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Environnement
Pêche illicite : La polémique enfle entre Greenpeace et l’Etat du Sénégal
16/10/2020
Pêche illicite : La polémique enfle entre Greenpeace et l’Etat du Sénégal


Le différend qui oppose le ministère sénégalais des Pêches et de l’Economie maritime et l'Ong Greenpeace est loin de connaitre son épilogue. En effet, Greenpeace a adressé un droit de réponse suite à la sortie du ministère sénégalais des Pêches et de l’Economie maritime jugeant de « totalement infondées » les allégations contenues dans un rapport de l’organisation non gouvernementale de protection de l’environnement. En effet Greenpeace vient de publier un rapport intitulé « Mal de mer : pendant que l’Afrique de l’Ouest est verrouillée par le Covid-19, ses eaux restent ouvertes au pillage » et y dénonce l’attribution non transparente de licences de pêche à des navires industriels étrangers qui en profiteraient pour surexploiter les ressources halieutiques sénégalaises.

L’ONG internationale y confirme que des licences de pêches ont bien été attribuées le 17 avril à quatre bateaux nommés Fu Yuan Yu, « en dépit des affirmations du ministère de la pêche selon lesquelles aucune nouvelle licence n’avait été octroyée ». « Le ministère des Pêches et de l’Economie maritime a découvert, ce samedi 10 octobre 2020, par voie de presse, un rapport de Greenpeace intitulé ‘Mal de mer’, dans lequel ladite ONG dénonce de supposées licences qui seraient octroyées à des navires étrangers, l’installation d’usines de farine de poisson. […]. Les allégations totalement infondées contenues dans ledit rapport sont d’autant plus surprenantes qu’à plusieurs reprises, par voie de communiqués officiels, de contributions dans la presse, d’émissions de radio et de télévisions, etc., le ministère des Pêches et de l’Economie maritime a toujours apporté des éclairages, des précisions et des démentis, à chaque fois que cela s’imposait, à l’endroit des acteurs, de l’opinion publique nationale et internationale », s’est défendu le ministère.

Il affirme avoir discuté de la pêche au Sénégal avec les professionnels du secteur et les organisations qui s’y intéressent, dont Greenpeace qui « a été reçue en audience par le ministre des Pêches et de l’Economie maritime, Alioune Ndoye, le 5 mai 2020 ». Le ministère des Pêches et de l’Economie maritime a fait savoir qu’aucun navire battant pavillon étranger ne peut, en l’état actuel de la réglementation sénégalaise, obtenir une licence de pêche au Sénégal si ce n’est sur la base d’un accord de pêche. Or, dit-t-il, le Sénégal n’a d’accord de pêche qu’avec l’Union européenne, la Gambie, le Cap-Vert, la Mauritanie, la Guinée-Bissau et le Liberia", précise le ministère.

Par conséquent, selon le département dirigé par Alioune Ndoye, « la Chine n’ayant pas signé [un] accord de pêche avec le Sénégal, aucune licence ne peut dès lors être accordée à un bateau battant pavillon chinois. Tous les bateaux d’origine chinoise, espagnole, française, grecque détenteurs d’une licence de pêche au Sénégal appartiennent à des sociétés reconnues, par acte notarié, de droit sénégalais », a précisé le ministère de la Pêche.

Greenpeace pour la publication de la liste des navires de pêche industrielle du Sénégal

En réponse aux accusations contenues dans le communiqué de presse du ministère, Dr Ibrahima Cissé, responsable de la campagne océans de Greenpeace Afrique, a déclaré que le ministère en charge de la pêche n’a apporté aucun élément de réponse à la polémique en cours. « Au lieu de rejeter la faute sur la société civile, les autorités gouvernementales devraient choisir la transparence et rendre publique la liste des navires autorisés à pêcher dans la zone économique exclusive (ZEE) sénégalaise, y compris le type et la date d’attribution des licences pour lever toute équivoque », a poursuivi Dr Cissé. Mieux, dit-il, « le ministère devrait éclairer l’opinion publique en précisant à l’issue de quelles réunions de la Commission Consultative d’Attribution des Licences de Pêches industrielle (CCALP) les demandes de ces bateaux, objet de la polémique, ont été examinées et les acteurs présents. »

Enfin l’Ong Greenpeace lance un appel pour la publication de la liste des navires de pêche industrielle du Sénégal, ainsi que le type et la date de délivrance des licences ; l’élimination dans la pratique de toute production de farine de poisson à partir de poisson frais, la réorientation de la capacité de transformation de la farine et de l’huile de poisson vers des produits destinés à la consommation humaine directe ; et la reconnaissance professionnelle des femmes transformatrices de poissons et leur accompagnement pour qu’elles jouissent de leurs droits.

 

 

 

 

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