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international
Lutte contre la Covid-19 : Quand l’Afrique résiste aux sombres pronostics
22/05/2020
Lutte contre la Covid-19 : Quand l’Afrique résiste aux sombres pronostics


Selon le Centre Africain de Contrôle des maladies, le continent compte 96 829 cas de contaminations au coronavirus, 3031 décès liés à l’épidémie et 38 344 guérisons. Ces données ont été cumulées, hier à midi. On est là loin des 95 000 morts enregistrées aux Etats-Unis, ou des 169 932 en Europe.

Pourtant au début de la pandémie, les prédictions catastrophistes se multipliaient autour du continent. Petit florilège.

Dans un entretien accordé à RFI et France 24, le 27 mars, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres lance estime qu’il pourrait y avoir « des millions de personnes infectées et des millions de morts, avec des risques accrus dans les pays aux systèmes de santé les plus fragiles ».

Le 17 avril, la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique avertit que la pandémie tue au moins 300 000 personnes en Afrique et plongera près de 30 millions d'africains dans la pauvreté. Une prévision revue, certes, à la baisse par rapport à la sortie de M. Guterres, mais toujours teinté d’une dose de pessimisme.

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), elle aussi, ne dut pas en reste dans cette course aux prévisions anxiogènes puisque débit avril, elle estime « que l’Afrique sera le prochain épicentre de l’épidémie », et que l’épidémie causerait éventuellement 3 millions de morts sur le continent.

Pourtant moins d’un mois plus tard, l’OMS ramènera ce chiffre à 190 000…

Ces instances internationales ont-elles sous-estimé la capacité de résistance du continent face aux périls sanitaires ? Oui, répondent beaucoup de personnalités du continent qui ont perçu dans toutes ces études catastrophistes, une forme de mépris. « Cela montre la persistance de l’afro-pessimisme, regrettait Felwine Sarr dans un entretien accordé à Tv5, le 30 avril. Les représentations négatives sur l’Afrique sont si ancrées qu’on ne prend même plus la peine de regarder la réalité. Et quand la réalité présente va à l’encontre des représentations, on les déplace alors dans le temps futur. Même si le continent s’en sort plutôt bien, il faut donc prédire une catastrophe. Tout, sauf admettre que l’Afrique s’en sort face au Covid-19. Actuellement, le nouveau narratif est d’affirmer qu’il n’y aura peut-être pas de catastrophe mais que nous allons mourir de faim à cause de la crise économique. Toujours la même image misérabiliste ».

Sur ce dernier point, en effet, l’intellectuel sénégalais a été prémonitoire, puisque mercredi, l’ONU a de nouveau indiqué que « la pandémie menace les progrès accomplis en Afrique. Elle aggravera les inégalités existantes et accentuera la faim, la malnutrition et la vulnérabilité face à la maladie. Déjà, la demande pour les produits africains de base, le tourisme et les envois de fonds est en baisse. L’ouverture de la zone de libre-échange a été reportée et des millions de personnes pourraient basculer dans la pauvreté extrême ».

Certes le continent n’est pas encore sorti d’affaire, mais depuis le début de la pandémie, les pays ont su apporter une réponse efficace pour juguler la propagation. "Des mesures ont été mis en place dans des pays où il y existe une habitude et une expertise dans les réponses aux épidémies et où les systèmes de santé savent s'adapter à une épidémie », expliquait, à ce propos, Isabelle Defourny, directrice des opérations MSF France dans un entretien à Europe 1.

Une expérience et une capacité d’adaptation qui visiblement demeurent encore très largement sous-estimé par certaines élites internationales. Mais gageons que les leçons qui seront tirées de l’après covid-19 aideront à dissiper les clichés.

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