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Propos raciste du président tunisien : Les pays africains montrent de la retenue et de la responsabilité

Une cinquantaine de Guinéens rapatrié, c’est la décision d’urgence qu’a prise le gouvernement pour mettre ses ressortissants en sécurité. Via un vol spécial mis en place par les autorités guinéennes, ce 1er mars 2023, une première vague des Guinéens vivant en Tunisie ont retrouvé leur patrie. Un retour faisant suite à des vagues d’agression contre des migrants subsahariens sur le sol tunisien, suite aux déclarations du président du pays, Kaïs Saïed.

Le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, a fait le voyage avec les rapatriés : « Nous mettons un pont aérien en place. C’est le premier convoi qui est venu et il y aura encore d’autres convois jusqu’à ce que tous les Guinéens reviennent à la maison. Nous avons appliqué exactement la doctrine du chef de l’État : un Guinéen à l’extérieur est égal à tout le peuple de Guinée. », a-t-il déclaré.

Dans la même foulée, le gouvernement ivoirien s’organise lui aussi pour rapatrier ses ressortissants qui se retrouvent sur le territoire tunisien. Sur les réseaux sociaux, certains étrangers subsahariens font part de leur détresse face à l’hostilité grandissante, comme Rachel Zita Bancouly. Cette ancienne joueuse de football de l’équipe nationale ivoirienne vit en Tunisie depuis plusieurs années mais désormais, elle souhaite quitter le pays, et lance un appel dans une vidéo publiée sur internet dans laquelle l’athlète déclare, au bord des larmes : « Je viens ce soir faire cette vidéo pour demander de l’aide. […] Nous sommes persécutés par la police et les autorités tunisiennes. […] Nous ne sommes plus en sécurité, même dans la maison où nous sommes. Moi, j’ai peur. Je ne dors pas. Je reste éveillée toute la nuit. […] Je suis venue pour vous demander de l’aide : aidez-moi, aidez-moi, aidez-moi ! ».

Kaïs Saïed, le président de Tunisie, a fustigé mardi 21 février 2023, lors d’une réunion du Conseil de sécurité nationale, les « hordes de migrants clandestins » venus d’Afrique subsaharienne qui veulent selon lui « changer la composition démographique de la Tunisie ». Dans son discours, le président a également associé les migrants au crime et à la délinquance. Et ses propos offusquent, en Tunisie.

Les propos xénophobes du président tunisien sont condamnés par des associations tunisiennes de défense des droits humains. Des voix d’indignation se sont levées dans le monde et particulièrement en Afrique subsaharienne. Justement, parce que son propos a déclenché des violences xénophobes en Tunisie.

Les Noirs Africains ont pris de la hauteur pour que cette situation ne dégénère pas. On se rappelle encore le sombre épisode de violence entre le Sénégal et la Mauritanie sur fond de racisme. Des massacres perpétrés à Nouakchott et à Nouadhibou (Mauritanie contre la communauté sénégalaise, causant la mort d’environ deux cents personnes ont provoqué la colère des Sénégalais qui n’ont pas hésité à rendre le reliquat aux Mauritaniens installés au Sénégal. Près d’une centaine de Mauritaniens sont tués. Avec l’aide de la France, les opérations de rapatriement aérien des dizaines de milliers d’émigrés dans leurs pays respectifs sont organisées.

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