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Environnement

Mbeubeuss : la stratégie de l'Etat du Sénégal pour désamorcer cette bombe écologique

23/05/2020
Mbeubeuss : la stratégie de l


Véritable bombe écologique, la décharge de Mbeubeuss, sur une étendue de114 hectares, hante le sommeil des riverains qui exigent sa fermeture face au danger sanitaire qu’elle représente, alors que le gouvernement veut accélérer un processus de modernisation pour calmer les tensions.

En Conseil des ministres du mercredi 15 Janvier, le Président de la République, conscient de la problématique que constitue la décharge de Mbeubeuss, avait exhorté le gouvernement, à « accélérer le processus de modernisation » de cette décharge. Les deux objectifs fixés par le chef de l’État sont : d’abord de calmer les tensions autour du désastre écologique que constitue l’une des plus grandes décharges à ciel ouvert dans le monde, et surtout, affirmer l’ambition de créer plus de 1000 emplois. Les ministres de l’environnement et de l’Hygiène publique sont alors invités à mettre leurs actions en synergie, pour réaliser la réhabilitation de la décharge. L’idée d’implanter un centre de tri répondant aux normes environnementales internationales est évoquée.

Ouverte en 1968, la décharge de Mbeubeuss ne devait être que provisoire, mais un demi-siècle plus tard, ce « provisoire » dure toujours. Aujourd’hui, elle reçoit les déchets de quelques trois-millions d’habitants de la capitale sénégalaise. Ces déchets représenteraient 80 % des détritus du pays. Mbeubeuss serait ainsi l’une des plus grandes décharges d’Afrique : chaque jour, environ 3 000 tonnes d’ordures sont déversées directement par des centaines de camions sur plus de 114 hectares, l’équivalent de près de 200 terrains de football.

Des tensions autour du site

Le 14 décembre 2019, les populations riveraines de la décharge se sont rassemblées pour exiger sa fermeture, aux cris de « Dafa Doy ! ça suffit », face à ce qu’elles considèrent comme « une bombe écologique ». Régulièrement, dans le site, des feux propagent d’épaisses fumées noires sur plusieurs kilomètres tout autour, dégageant des gaz toxiques, nuisibles à la santé des riverains. S’y ajoute que la décharge progresse considérablement sur les terres des communes avoisinantes comme Malika ou Keur Massar.

L’État du Sénégal s’est engagé, à travers le Projet pour la Promotion de la Gestion Intégrée et de l’Économie des Déchets Solides au Sénégal (PROMOGED), à résorber d’abord le site, puis le mettre aux normes. Ce qui nécessite plusieurs étapes selon le ministre de l’urbanisme, et du cadre de vie, Abdou Karim Fofana : « Il s’agit d’une résorption progressive sur trois phases. La première phase consistera à mettre en œuvre des mesures d’urgence pour améliorer le site et les conditions de travail des récupérateurs de déchets. La deuxième consistera à remodeler, à recouvrir et à végétaliser progressivement les zones non actives du massif de déchets. La troisième phase permettra de recouvrir définitivement les dernières plateformes actives de la décharge et à mettre en place une unité de tri et de compostage ainsi qu’un centre de tri et de transfert de déchets. »

Le projet (PROMOGED), financé par la Banque Mondiale, l’Agence française de développement, l’Agence espagnole de coopération et la Banque européenne d’investissement, à hauteur de 178 milliards de Francs CFA, vise à renforcer la gouvernance en matière de gestion des déchets, et améliorer les services de gestion des déchets solides. Il sera mis en œuvre dans les régions de Dakar, Thiès, Saint-Louis, Matam, Ziguinchor, Sédhiou et Kolda. Le projet de résorption de la décharge de Mbeubeuss a été pensé sur la base d’un diagnostic de la décharge effectué lors de l’élaboration d’un nouveau schéma de traitement des déchets solides de la région de Dakar, annonce le ministre. Cette nouvelle approche intègre la prise en charge des emplois existants et leur amélioration, selon lui. Cette approche prévoit une fermeture progressive de la décharge à travers une réduction de son emprise de 114 ha à 30 ha et une maitrise de l’étalement du massif des déchets. Pour Abdou Karim Fofana, la réussite de la stratégie de fermeture de la décharge se fera en relation avec les populations riveraines, et l’ensemble des acteurs concernés.

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