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« Les réseaux sociaux sont des outils indispensables pour les jeunes entrepreneurs »
14/05/2020
« Les réseaux sociaux sont des outils indispensables pour les jeunes entrepreneurs »


Derrière la marque So’Fatoo, véritable sensation sur les réseaux sociaux, se trouve la jeune créatrice Fatima Zahra Ba. Ses créations reflètent ses passions : pour le continent, pour ses proches mais aussi et surtout pour sa grand-mère (Fatou Sow), dont la marque porte le nom. Fin avril, Fatima Zahra Ba s’est jointe à plusieurs créateurs sénégalais pour proposer un défilé dénommé « Confinement Fashion Show », une idée originale de Adama Paris agency.  En participant à ce show, Fatima souhaite prouver ainsi que l’on peut apprécier un défilé de mode sans quitter son chez soi. Rencontre.

So’Fatoo est une marque qui fait le buzz sur les réseaux sociaux. Comment cette belle aventure a-t-elle commencé ?

L’aventure So’Fatoo a commencé quand j’étais encore au Maroc, où j’ai étudié le droit public et le droit international. J’imagine que c’est un peu la galère de la vie estudiantinequi m’a permise de lancer mon propre business. Mais je pense aussi que c’est le résultat de ma passion pour les tissus, notamment ceux que fabrique ma grand-mère depuis toujours. C’est d’ailleurs à elle que je dédie cette aventure. C’est lorsque j’ai trouvé une couturière qui a réussi à réaliser exactement ce que j’imaginais, que j’ai décidé d’en faire un business. Elle faisait exactement ce que je voulais, les gens appréciaient, je me suis alors dit, « au lieu de dépenser mon argent tout le temps chez Zara ou H&M, qui me revenaient chers, je vais faire mes propres vêtements.  Cela a marché et ça fait 8 ans maintenant que ça dure. »

D’où tirez-vous votre inspiration ?  

Je dirais que c’est une aventure très personnelle. Ce que l’on retrouve dans So’Fatoo, c’est toujours des histoires qui me concernent directement. Cela raconte mes passions. Comme l’histoire de l’Afrique, le combat contre les violences faites aux femmes. Mes proches. Même Game of Thrones, l’une de mes séries préférées. C’est dans tout cela que je puise mon inspiration.

Vous êtes très présente sur les réseaux sociaux. Estimez-vous qu’ils sont incontournables pour les jeunes entrepreneurs ?

Les réseaux sociaux sont aujourd’hui incontournables pour la promotion d’un business. Ils sont gratuits et très efficaces. Moi jusqu’à récemment, je n’avais pas ressenti le besoin d’avoir un espace showroom par exemple. (Depuis décembre, la marque dispose d’un showroom, le "So'room"). So’Fatoo a toujours été présent sur les réseaux sociaux. Sur Instagram, Facebook et Twitter notamment. C’est par ces canaux que le public nous a connus. C’est via les réseaux sociaux que nous faisions notre chiffre d’affaire. C’est un outil formidable que tous les jeunes entrepreneurs devraient utiliser. Ils nous permettent également de toucher une clientèle internationale.

Pouvons-nous avoir une idée de la clientèle de So’Fatoo ?

Notre clientèle est très à mon image. Elle a grandi avec moi. Quand j’étais encore étudiante au Maroc, c’était des étudiants de la diaspora. Quand je suis revenue au Sénégal, c’était toujours les personnes de mon âge. Aujourd’hui, je dirais que la clientèle est assez diversifiée. Au début, la marque ne disposait que de collections pour femmes. Nous avons ensuite élargi pour hommes, et maintenant pour enfants. Une grande partie de ma clientèle se trouve à l’étranger. Je pense que le bouche-à-oreille fonctionne bien. Principalement, on va dire que mes clients sont âgés entre 25 et 35ans, et de manière générale, ils viennent d’un peu partout dans le monde. La diaspora représente environ 40% de notre chiffre d’affaires, et depuis le début de la crise du covid-19 , plus de 70 % . Nous arrivons à livrer partout grâce a notre partenariat avec DHL Sénégal . 

La marque a-t-elle un tissu de prédilection ?

Nous travaillons principalement avec le pagne tissé. Mais nous utilisons également du bazin. Avant je n’en faisais pas (bazin) parce que je me disais que cela ne profitait pas à l’économie sénégalaise. C’est comme le wax, j’ai arrêté d’en utiliser quand j’ai réalisé que ce n’était pas vraiment fait sur le continent. Je travaille maintenant avec une marque de bazin sénégalaise qui s’appelle Kahene creations produits en Allemagne. Nous utilisons également le pagne tissé, 100% made in Sénégal. C’est moi qui choisis mes fils, mes motifs. Ma grand-mère faisait du pagne tissé. Donc je peux dire que le pagne tissé est le tissu préférentiel de So’Fatoo. 

Vous avez étudié la diplomatie. Mais vous êtes aujourd’hui dans la mode. Assumez-vous ce nouveau statut ?

J’ai arrêté de travailler en 2018 . J’étais au ministère de la Femme de la Famille et du Genre.  Au début je ne voulais pas que l’on me reconnaisse dans la mode. Plutôt dans la diplomatie peut-être. C’est durant les quatre dernières années que j’ai embrassé ce métier. Aujourd’hui, j’assume que l’on me reconnaisse comme créatrice de mode. C’est une bénédiction de pouvoir réussir dans ce que l’on aime.

 

 Propos receuillis par Scheina ADAYA

 

 

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