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Restitution des biens culturels : la CEDEAO s’active pour un patrimoine culturel régional

Ouverture du Symposium international sur les démarches de restitution des biens culturels africains à leur pays d’origine, Lundi 23 mars 2023 au Musée des Civilisations Noires à Dakar

Construire un nouvel imaginaire commun entre l’Afrique et l’Europe, c’est l’ambition que porte un symposium organisé par la Commission pour le développement humain et les affaires sociales de la CEDEAO (Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest). Ouvert ce lundi 20 mars 2023 au Musée des Civilisations Noires, il permettra de penser pendant deux jours donc, les approches inhérentes à la « complexe » restitution des biens culturels.

« La culture, c’est ce qui est digne d’être transmis, et ce qui est digne d’être transmis, c’est ce qui utile pour aujourd’hui et pour demain », entend-t-on dire dans la salle. C’est ce qu’a approuvé professeure Fatou SOW SARR, présidente de la Commission pour le développement humain et les affaires sociales de la CEDEAO, en précisant l’objectif de cet atelier. « C’est une rencontre très attendue qui nous permettra de faire le point sur les démarches de restitution, intervient après l’adoption en décembre 2019 du plan d’action 2019_2023 de la CEDEAO. L’objectif globale visé du plan d’action est de contribuer au retour du patrimoine culturel des États membres de la CEDEAO dans leur pays d’origine afin de constituer un patrimoine culturel régional ». Elle a souligné que ce plan d’action vient renforcer « la synergie d’actions de la région pour la question de restitution qui, plus qu’un sujet d’actualité est devenu de nos jours un sujet hautement politique ».

Un processus diplomatique dynamique en cours

Le ministre sénégalais de la culture a souligné la nécessité de conduire les réflexions par un dialogue permanent « dans un élan de convergence, de dialogue, et non pas de conflictualité, ou de divergence inutile. C’est pourquoi j’ai beaucoup apprécié le concept de démarche ou d’approches…démarche indique mieux encore, ce processus diplomatique dynamique qui peut nous permettre d’atteindre nos objectifs sans que l’une des entités ne se sente en fait, menacée ou son honneur bafoué », a précisé Aliou SOW.

Pour la professeure Fatou SOW SARR, ce symposium tient lieu « d’un atelier de méthodologie pour qu’on puisse apprendre les uns des autres », a-t-elle déclaré avant de poursuivre « Certains sont plus avancés, d’autres le sont moins. Donc nous allons voir maintenant comment tirer des différentes expériences, les démarches positives pour que les autres puissent les reprendre. Il est vrai que le Bénin a été choisi comme champion, Patrice Talon est notre champion sur ces questions parce que c’est le pays qui a été le plus en avant sur ces démarches », a précisé la présidente de la Commission pour le développement humain et les affaires sociales de la CEDEAO.

Plan d’action régional, outil d’inclusion sur la question

Le Directeur Adjoint OSIWA (Open society initiative for west africa), a renchéri sur la pertinence de cette démarche d’inclusion régionale. « LA CEDEAO est la seule région africaine à avoir, non seulement adopté une déclaration mais élaboré un plan d’action que les états ont commencé à mettre en œuvre. Et de ce point de vue, je me félicite, Monsieur le ministre de la culture, que le Sénégal soit l’un des premiers pays à avoir adopté son plan d’action national et a déjà commencé avec Open society à mettre en œuvre son plan d’action. Et nous nous sommes en train de discuter avec d’autres pays comme le Ghana pour aussi les accompagner dans la mise en œuvre de ces plans d’actions », a déclaré Ibrahima AÏDARA. Il a ajouté que la réflexion consiste à travailler également avec les communautés, car soutient-il, c’est qu’appartient ces biens culturels : « En Afrique de l’ouest pour le moment, nous avons commencé la collaboration avec les communautés au Nigeria et au Sénégal », a-t-il précisé.

Pour le chef du département culture de l’Université Senghor d’Alexandrie, la question est si complexe qu’il faut s’y préparer. C’est pourquoi, a-t-il dit, « l’Université pour sa part, en termes de formations consacrées au développement de l’Afrique, a intégré dès la réforme de sa maquette pédagogique de Master en 2018, un cours intitulé « marché de l’art  » », a déclaré Ribio Nzeza Bunketi.

Au total, 21 pays d’Afrique et d’Europe, représentés par des experts, acteurs de la société civile et politiques, participent à ce symposium qui prend fin le 22 mars 2023.

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