ALERTE COVID-19 : La dette publique mondiale a augmenté d'un sixième en 2020

ARTICLE PRECEDENT

ARTICLE SUIVANT

internationalAdewale Adeyemo, un avocat d’origine nigériane, nommé secrétaire adjoint au Trésor américain
politique

Rupture entre chefs de partis et leurs dauphins : une tradition sénégalaise ?

02/12/2020
Rupture entre chefs de partis et leurs dauphins : une tradition sénégalaise ?


Depuis le week-end dernier, Déthié Fall n’est plus le vice-président du parti Rewmi, fondé et dirigé par Idrissa Seck. Le député a été sanctionné pour avoir “décidé de garder une ligne de communication contraire à celle du parti qui est la suivante: ne jamais prononcer un mot risquant de nous remettre dans le débat de la campagne électorale de 2019, encore moins dans le contentieux qui s’en est suivi”, explique un communiqué du parti. “Ils sont tous éteints par le dialogue national et le contexte lié à la covid-19 qui exigent de toutes les femmes et tous les hommes de devoir et des patriotes, de répondre à l’appel du Président de la République et des Sénégalais”, peut-encore lire dans le texte. Le principal intéressé, qui paie ses critiques contre le gouvernement durant une session parlementaire, semble se diriger vers départ du parti si l’on décrypte bien sa réaction après cette destitution : “Je précise à l’opinion nationale et internationale que je n’ai jamais été demandeur ni d’un poste de député ni d’un poste de ministre auprès de qui que ce soit. Je suis un professionnel qui a toujours gagné sa vie dans le privé.Mon engagement politique reste exclusivement orienté au service du peuple sénégalaisJe vous donne rendez-vous très prochainement”.

Cette affaire Déthié Fall-Idrissa Seck sonne comme un air de déjà-vu entre un leader d’un parti politique et une personnalité qui s’est imposée comme un de ses dauphins. 

Au temps du régime socialiste, on se souvient notamment de la rupture entre Abdou Diouf, Président de la République du Sénégal entre 1981 et 2000, et les figures fortes de la formation verte Moustapha Niasse, fondateur de l’Alliance pour les Forces de Progrès (AFP) et de Djibo Ka, fondateur de l’Union pour le Renouveau démocratique. 

Après l’ère Diouf, son successeur à la tête du PS, le regretté  Ousmane Tanor Dieng a exclu du parti des figures fortes telles que Aissata Tall Sall ou Khalifa Sall, pour des divergences d’options stratégiques notamment sur le plan électoral.

Du côté de l’autre formation phare du Sénégal, le PDS, on peut citer les nombreuses ruptures entre le leader historique, Abdoulaye Wade, et ceux qui ont été tour à tour présenté comme d’éventuels numéros 2 : Me Ousmane Ngom, Idrissa Seck ou encore l’actuel Président de la République du Sénégal, Macky Sall. 

Plus récemment encore, en 2015, l’on se souvient de la rupture fracassante au sein de l’AFP entre Moustapha Niasse et celui qui était présenté comme son potentiel successeur, Malick Gakou, pour là aussi des points de vue contradictoire quant à la place de l’AFP au sein de la coalition Benno Bokk Yakaar. 

En attendant de savoir, si Déthié Fall va décider de voler de ses propres ailes comme ces autres personnalités politiques l’avaient fait avec plus ou moins de succès, cette tendance fortement ancrée dans la vie politique sénégalaise de querelles entre leaders d’un même parti, semblent avoir de beaux  jours devant elle. Tant l’absence de démocratie au sein de ces structures demeure latente.

copyright www.intelligences.info

A SUIVRE AUSSI

0 commentaires

    Nom :
     

    Commentaire :