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Contributions
Caxton Murira, Davies Mbela et Lillian Mutengu
Membres de l'Académie africaine des sciences
Contribution des communautés locales dans la capacité d'essais cliniques en Afrique
14/07/2020
Caxton Murira, Davies Mbela et Lillian Mutengu


Deux scientifiques français se sont retrouvés sous les feux de la rampe au début de l'année 2020 après que leurs remarques à la télévision française locale sur le test d'un vaccin contre la COVID-19 sur les populations africaines aient suscité la désapprobation de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et l'indignation de l’opinion publique en Afrique.

Les essais cliniques sont importants pour mettre sur le marché de nouveaux vaccins, traitements et dispositifs médicaux tout en s'assurant qu'ils sont sûrs et efficaces. Avant qu'un de ces produits (vaccins, médicaments et dispositifs) ne soit autorisé pour un usage public, il est soumis à un processus rigoureux, comprenant des tests d'effets indésirables, de dosage correct et de réaction immunitaire. Les candidats préventifs et thérapeutiques et les dispositifs médicaux pour les maladies endémiques en Afrique ont fait l'objet d'essais cliniques qui ont permis la mise au point de médicaments ayant sauvé des millions de vies.

L'Afrique représente 15 % de la population mondiale et pourtant, elle contribue pour 25 % du taux de morbidité dans le monde. Malheureusement, seuls 2 % des essais cliniques mondiaux ont lieu sur le continent. Cela signifie qu'un grand pourcentage de médicaments et de vaccins sont étudiés dans des sites d'essais cliniques en dehors du continent sans tenir compte des implications de leur utilisation sur les populations africaines ou au sein des systèmes de santé africains.

La science nous a appris que les personnes de différentes origines ethniques réagissent différemment aux médicaments. Lorsque des médicaments sont étudiés et testés en dehors de l'Afrique sur des populations génétiquement différentes, il peut y avoir des réactions indésirables aux médicaments. C'est ce qui s'est produit au Zimbabwe, où la majorité de la population a réagi différemment aux médicaments contre le VIH, ce qui a obligé le gouvernement à dépenser des millions pour l'hospitalisation et le traitement. Il est donc recommandé que l'Afrique ne soit pas seulement le bénéficiaire de vaccins et de médicaments développés ailleurs, mais qu'elle contribue et participe activement à leur découverte et à leurs essais. Pour que les collectivités locales en Afrique puissent prendre part aux essais cliniques, la participation doit être précédée d'un engagement délibéré et significatif qui favorise l'apprentissage mutuel et les avantages tant pour les scientifiques que pour les différentes communautés. Permettre aux communautés de chercheurs et à un public "profane" plus vaste de comprendre la valeur que la science apporte à la société ainsi que renforcer les compétences socioculturelles des scientifiques favorisera la confiance et, en fin de compte, créera un environnement favorable à l'essor des essais cliniques en Afrique.

À cette fin, l'Académie africaine des sciences (AAS) met en place la plateforme en ligne de la Communauté des essais cliniques (CTC) afin de combler cette lacune. La CTC permet aux différentes parties prenantes aux essais, notamment les chercheurs, les promoteurs, les bailleurs de fonds, les organismes de réglementation et les participants aux essais, de s'inscrire et d'interagir les uns avec les autres dans un même espace. Cela permet au public de s'informer également sur l'intérêt des essais cliniques et sur la manière dont ils sont menés.

Un mécanisme de retour d'information sur l'établissement des priorités en matière de sécurité et sur les questions relatives aux essais cliniques sera disponible pour renforcer la confiance des participants potentiels aux essais.

La plateforme fournit des informations permettant d’aider les régulateurs à évaluer la manière dont les essais cliniques seront menés avant leur approbation. L'idée est de promouvoir des essais réglementés sûrs. 

Une version préliminaire de la plateforme CTC a été lancée le 10 juin 2020, rendue nécessaire par la nécessité de fournir des informations sur les essais cliniques menés sur COVID-19 en Afrique, tandis que la plateforme CTC complète devrait être opérationnelle d'ici la fin de l'année. Cet outil peut être utilisé pour combler le fossé existant entre les scientifiques et le public "profane" et éliminer les idées fausses et les mythes qui pourraient circuler dans les communautés au sujet des essais cliniques. Cela favorisera l'appropriation des essais par les collectivités locales et les participants aux essais. Une visibilité et une transparence accrues des sites d'essais cliniques dirigés par des Africains créeront un environnement propice à l'augmentation des investissements dans les essais cliniques sur le continent. En retour, il est prévu que beaucoup plus de médicaments et de vaccins seront testés de manière éthique au niveau local, ce qui fournira aux États africains les données nécessaires à la prise de décision lors de la sélection de produits sûrs et efficaces pour leurs populations respectives.

Consultez la page web de la CTC pour plus d'informations. Pour contribuer au développement du portail, bien vouloir prendre contact avec ctc@aasciences.africa

Caxton Murira est un spécialiste des produits de la communauté des essais cliniques, Davies Mbela est un assistant en communication et Lillian Mutengu est responsable de programme chargé de l’implication des collectivités locales et du public, à l'Académie Africaine des Sciences.

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