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Hommage à Pape Bouba Diop. Le Sénégal pleure un héros national

21/12/2020
Hommage à Pape Bouba Diop. Le Sénégal pleure un héros national


Pape Bouba Diop, 42 ans, est décédé le dimanche 29 novembre des suites d’une longue maladie. Une disparition qui a suscité une vive émotion, tant son nom était synonyme des plus belles heures du sport national. Retour sur la trajectoire d’une des figures majeures de l’histoire du sport sénégalais.

 

Il est des instants dans la vie d’une Nation qui restent gravés dans les mémoires. Et chaque témoin de cet événement historique se souvient exactement de ce qu’il faisait à ce moment précis. Pour le Sénégal, le 31 mai 2002 figure au rang de ces dates mémorables. Ce jour-là, à Séoul, le pays de la Téranga écrivait l’une des plus belles pages de l’histoire du sport africain : lors de l’ouverture de la Coupe du Monde, il battait la France, championne du titre, avec le score de 1-0. Forcément, l’acteur majeur de cet exploit a une place de choix parmi les légendes de ce sport. En inscrivant l’unique but de la rencontre, Pape Bouba Diop a pour l’éternité gagné l’estime et l’affection d’un peuple, et au-delà même d’un continent. Pour saisir la portée de cette victoire dans l’imaginaire sénégalais, souvenons-nous de ces propos d’El Hadj Diouf, prononcés en avril dernier sur les ondes de RMC : “Le Sénégal a obtenu deux fois son indépendance, une fois avec De Gaulle, et on l’a prise une deuxième fois en battant la France. On m’envoie encore des messages le 31 mai”. C’est d’ailleurs sans doute ce qui explique la profonde émotion et les multiples hommages qu’a suscités l’annonce de sa disparition. “On ne te sortira jamais de nos esprits”. Cette phrase, prononcée par Sadio Mané, joueur phare de l’équipe nationale de football, résume, à elle seule, le sentiment général.

 

Un parcours exemplaire du Jaraaf de Dakar à l’Angleterre

 

Il serait néanmoins injuste de réduire le grand joueur qu’était Pape Bouba Diop à cet unique coup d’éclat. Durant toute la coupe du monde 2002, il s’est particulièrement distingué, terminant meilleur buteur des lions avec trois réalisations. À l’issue de la compétition, le quotidien français Le Monde le classe parmi les onze révélations du tournoi. Seize ans plus tard, en 2018, l'hebdomadaire France Football l’inclut dans la liste des cent joueurs qui ont marqué l’histoire de la coupe du monde. Une belle consécration pour un joueur dont le parcours est atypique.

 

En effet, alors que la plupart des joueurs africains, de la fin des années 90 aux années 2000, mènent un cursus linéaire dans les centres de formation européens avant devenir professionnels, le natif de Rufisque a d’abord commencé sa carrière dans le championnat local de football au sein du prestigieux Jaraaf de Dakar. Toutefois, sa puissance physique, sa capacité à bien défendre et à se projeter vite devant le but adverse, et son sens du but n’échappent pas longtemps aux radars des recruteurs européens.

 

Deux ans après ses débuts au Jaraaf, il pose ses baluchons sur le Vieux Continent, tout d’abord en Suisse, à Vevey Sports, puis au Neuchâtel Xamax, et enfin au sein du club phare du championnat helvète, à l’époque, le Grasshopper Zurich. C’est au sein de cette formation qu’il remporte le titre de champion de Suisse en 2001 et découvre, un an plus tard, la Ligue des champions, la plus prestigieuse compétition européenne de clubs.

 

Ses performances à Zurich lui ouvrent les portes du championnat de France, au Racing Club de Lens, qui demeura son club de cœur. Dans le nord de la France, en compagnie de ses compatriotes Ferdinand Coly, El Hadj Diouf et Pape Sarr, il est tout près de remporter le championnat de France en 2002, mais les Lensois sont devancés sur le fil par l’Olympique Lyonnais. C’est vraiment à Lens, ville où il s’est éteint, qu’il réalise ses plus belles performances européennes, marquant des buts spectaculaires. En marge des terrains, il est également très impliqué dans la vie sociale, soutenant notamment les employés de Metaleurop victimes d’un plan social. Interrogé par SoFoot, Joël Müller, son entraîneur de l’époque, ne tarit pas d’éloges sur Bouba Diop : “ Il y a des mecs avec autant de qualités de footballeur que d’homme. Parfois, c’est l’un ou l’autre. Tu vas être un footballeur brillant, mais con à côté, ou un bon mec, mais avec pas trop de qualités. Papa Bouba Diop faisait partie de ces gens qui avaient les deux qualités. Il était d’humeur régulière, sans égocentrisme. Tout entraîneur aurait aimé travailler avec lui”. 

 

Ses qualités humaines, mais aussi ses prestations sur le terrain, lui valent  d’être repéré par le club anglais de Fulham. «  C’était une déception parce qu’on perdait un joueur de grande qualité, estime Müller, mais lorsque l’on a connu un joueur bon que l’on apprécie, on a envie de continuer à le valoriser. Et partir en Angleterre permettait d’y parvenir. »

 

C’est en Angleterre d’ailleurs, à part un petit passage en Grèce, à Athènes, où il remporte une coupe nationale (2011), qu’il termine les dix dernières années de sa carrière. Une fin de carrière marquée par des blessures récurrentes mais aussi par un trophée de vainqueur de l’édition 2008 de la coupe d’Angleterre.

 

Retraité des terrains en 2013, Pape Bouba Diop s’est battu ces dernières années contre la maladie de Charcot qui l’a finalement emporté.

 

Son souvenir restera néanmoins impérissable dans les cœurs des Sénégalais.

 

 

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