gniby. “Interdiction de circuler pour les véhicules de transport public de voyageurs sur les routes interurbaines entre 23 heures et 5 heures”, a annoncé le Premier ministre Amadou Ba lundi dans la soirée, à la suite d’un conseil ministériel d’urgence.

Les arrêtés sont attendus d’ici 48 heures pour l’effectivité de ces nouvelles mesures, et elles « ne doivent faire l’objet ni de report ni de compromis. Nous serons sans concession avec ceux qui contreviennent aux règles édictées pour garantir l’intégrité physique de nos concitoyens », a ajouté M. Ba.

Cet accident a remis en lumière les problèmes routiers au Sénégal où chaque année 745 personnes perdent la vie sur les routes selon l’Agence nationale de sécurité routière (Anaser). “Tous les transports publics sont vétustes. Ce sont des véhicules d’occasion, souvent vieux de plus de trente ans, parfois déclassés, car ne respectant plus les normes dans leur pays d’origine. Et malgré leur état dégradé, ils restent en circulation pendant des années”, a regretté Modou Kane Diao, secrétaire général du Fonds de développement des transports terrestres (FDTT).

Au Sénégal, près de 27 000 personnes sont victimes d’accidents sur la voie publique chaque année selon l’OMS et ces accidents seraient à 90 % dus au comportement des conducteurs. Le non-respect des limitations de vitesse, la négligence, l’imprudence et le non-respect du code de la route sont parmi les premiers facteurs pointés.

Ces nouvelles mesures, qui doivent permettre de réguler le secteur malgré les précédents échecs observés, sont attendues comme étant salvateur. Cette mesure en particulier risque de bouleverser bon nombre de bus ou « horaires » qui roulent majoritairement la nuit et relient la capitale aux régions le plus éloignées.