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L'entretien culture
« La série de photographies « Femme Terre » est inspirée de mon environnement »
10/08/2020
 « La série de photographies « Femme Terre » est inspirée de mon environnement »


C’est en compagnie de ses « invités », les artistes Kalidou Kasse, Amadou Dieng, Kine Aw, Kara Fall, Daouda Ndiaye et Okorodus que le photographe sénégalais de renommée internationale Ousmane Ndiaye Dago a présenté un projet collectif dénommé « Myriade de miroirs, les toiles de vie», vendredi 6 août dernier au Sea Plaza.(A découvrir jusqu’au 6 septembre.) L’artiste revient pour nous dans cet entretien, sur sa série de photographies « Femme Terre » pour laquelle il a adopté une démarche artistique singulière

L’organisation de cette exposition en pleine épidémie de coronavirus, est-ce une manière pour vous de marquer la résilience ?

C’est  surtout une manière de dire que de loin, on peut voir le bout. Pour moi,  la maladie intérieure et le visuel  extérieur car c’est ce que l’on voit. Je ne veux pas que l’on soit triste. C’est vrai que la maladie est bien présente, mais c’est important qu’il y ait un bon environnement, qu’il y ait des couleurs. En dehors de tout ce malheur, on a envie de vivre. Et c’est cette envie de vivre que je voulais traduire à travers mon exposition.

Vous auriez pu la faire seul. Mais vous avez choisi un projet collectif. C’est pour illustrer l’adage qui dit que « l’union fait la force  », particulièrement en cette période ?

Tout ce que je fais, j’essaie toujours d’intégrer d’autres sensibilités. Même quand je fais des photos, je prends plusieurs clichés et je choisis une.  Je montre le reste à moins dix personnes. Et si leur choix se porte sur une photo, c’est celle-là que je choisie. Quand je travaille sur un projet, j’invite toujours mes amis artistes. Et là, j’en ai invité cinq à participer à l’exposition.

Comment ont-ils accueilli ce nouveau projet ?

Ils étaient tous partants. Ce n’est pas la première fois. Je suis toujours dans une démarche créative et quand j’ai eu l’idée je leur ai fait la proposition de m’accompagner. Il y a deux ans par exemple, j’ai fait une exposition à la Galerie nationale, j’y ai fait une performance et je n’étais pas seul.  

Vous avez présenté, pour cette exposition, la série de photographies intitulée « Femme Terre ». Quelle est la démarche artistique derrière ce projet ?

Pour cette série,  je me suis inspiré de mon environnement. Au Sénégal, la photographie n’est pas considérée comme de l’art.  Les gens se disent que la photographie est facile, tout le monde peut être photographe, surtout avec la nouvelle technologie, notamment les téléphones portables. Ici, la réussite signifie qu’il faut avoir le bac et aller à l’université. Il n’y a pas de possibilités intermédiaires.

Moi j’ai eu mon bac et j’ai étudié le design en Belgique à l’Académie des Beaux-arts d’Anvers. Le jour où j’ai voulu faire de la photo, je me suis dis que si je le fais, les gens n’achèterons pas. Les Sénégalais n’achètent pas la photo d’un inconnu. Ils préfèrent acheter la leur.

Je me suis alors dis que je vais faire des photos qui ressemblent à de la peinture, parce qu’à l’inverse de la photo, ils achètent la peinture et la sculpture. Et j’ai choisi la « Femme » comme thème parce que la femme est la base de tout. Comme culturellement, on ne montre pas le corps de la femme, j’ai donc créé des personnages sans identité et cela a marché.  En faisant les photos, j’ai utilisé la terre et beaucoup de couleur. J’ai travaillé sur le fond et la forme et cela a eu un succès.

 Propos recueillis par Scheina ADAYA

 

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