culture
« De la Glace dans la Gazelle » de Wasis Diop: Une ouverture sur le monde
11/02/2020
« De la Glace dans la Gazelle » de Wasis Diop: Une ouverture sur le monde


Après huit albums en Wolof, le musicien auteur-compositeur et interprète Wasis Diop revient sur la scène musicale avec un nouvel opus en français. Intitulé « De la Glace dans la Gazelle», l’album est composé de dix titres. Le choix de la langue française est une sorte d’ouverture sur le monde, selon le musicien. S’il affirme qu’il n’est pas un ambassadeur de la Francophonie, il reconnait néanmoins que la langue française a quelque chose de panafricaniste en ce sens qu’elle est parlée dans plusieurs pays du continent. « Je ne veux plus me limiter au Sénégal. Si je chante en Wolof je chante pour mon village, j’ai envie que les autres villages du continent me comprennent. Je veux ouvrir mon espace d’expression. Je veux qu’enfin les Maliens comprennent ce que je dis, que les Ivoiriens me comprennent. Cela veut dire qu’une langue c’est un véhicule. Nous sommes une population de gens qui articule une langue ensemble et il faut que l’on en profite en tant qu’artiste pour mieux nous comprendre entre nous, c’est le partage », a-t-il confié lors d’un point de presse à l'Institut  français organisé dans le cadre de la cinquième édition du Festival A Sahel Ouvert (du 14 au 16 février) dont il est l’une des têtes d’affiche.

« Le Français, nous l’avons suffisamment payé pour avoir le privilège de nous l’approprier », disait Thomas Sankara, l’artiste lui, ajoute :« puisque nous le parlons, chantons-le ! » Selon lui, pour un musicien, le Français n’est pas la langue, mais le son, comme le Malinké, le Bambara ou le Zoulou. «Pour un artiste, une langue c’est d’abord un son. Ce n’est pas évident de chanter dans une autre langue, cela influence même la musique que je fais. Je me suis rendu compte qu’en faisant mon album en Français cela a complètement bouleversé mon écriture musicale », confie-t-il.

L’album composé de dix titres invoque le « maitre de chant, voix et rebelle voix de nuit voix du monde », Bashung qui écoutait les chansons de Wasis en Wolof, ou encore Jean Rouch (le dixième titre de l’album) dont le corps « repose en paix en terre africaine sur les berges du fleuve Niger».

 Le premier titre intitulé « Les Champs De Mil », raconte l’histoire d’une jeune fille du nom d’Anna. « Anna était sombre, magnifique sa vie bleue, comme un chant nocturne, tout le monde l’attendait aux feux. Un jour elle a pris un taxi jaune, qui rôdait dans les rues, tout le monde l’avait vue, avec quelqu’un, un inconnu. Elle jouait un jeu à mille francs pour nourrir ses enfants, ses parents », peut-on lire sur le document de présentation de l’opus. Un autre titre est consacré à un « Voyage à Paris », un autre à Djibril Diop Mambéty, pas son frère, le cinéaste. Mais à un tirailleur sénégalais qui a laissé une lettre adressée au Maréchal de France chargé du commandement à Verdun, à la postérité. Une lettre chantée sur le morceau « Y’a bon Diop »

Wasis Diop a entamé une tournée sénégalaise pour présenter son opus, dont la sortie est prévue en avril. Il sera présent sur la scène de l’Institut français mercredi avant de rejoindre Mboumba (nord du Sénégal), pour les besoins du Festival A Sahel Ouvert (FASO) qui fête ses dix années d’existence après cinq éditions. Organisé par l’association Globe, le Faso est né en 2010 de la volonté d’artistes sénégalais et français de rendre la culture plus accessible aux populations de la région du Fouta. Cette année, le festival va accueillir Baaba Maal qui en a été le parrain en 2010 lors de la première édition. « Il symbolisera ainsi le 10e anniversaire du Faso et incarnera la culture peuhle qu’il promeut partout dans le monde », renseignent les organisateurs. L’artiste Titi sera également à l’affiche du festival. Elle est du reste,la première femme à se produire sur cette scène. Côté social, le Faso fera un focus sur la drépanocytose et le diabète. « Globe a décidé pour 2020 de mener une action sur le dépistage et la prise en charge des maladies chroniques, peu identifiées et suivies dans la région».

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