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« Avec un potentiel aussi immense, l’Afrique ne devrait avoir ni faim ni soif » (Macky Sall)

Le chef de l’Etat sénégalais a pris part, jeudi 7 septembre en Tanzanie, au sommet sur les systèmes alimentaires en Afrique. Dans son allocution, Macky Sall a souligné que la question est « vitale et d’actualité ». « De tout temps, tout ce qui touche à l’agriculture et à la sécurité alimentaire revêt une priorité de premier ordre », a-t-il dit, ajoutant que cela est encore plus évident aujourd’hui pour nos pays confrontés aux effets combinés du changement climatique, de la pandémie de COVID-19 et d’une guerre majeure.

« La faim en Afrique n’est pas seulement une préoccupation ; c’est aussi et surtout un grand paradoxe pour un continent de 1,4 milliard d’habitants et 30 millions de km2, disposant de 60%des terres arables non exploitées de la planète et d’abondantes ressources hydriques », a indiqué le président Sall.

« Avec un potentiel aussi immense, l’Afrique ne devrait avoir ni faim ni soif. Bien au contraire, elle devrait pouvoir se nourrir et aider à nourrir le monde au lieu de continuer à importer, et pire encore, à dépendre de l’aide pour satisfaire l’essentiel de ses besoins alimentaires », a-t-il insisté.

Le président Macky Sall a rappelé devant ses pairs, lors de ce sommet qu’il y a 20 ans, nos pays avaient pris l’engagement, dans la Déclaration de Maputo de juillet 2003, d’allouer au moins 10% du budget national à l’agriculture. « La réalisation de cet objectif requiert avant tout un choix volontariste qui joint l’acte à la parole ».

« A titre d’exemple, au Sénégal, nous avons porté à 12%la part de l’agriculture dans le budget général d’investissement, et augmenté en deux ans de 75% le financement de la campagne agricole saisonnière afin d’accélérer notre marche vers la souveraineté alimentaire », a-t-il fait savoir. Il a par ailleurs reconnu que les défis à relever restent encore nombreux.

Souveraineté alimentaire : Les 4 propositions de Macky Sall

Pour Macky Sall, « si nous voulons transformer notre potentiel et réaliser nos objectifs de souveraineté alimentaire, il nous faut résolument engager les mutations nécessaires ».

Il en a cité quatre au moins, listées ci-après :

Premièrement, valoriser davantage la recherche, améliorer la mécanisation agricole et la maîtrise de l’eau, et intensifier l’utilisation de méthodes et technologies modernes, y compris pour la transformation locale des produits ;

Deuxièmement, augmenter les superficies exploitées bien au-delà des petites fermes familiales ; d’où la nécessité d’aménagements fonciers qui concilient les besoins légitimes de l’agriculture familiale et ceux indispensables de l’agro business qui permet la production à grande échelle.

Troisièmement, installer des équipements de stockage et de conservation des produits pour éviter les pertes post récolte, et désenclaver les zones de production aux marchés, en renforçant les infrastructures de transport interne et d’interconnexion transfrontalière, afin de faciliter l’accès aux marchés, surtout à l’heure de la ZLECAf ;

Quatrièmement, enfin, soutenir les petits exploitants, notamment les femmes et les jeunes, par un encadrement et un financement adaptés à leurs besoins.

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