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Environnement
Village de Khondio : les raisons d’une cohabitation difficile entre les ICS et les riverains
26/09/2020
Village de Khondio : les raisons d’une cohabitation difficile entre les ICS et les riverains


Implantées dans la commune de Darou Khoudoss, département de Tivaouane, les Industries chimiques du Sénégal (ICS), spécialisées dans la production d’engrais, vivent une cohabitation compliquée  avec les riverains. L’entreprise est pointée du doigt pour la « pollution » qu’elle génère et ses conséquences sur l’environnement et  la santé des populations. 

Créées en 1977, les ICS (Industries Chimiques du Sénégal), sont spécialisées dans la production de phosphates, d’acide phosphorique et d’engrais. L’implantation de cette industrie non loin de la localité de Khondio, un village de 2000 habitants, situé dans la région de Thiès, n’est pas du goût des riverains. Elle engendrerait des effets néfastes sur l’environnement, mais aussi sur la santé des populations. « Sur les champs qui sont en bordure de la route qui mène vers le village, il y avait une meilleure rentabilité. Mais depuis l’implantation des ICS, avec le passage interminable des camions, on ressent que leur production a baissé. En plus de cela, quand ils déversent leur produit, l’odeur toxique nous envahit jusque dans le village », confie Gorgui Ka, président de la plateforme “Khondio ma localité”. Une situation qui n’épargne pas la santé des habitants, surtout les plus jeunes. « Nous avons effectué  des consultations gratuites au niveau du village avec des médecins qui venaient de l’extérieur. Ils ont décelé des maux récurrents perceptibles chez beaucoup d’habitants de la localité. Il s’agit notamment  de problèmes de  vision, surtout chez les enfants. Des maladies pulmonaires, respiratoires... », renseigne-t-il. 

Cependant, il admet que « scientifiquement parlant, des études n’ont pas été faites”. “Mais, il y a une différence fondamentale entre l'avant et l’après installation des ICS dans la zone. Même à travers l’air qu’on respire dans le village, on sent que cette pollution est réelle. »

Alerté par les populations de Khondio, le ministre de l’environnement, Abdou Karim Sall, avait effectué une visite dans le village pour s’enquérir de la situation. Il avait alors promis le déplacement de l’émissaire, responsable de la pollution. Les travaux pour ce déménagement auraient été ralentis par la pandémie. Les multiples rencontres avec les responsables de l’usine n’ont pas non plus permis de résoudre ce problème de cohabitation.  « On n’a pas cessé de les rencontrer depuis qu’ils se sont installés là. Que ça soit nous, que ça soient nos aînés. Mais chez eux, il y a une forme de déni quant à la réalité de cette population. En réalité, ils ne sont pas prêts à y apporter des solutions », s’indigne le président de la plateforme ‘’Khondio ma localité ».

« C’est de l’acide très faible que nous déversons en mer »

Parmi les revendications des habitants, lors de la visite du ministre de l’environnement, Abdou Karim Sall, figurait une étude scientifique, pour démontrer l’impact de l’usine sur l’environnement mais aussi sur la santé des populations. Une étude qui a fini par avoir lieu,selon un responsable au des ICS. « L’étude a été réalisée, et les résultats sont disponibles. C’est le ministre qui l’a commanditée et qui doit donc décider de la publication». Cette étude d’impact, tant réclamée par les populations, aurait permis de montrer que les activités de l’usine ont un « très faible impact sur l’environnement » plaide-t-il. « On est en deçà des normes admissibles, très en deçà-même. C’est de l’acide très faible que nous déversons en mer. Cet acide, quand tu le jettes en mer, tu provoques une réaction chimique : acide + base= sel + eau. Et normalement, si on avait des débouchés, on pouvait transformer ce déchet pour l’utiliser comme catalyseur dans les mines de bauxite ». 

Concernant la délocalisation de l’émissaire, ordonnée par le ministre, le responsable évoque des avancées dans le projet . Mais, affirme-t-il, le délai initial donné par le ministre de l’Environnement était « impossible » à tenir :  « Coordination avec le maire, délimitation de l’aire à utiliser, évaluation des impenses par la commission départementale dirigée par le préfet, paiement, discussion avec les paysans qui ont des cultures en cours, et début des terrassements, sont autant de facteurs qui font que ce délai de 45 jours ne peut pas être respecté ». 

Autrefois un des fleurons de l’industrie sénégalaise, les ICS avaient connu une crise. Cela avait valu une recapitalisation de l’entreprise avec l’arrivée, en août 2014, d’Indorama, un groupe indonésien, présent dans 24 pays, et qui a acquis 78% du capital. Principale société exportatrice du Sénégal, elle emploie plus de 1700 personnes en plus de milliers de journaliers utilisés tous les ans. 

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