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ABDOUL MBAKHY MBACKE, FONDATEUR DE CIPROVIS (CITE PROPRE, VIE SAINE) : « Ciprovis est une solution pour mieux gérer les déchets au Sénégal et en Afrique »
07/01/2020
ABDOUL MBAKHY MBACKE, FONDATEUR DE CIPROVIS (CITE PROPRE, VIE SAINE) : « Ciprovis est une solution pour mieux gérer les déchets au Sénégal et en Afrique »


Comment vous est venue l’idée de mettre en place Ciprovis et de quoi s’agit-il ?

J’ai toujours été sensible aux questions environnementales. Dès mon plus jeune âge, j’ai été sensibilisé par ma mère qui, dès notre bas âge, nous a inculqué certaines valeurs notamment le respect de l’environnement. Par la suite, j’ai identifié un problème et j’ai développé une solution. Aujourd’hui, cette solution se trouve être Ciprovis qui s’active dans la gestion des déchets, notamment sur trois volets : l’éducation environnementale, la gestion, tri et collecte des déchets et la revalorisation de ces derniers. C’est pour répondre à un besoin à Sicap foire (quartier dakarois) où on avait du mal à évacuer nos déchets. Le quartier étant mal loti et le service de collecte des déchets se faisait désirer. Du coup, cela favorisait des décharges sauvages d’ordures un peu partout dans la cité. J’ai pensé à une solution qui puisse fournir un service de proximité. Donc l’idée est partie de ce constat.

 La gestion des déchets au Sénégal est un problème sérieux. Selon vous quelle serait la solution ?

On a fait une analyse globale de la gestion des déchets au Sénégal avec les principaux acteurs pour identifier les problèmes afin de proposer des solutions. La problématique pour ce qui est de Dakar, c’est que le service existant ne passe que sur les grands axes ou sur les routes bitumées. Du coup, il n’entre pas à l’intérieur des quartiers, non pas parce qu’il ne le veut pas, mais parce que les rues de ces quartiers sont étroites et difficile d’accès. Certains résidents manquent parfois le passage des camions pour déposer leurs déchets. Donc, nous avons créé un service de proximité basé sur l’utilisation des tricycles qui est une solution aujourd’hui qui peut résoudre la problématique de la gestion des ordures au Sénégal et dans la majeure partie des capitales africaines car le problème est le même.

Le tricycle pouvant aller dans les zones jusqu’ici inaccessibles aux bennes à ordures, cela augmente le taux de collecte et offre aux ménages et aux entreprises un service de proximité. Pour aller plus loin dans notre démarche et pour que ce service soit respectueux de l’environnement, nous proposons des poubelles que nous fournissons à nos clients. Nous les éduquons aussi sur comment trier les déchets et nous leur fournissons des sacs-poubelles. Les déchets collectés pourront ensuite être revalorisés.

Vous avez mis en avant le volet « Education à l’écologie », quelles sont les activités que vous menez dans ce sens ?

Sur la partie éducation environnementale, nous animons des ateliers destinés aux établissements scolaires pour parler aux enfants de certains concepts tel que notre empreinte environnementale. C’est-à-dire comment mieux gérer nos déchets et comment agir pour la protection de notre environnement. Les enfants sont les meilleurs vecteurs pour sensibiliser les parents. Nous animons également des sessions de formation destinées aux entreprises pour leur parler de certains concepts qui permettent d’être beaucoup plus sensibles aux défis environnementaux actuels.

Quel est le processus qui aboutit à donner de la valeur aux déchets collectés ?

Nous avons été les pionniers dans le secteur du recyclage ou la revalorisation des déchets. Il y a cinq ans, en 2014, quand nous avons créé Ciprovis et qu’on allait vers les ménages pour leur parler de notre service de tri et de revalorisation, les gens n’étaient pas du tout réceptifs. Mais de plus en plus, il y a un changement de mentalité. Les gens sont beaucoup plus réceptifs à certains défis environnementaux. Aujourd’hui, la revalorisation des déchets est primordiale dans la mesure où la population mondiale ne cesse d’augmenter, et il en est de même pour la production de déchets. Il faudrait, donc, gérer ces déchets et limiter leurs impacts en essayant de voir quelles peuvent être les filières de revalorisation. Et justement, Ciprovis travaille sur cet aspect depuis cinq ans.

Une fois les déchets triés, Ciprovis intervient pour les collecter. S’agissant des déchets organiques, nous les recyclons pour en faire du compost dans notre centre de traitement établi à Bambilor où sont acheminés les déchets et qui seront ensuite utilisés dans le secteur agricole. Pour ce qui est des déchets aluminium, nous travaillons avec des artisans sénégalais qui en font des objets d’art qui seront enfin redistribués à nos clients. En ce qui concerne les déchets électroniques, Ciprovis noue des partenariats avec d’autres structures qui sont experts dans la revalorisation de ces types de déchets.

Qui peut bénéficier de vos services et quelles sont les préalables ?

On peut dire que tout le monde peut en bénéficier, particulièrement les ménages et les entreprises. Aujourd’hui, on a une base assez variée de clients. On propose des formules de collecte qui varient suivant le volume de déchets, la fréquence de collecte et la zone d’intervention. Après que le client a choisi une formule, on met à sa disposition l’équipement adapté. Il peut s’agir d’une ou de plusieurs poubelles pour faire le tri, d’eau de javel, etc. Une fois que le matériel est mis en place on identifie nos clients avec un petit sticker estampillé « Ciprovis » avec un numéro d’identification. Enfin, nos superviseurs s’assurent que l’agent de collecte intègre le point de collecte dans son itinéraire. Les prix des forfaits peuvent varier en fonctions de la zone. Par exemple aux Mamelles (quartier de Dakar), c’est entre 7 500 Fcfa et 15 000 Fcfa par mois.

Comptez-vous étendre votre rayon d’action, c’est-à-dire développer un programme qui puisse couvrir l’ensemble du territoire national ?

Oui ! Tout à fait. Ciprovis est une solution pour mieux gérer les déchets au Sénégal et en Afrique de manière générale. Du coup, la solution ne s’arrête pas à Dakar. On va élargir nos activités progressivement. On a ciblé des villes comme Mbour, des régions comme Kaolack et Diourbel qui ont vraiment besoin d’un service de collecte innovant. Car il ne s’agit pas juste de collecter les déchets et d’aller les déverser quelque part, mais de pouvoir les trier et les revaloriser.

Est-ce que les Sénégalais ont adhéré à votre projet ?

La solution qu’on propose est très séduisante dans la mesure où tous les gens à qui nous proposons nos services sont séduits par le modèle. Il y a pas mal de services innovants qui viennent s’ajouter au service de collecte tels que l’utilisation des tricycles, la collecte à des heures régulières, un service de facturation et un service client qui est mis à leur disposition. Aujourd’hui, nous avons plus de 1 000 clients à Dakar.

Quels sont vos projets dans un futur proche ?

Mis à part étendre nos activités en dehors du pays - parce que Ciprovis est en collaboration avec beaucoup de structures étrangères qui veulent dupliquer le modèle dans d’autres pays – on souhaiterait avoir, ici, au Sénégal la plus grande unité de recyclage en Afrique. C’est mon plus grand projet que je compte réaliser.

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