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L'Europe veut le poisson du Sénégal mais rejette ses migrants (Greenpeace)

19/11/2020
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Alors que le secteur de la pêche traverse une crise sans précédent, les autorités du Sénégal viennent de renouveler leur accord de pêche avec l’Union Européenne (UE). Un « paradoxe », selon Greenpeace qui rappelle qu’au même moment où « l’UE entame le rapatriement des migrants sénégalais, elle continue d'exploiter les ressources halieutiques du pays dont la rareté est en partie la cause du désespoir des milliers de jeunes sénégalais ».

Greenpeace Afrique demande aux autorités de l’UE et du Sénégal de se pencher sur les vraies causes de ce phénomène afin d’y apporter une solution définitive plutôt que de laisser empirer la situation en signant cet accord. Selon le communiqué de la délégation de l’Union Européenne à Dakar, ce nouvel accord de pêche permettra à 45 navires européens de pêcher au moins 10 000 tonnes de thon et 1 750 tonnes de merlu noir par an pour une contrepartie financière de 15 millions d’euros (10 milliards FCFA) sur cinq ans, a souligné l’ONG.

« Il est aujourd'hui évident que la mauvaise gestion des ressources halieutiques au Sénégal, les accords signés et les licences de pêche octroyées à des navires étrangers sont en grande partie la cause de la rareté de ces ressources. Le Sénégal et l’UE avaient noué depuis 2014 un accord de pêche sur les pêcheries de thon et de merlus incluant des captures accessoires, lequel accord a été décrié par les organisations professionnelles de la pêche du Sénégal, car ne tenant pas en compte ni du potentiel exploitable, ni de l'état d’exploitation des ressources », a rappelé Greenpeace Afrique.

L'évaluation de cet accord, tant au plan technique (quantité de poissons prélevée par les bateaux de l’UE) qu’au plan financier, « n’a jamais été partagée avec les organisations professionnelles ». Ce qui est contraire aux dispositions réglementaires et autres engagements des Etats qui font de l’implication des acteurs dans les processus décisionnels un élément important de bonne gouvernance des ressources. Les Objectifs de Développement Durable, le Code de la Pêche et la Constitution du Sénégal sont, entre autres, clairs sur la nécessité d'intégrer les acteurs de la pêche dans la prise de décision. Mais la réalité est tout autre, estime l’ONG             

Ainsi, Greenpeace Afrique demande à l’Etat du Sénégal et à l’Union Européenne de faire une évaluation exhaustive et transparente de l'accord précédent, de procéder à une mise à jour des données scientifiques sur les stocks de poissons et de partager ces informations avec les acteurs de la pêche pour une prise de décision conformément aux engagements pris. Le principe directeur de la signature d’un accord de pêche devrait être basé au moins sur deux points que sont l'état des ressources halieutiques concernées par l’accord et la capacité de la flotte nationale à exploiter ces ressources. Selon le communiqué de Greenpeace, un accord de pêche doit être signé sur la base du surplus de production qui correspond au potentiel halieutique d’un stock que la flottille nationale n’est pas en mesure de pêcher.

Et au-delà de ces aspects techniques, estime l’ONG, la dimension économique et sociale devrait être prise en compte d’autant plus que le secteur de la pêche traverse une crise sans précédent. C'est seulement dans ces conditions, poursuit-elle, que la transparence et la protection des ressources clamées par les autorités de l’UE et du Sénégal seraient une réalité.

 

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