bannière
bannière
ALERTE COVID-19 : L’Allemagne franchit la barre des 10 000 morts
société
1,6 milliard d’enfants et d’adolescents ont été privés d’enseignement scolaire (Unesco)
17/10/2020
1,6 milliard d’enfants et d’adolescents ont été privés d’enseignement scolaire (Unesco)


« La plus importante perturbation de l’éducation de l’histoire ». Un rapport de l’Unesco estime que près d’1,6 milliard d’enfants et d’adolescents ont été privés d’enseignement scolaire, dans 190 pays différents, en raison de l’épidémie de coronavirus. Et parmi eux, beaucoup risquent de ne jamais pouvoir retourner à l’école. Une conséquence de la crise sanitaire particulièrement problématique, quand on sait à quel point déscolarisation et pauvreté sont liées.

« La crise du coronavirus risque d’anéantir 20 ans d’efforts et de progrès continus dans le domaine de l'éducation, déplore Julien Beauhaire, porte-parole de l’ONG Plan International, spécialisée dans la protection de l’enfance et en particulier des petites filles. Depuis 1995, 327 millions d’enfants supplémentaires, dont 55 % de filles, ont pu être scolarisés. Mais la crise sanitaire remet tout en cause. » Neuf mois après le début de l’épidémie, 850 millions d’enfants sont en effet toujours privés d’école à travers le monde, soit la moitié des effectifs à l'échelle mondiale. 53 pays n’ont pas rouvert leurs établissements scolaires. En Afrique de l'Ouest et du Centre, seul un pays sur trois est prêt à accueillir les élèves en toute sécurité. L’Unicef estime de plus que sur cette population, près de 463 millions d’enfants ne peuvent bénéficier d’enseignement à distance. Près d’un tiers des écoliers du monde sont donc totalement privés d’éducation durant leur confinement.

« Nous savons, grâce à la crise Ebola, que plus les enfants restent longtemps en dehors de l’école, moins ils ont de chances d’y retourner, explique Farah Malek-Bakouche, chargée de plaidoyer international à Unicef France. Au moins 24 millions d’enfants devraient abandonner complètement l’école. Et les enfants ayant un faible niveau d’éducation sont les plus exposés au risque de pauvreté tout au long de leur vie. Ils ont également une espérance de vie plus courte et de moins bons résultats en matière de santé. » C'est plus du double des prévisions élaborées en juillet 2020 par l'ONG Save The Children.

L’arrêt définitif de la scolarité a des conséquences néfastes, bien au-delà du seul aspect pédagogique. L’Unicef rappelle que l'école est non seulement un lieu de socialisation et de protection mais qu'il s'agit aussi souvent de l'endroit où les enfants peuvent avoir accès à un repas, aux vaccins et à des services de santé. Les risques de violence, de travail, de mariages et de grossesses précoces augmentent donc considérablement à partir du moment où un enfant est déscolarisé.

Un rapport récent corédigé par l'Organisation internationale du travail (OIT) et de l’Unicef alerte sur le risque d’augmentation du travail des enfants suite à la crise économique engendrée par l’épidémie de coronavirus et la fermeture des écoles. Alors que le nombre d’enfants au travail a diminué de près de 94 millions en 20 ans, ils pourraient être des millions à devoir se mettre à travailler dans les mois à venir, une première depuis l'an 2000.

Les jeunes femmes ne sont pas non plus épargnées. La fermeture des écoles est pour beaucoup synonyme d’un accroissement des tâches domestiques.

« Avec la pandémie de Covid-19, s’alarme Julien Beauhaire, c’est 13 millions de jeunes filles supplémentaires qui pourraient être mariées avant leur majorité. Cela représente un potentiel de 7 millions de naissances non désirées dans les dix prochaines années. »

 

copyright www.intelligences.info

A SUIVRE AUSSI

0 commentaires

    Nom :
     

    Commentaire :