Politique

Le discours du président du Conseil constitutionnel lors de la cérémonie de prestation de serment du président Bassirou Diomaye Faye

Les circonstances particulières qui ont entouré la tenue de l’élection présidentielle ont démontré une résilience particulièrement frappante du peuple sénégalais dans sa majorité. Ce peuple, en dépit de perturbations ponctuelles, est résolument adossé à sa tradition de dialogue et de téranga. A ce titre, il mérite la stabilité institutionnelle que procure une gestion du processus électoral, marquée du sceau de la transparence et de la sincérité.

L’élection présidentielle, qu’on croyait définitivement compromise, a pu se tenir, même dans un délai réduit, sans qu’aucune irrégularité de nature à altérer la crédibilité du scrutin n’ait été notée. Le vainqueur a été clairement identifié dans les heures qui ont suivi la fermeture des bureaux de vote et les félicitations des autres candidats ont suivi, dans la foulée.

Cela tient presque du miracle, sauf à relever que nos institutions, loin d’être en crise, tiennent debout, dans le cadre de la Constitution, expression la plus achevée de la volonté populaire. Pour sa part, le Conseil constitutionnel, face à ceux qui ont tenté de le déstabiliser par des moyens non conventionnels, a, au nom du peuple, dit le droit sans haine ni crante.

Le Président de la République et son Gouvernement, tout comme l’Assemblée nationale, ont toujours accepté de se soumettre à nos décisions. C’est dire qu’il n’y a pas une crise institutionnelle mais une volonté commune de ne jamais sortir du cadre délimité par la Constitution. Des amis en Afrique nous disent souvent que chaque fois que

le pire est prédit au Sénégal en raison de fortes tensions et d’animosités exacerbées, les Sénégalais arrivent toujours à retomber sur leurs pieds, comme si de rien n’était. Forts de ce constat, ils nous demandent : mais quel est donc votre secret ?

A mon avis, le secret est dans le bulletin de vote. Plus précisément, dans l’intime conviction et la claire conscience des citoyens électeurs que leur bulletin de vote peut, décisivement, changer le cours de leur destin dès lors que l’administration et les organes de contrôle du processus électoral ont fait la preuve de leur professionnalisme, sous le contrôle d’une justice impartiale.

C’est, en effet, en dix jours chrono que les Sénégalais ont élu, au premier tour avec 54,28 %, le Président de la République Bassirou Diomaye Diakhar FAYE le 24 mars dernier et, en ce jour 2 avril, qui marque aussi la fin du mandat de son prédécesseur, le Conseil constitutionnel reçoit son serment. Il s’agit là d’un véritable coup de maître !

Le dispositif électoral, dans toutes ses composantes, a démontré, une fois encore, sa fiabilité. Nous le devons à l’expérience, l’expertise et la neutralité de l’administration électorale et des différents organes de contrôle de la régularité des élections, ainsi qu’à la transparence et la célérité notées à toutes les étapes du recensement des votes, vu qu’aucune contestation n’a été formulée. Nous le devons surtout à l’engagement du Président Macky SALL qui, avec la détermination qu’on lui connait et dans un délai record, a repris en main le processus électoral, avec comme seul objectif un scrutin apaisé et transparent, quel que soit le vainqueur.

Monsieur le Président Macky Sall, permettez-moi de vous adresser quelques mots. Vous voilà au terme de vos deux mandats au sommet de l’État, obtenus en 2012 puis en 2019. L’histoire retiendra que vous vous êtes abstenu volontairement et sans aucune contrainte, de solliciter de vos compatriotes un troisième mandat, afin de nous éviter la probabilité d’une source potentielle de troubles intenses. Point n’est besoin de dresser une liste, qui serait kilométrique,

de vos réalisations multiformes, puisqu’elles sont visibles. Il nous suffit de citer, proximité oblige, le magnifique Centre des expositions de Diamniadio, qui abrite notre audience de ce matin et qui est votre œuvre, ainsi que le Centre international de Conférences Abdou Diouf. Nous retenons de vous un excellent garant de l’unité nationale, attribution emblématique que le Président de la République tient de la Constitution.

Les félicitations que vous avez adressé à votre successeur et la convivialité avec laquelle vous l’avez reçu au Palais de la République, avant même la proclamation des résultats définitifs, témoignent de votre attachement viscéral aux élégantes traditions républicaines, issues des principes de la démocratie et de l’État de droit. Nous souhaitons que votre belle expérience nationale et internationale soit à nouveau profitable à notre pays et à notre continent.

Honorables invités, Le Conseil constitutionnel, juge de la régularité des élections nationales et garant de l’État de droit, a, en application de l’article 35 de la Constitution et des résultats constatés, proclamé la victoire de Monsieur Bassirou Diomaye Diakhar FAYE à l’élection présidentielle du 24 mars 2024.

En effet, c’est sans bavure que le peuple sénégalais a choisi massivement de porter ses espoirs sur ce compatriote dont, à première vue, l’image et le discours sont empreints d’humilité et de sobriété.

Excellence Monsieur le Président de la République Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, Vous êtes le choix incontestable et éclatant du peuple sénégalais et vous symbolisez la volonté de notre peuple de changer de paradigme dans sa gouvernance et de génération dans son gouvernement. Vous portez désormais sur vos épaules les espoirs de toute une nation, en particulier de ces jeunes hommes et jeunes femmes, accompagnés parfois d’enfants, dont l’aspiration à un travail digne et une vie décente est encore intacte au point de risquer leurs vies en affrontant les océans ou l’immensité des sables du désert, dans une quête tragique et souvent illusoire d’une vie meilleure, ailleurs.

La cérémonie de prestation de serment du Président de la République est tenue, sur le fondement de l’article 37 de la Constitution qui dispose, je cite « le Président de la République est installé dans ses fonctions après avoir prêté serment devant le Conseil constitutionnel en séance publique… ».

Le serment que vous prêterez tout à l’heure vous commandera, au sortir de cette audience, de toujours promouvoir et défendre les valeurs africaines en général et sénégalaises en particulier, afin d’encourager l’ouverture de notre pays au monde, à travers la coopération internationale, dans un contexte de lutte contre des idéologies qui divisent et qui stigmatisent. Cette exigence de solidarité, malgré nos diversités culturelles, géographiques, religieuses entre autres, justifie aujourd’hui la présence à vos côtés et aux côtés du peuple sénégalais, de Chefs d’États étrangers, de diplomates et de représentants d’institutions régionales et internationales, venus célébrer avec nous l’une des plus belles fêtes de la démocratie.

Nous les saluons et les remercions d’avoir rehaussé de leur présence la solennité de cette audience. Monsieur le Président de la République Bassirou Diomaye Diakhar FAYE, le Conseil constitutionnel vous renouvelle, en son nom et aunom du pouvoir judiciaire qui nous a dûment habilité, ses vœux de succès et ses chaleureuses félicitations, à vous et à votre famille, parents, amis, militants qui, certainement, vous ont accompagné jusqu’à ce jour. A l’heure où surgiront les inévitables tentations du pouvoir, l’ivresse de la puissance, les démons de la division, il faudra se souvenir de la main de Dieu, dont la volonté domine et détermine inéluctablement les moments que nous vivons. Prions que cette bénédiction divine ne cesse de tirer notre pays de tous les traquenards tendus par la main de l’homme, en particulier dans la perspective d’une exploitation prochaine, et porteuse d’espoir, du pétrole et du gaz.

Vous êtes désormais le garant de la démocratie sénégalaise, du respect des institutions, des droits et libertés, gage de la stabilité de l’État et de l’unité du Peuple sénégalais, dans sa diversité. Prions que les espoirs de notre peuple, placés en vous, Monsieur le Président de la République, fleurissent et portent fruits.

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