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Le coin santé
Consommation de viande rouge : À quelle étude se fier ?
31/05/2020
Consommation de viande rouge : À quelle étude se fier ?


Pourquoi la consommation de la viande rouge cristallise-t-elle autant l’attention des nutritionnistes et des consommateurs ? Au cours des dernières années, elle a fait l’objet de plusieurs études menées par des chercheurs internationaux. Les risques accrus des maladies dites du siècle, telles que le cancer, le diabète, les maladies cardiovasculaires, seraient liés à sa consommation.

Sur le sujet, il apparaît évident que les avis divergent car deux écoles s’affrontent. D’une part, il y a ceux qui déconseillent fortement la consommation quotidienne des viandes dites rouges (bœuf, mouton, agneau, etc.), et d’autre part, ceux qui estiment que sa consommation modérée ne présenterait pas de risque majeur pour la santé. Mieux, pour eux, les viandes rouges seraient même bénéfiques pour le consommateur.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a classé la viande rouge comme cancérigène probable. Des recherches ont corroboré cette affirmation au fil des années. Une, notamment, a été menée par l’école de nutrition de Harvard, la plus grande unité de recherche au monde. 37 698 hommes et 83 644 femmes ont été suivis sur une durée de 22 à 28 ans. Au regard de la combinaison des habitudes alimentaires et de l’état de santé des sujets, les chercheurs constatent que consommer une portion quotidienne de viande rouge est associé à un risque de mortalité augmenté de 13%, une de charcuterie est associé à un risque de mortalité augmenté de 20 %. La mortalité cardiovasculaire est augmentée de 18 et 21 % et par cancer de 10 et 16 % pour respectivement la consommation de viande rouge et celle de charcuterie.

Les chercheurs du Journal of The American Medical Association (JAMA) ont eux aussi publié dans une récente étude que la consommation quotidienne d’une portion de viande de bœuf, d’agneau ou de porc, surtout si celle-ci est transformée, accroit le risque de mortalité par maladie.

« Nous avons constaté qu'une consommation régulière de viande rouge entraînait un risque élevé de mortalité par maladies cardiovasculaires et par cancer », indiquent les chercheurs. Selon eux, le risque est d’autant plus élevé qu’il s’agit de la viande transformée comme la charcuterie.

 

Ces conclusions étaient une certitude jusqu’à la parution, en octobre dernier, d’une autre étude contredisant cette idée.  Cette recherche a été menée par des professionnels de  l’American College of physicians.

 Selon eux, la consommation de viande rouge entrainerait un risque faible de développer des cancers et les maladies cardiovasculaires. Pour arriver à ce résultat, ils ont analysé des dizaines de travaux et, selon eux, les preuves sont incertaines. L’équipe a eu recours à une méthodologie appelée GRADE. Après avoir ré-analysé de nombreuses études, le groupe de chercheurs a conclu que baisser la consommation de viande rouge de trois portions par semaine pourrait réduire la mortalité par cancer de sept morts pour mille personnes. Ils estiment ces résultats modestes. Même constat pour la charcuterie et ses conséquences sur les maladies cardiovasculaires et le diabète : la qualité des preuves est jugée « très faible ».

« Il y a de très faibles réductions de risque pour le cancer, les maladies du cœur et le diabète, et en outre, les preuves sont incertaines », récapitule Bradley Johnston, professeur associé d'épidémiologie à l'université Dalhousie au Canada, et directeur du groupe NutriRECS, qui a rédigé les consignes.

Les chercheurs expliquent leur démarche par une volonté de faire évoluer le domaine des recommandations nutritionnelles qu’ils jugent représentatives d’une « vieille école » tournant essentiellement autour des bénéfices sociétaux et non individuels afin d’aller vers une médecine plus personnalisée. Ils recommandent donc de consommer en moyenne de trois à quatre portions par semaine en Amérique du Nord notamment. « Nous communiquons aux gens notre meilleure estimation de la vérité, qui est incertaine. Selon leurs propres préférences, ils peuvent décider de réduire ou d'éliminer la viande et la charcuterie. Mais notre recommandation est que, pour la plupart des gens, la meilleure approche est de continuer, étant donné la très faible réduction de risques et l'incertitude des preuves », a ajouté Bradley Johnston

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