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Najah Fatou Coly, Doctorante en Pharmacie : une histoire de famille
16/01/2020
Najah Fatou Coly, Doctorante en Pharmacie : une histoire de famille


Najah Fatou Coly  a fait de la lutte contre la mortalité néonatale son cheval de bataille. Ces recherches dans ce domaine lui ont valu le Prix Jeunes Talents Afrique Subsaharienne attribué par la Fondation l’Oréal-Unesco pour les Femmes et la science. Ce prix valorise notamment les réalisations de jeunes femmes à l’orée de leur carrière scientifique en récompensant 15 d’entre elles parmi les plus prometteurs, parmi plus de 250 jeunes talents nationaux et régionaux.  « Cette distinction me donne une visibilité. Cela va ouvrir les voies qui pourront permettre de faire des collaborations au niveau international et les résultats escomptés pourront  servir au Sénégal mais également à toute la sous-région », nous a-t-elle confié.

Dans sa trajectoire universitaire, Najah Fatou Coly s’est consacrée à la biochimie et à la biologie moléculaire après avoir intégré un cursus en pharmacie et passé le concours d’internat en cinquième année. Pour embrasser cette carrière dans la science, Najah Fatou Coly a puisé son inspiration dans la cellule familiale. Car, la pharmacie fait partie intégrante de sa vie depuis son enfance.

Son père lui-même pharmacien est souvent sollicité pour aider le voisinage et prescrire des médicaments. Ce qui  a suscité cette vocation chez la jeune Najah qui, bien des années plus tard, choisira la même branche de la médecine. Mère de deux enfants, elle est également mariée à un pharmacien. Elle a fait preuve de résilience quand il a fallu allier sa vie de famille avec ses études. « L’adaptation n’a pas été facile car mon premier bébé pleurait beaucoup la nuit, mais à force de persévérance et avec le soutien de mon mari, j’ai pu obtenir mes deux diplômes. Ma passion pour la science ainsi que mon envie de réussir m’ont encouragée à surmonter toutes les difficultés qui se sont présentées», explique-t-elle.

Ses travaux consistent à rechercher des marqueurs pouvant permettre de diagnostiquer les infections survenant lors de l’accouchement pour lutter contre la mortalité néonatale. La prise en charge de ces infections reste difficile en raison de la non-spécificité des marqueurs utilisés jusque-là pour poser le diagnostic

 Des études ont démontré que les nouveau-nés de femmes présentant des concentrations élevées de calgranulines et de défensines, avaient un risque plus élevé de septicémie précoce.  « On s’est rendu compte que la mortalité néonatale est très élevée et parmi les causes de cette néonatalité figurent les infections, en particulier, les infections néonatales bactériennes. Et il y a un souci parce que les signes cliniques ne sont pas spécifiques de même que les moyens pour poser les diagnostics. On s’est dit que l’on va essayer d’identifier un marqueur qui va poser le diagnostic sans ambiguïté de ces infections », indique-t-elle.  Selon Mme Coly, « en Afrique subsaharienne, 1 enfant sur 36 décède durant son premier mois, contre 1 enfant sur 333 dans les pays aux revenus plus élevés. Au Sénégal, 7% de ces décès sont dus aux infections néonatales, en particulier d’origine bactérienne.»

Son projet de thèse a obtenu une subvention du Programme d’appui à la recherche France-Sénégal 2019 de l’ambassade de France. Et il n’en est qu’à son balbutiement. « Après cela, mon principal défi sera d’avoir un laboratoire de recherche équipé au sein de l’université qui m’héberge pour enseigner et mener à bien d’autres projets. Ce sera également pour moi le moment de trouver des partenaires internationaux pour de futures collaborations fructueuses. »Elle compte soutenir sa thèse de doctorat à la fin de l’année 2020.»

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