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Ma vision est de devenir un exemple mondial de «Yakaar» dans le monde de la mode

28/12/2020
Ma vision est de devenir un exemple mondial de «Yakaar» dans le monde de la mode


« Je veux construire un avenir de la mode innovant, éthique et durable, enraciné dans l'artisanat africain traditionnel »

Finaliste dans le Top 10 du concours Africa’s Business Heroes, un événement dédié aux entrepreneurs africains, qui a vu la participation de plus 22 000 candidats, Mame Diarra Bousso Guèye fait la fierté du Sénégal. Prédestinée à faire carrière en science ou dans le monde de la finance, elle démissionne, en 2013, de son poste à Wall Street en tant que trader en produits structurés, puis analyste en finance d'actifs, pour se consacrer pleinement à sa passion : la mode. À la tête de DiarraBlu, une « marque de style de vie consciente », la militante pour la promotion de l'héritage culturel africain a réussi à bâtir une entreprise mondiale de mode, grâce à son concept de design fusionnant algorithmes, tradition et durabilité.

  1. Pouvez-vous vous présenter et nous parler de votre parcours ?

J'ai toujours été créative. J'ai commencé le ballet et la peinture au Sénégal à l'âge de cinq ans et plus tard j'ai exploré de nombreux autres domaines tels que le tricot, le crochet, la couture, la poterie. J'ai toujours été curieuse d'explorer diverses formes d'art. J'aimais aussi beaucoup les mathématiques et les sciences, mais j'avais l'impression de devoir faire un choix entre l'art et les mathématiques. J'ai fini par me concentrer sur les mathématiques lorsque j'ai déménagé en Norvège au lycée, puis j'ai commencé une carrière dans un domaine plus quantitatif en tant que trader à Wall Street. Finalement, mon cœur artistique m'a rappelé et j'ai tout abandonné pour le suivre. Je fais actuellement mon Master en Mathématiques Créatives à Stanford et je suis à la tête de DIARRABLU.

  1. Quel est le concept ou la philosophie derrière la marque Diarra Blu dont vous êtes la fondatrice ?

DIARRABLU est une société Fashiontech. La mission de la marque est d’engager pour le développement durable, tout en soulignant les couleurs riches et les motifs uniques du continent africain à travers des pièces pratiques et polyvalentes, conçues à l'aide de concepts mathématiques ou d'algorithmes. Nos articles sont faits au Sénégal par des artisans locaux et exportés dans plus de 25 pays.

Diarrablu célèbre mon héritage ainsi que la culture sénégalaise, wolof. Elle intègre aussi ce qui fait mon identité, c’est-à-dire les mathématiques, à travers une technique mêlant algorithmes et artisanat. Quant aux coupes et motifs, ils font la part belle à la géométrie. Ma marque, reflet de ma culture, revêt aussi un aspect technologique et intellectuel.

  1. Vous étiez prédestinée, vu votre parcours, à faire carrière en sciences ou dans le monde de la finance par exemple ; comment vous êtes-vous retrouvée dans l’univers de la mode ?

En 2013, après avoir quitté mon poste sur Wall Street, j’ai décidé de créer une entreprise de mode. J'ai reçu beaucoup d'encouragements et mes créations semblaient plaire aux gens. J’ai donc commencé à partager au hasard mes tableaux sur Instagram et j’ai reçu beaucoup de soutien. C’est par la suite que j'ai décidé de créer un studio dans ma maison familiale et ma mère m'a beaucoup aidée avec la production, mon père m'a aidée avec la stratégie. Mes sœurs m'ont aussi soutenue en s’occupant des ventes et la gestion des relations publiques. Tous mes amis nous ont soutenus et ont commencé à acheter mes produits. J'ai acquis la confiance nécessaire pour former une équipe et y investir tout mon temps et mes ressources. C’est ainsi que DIARRABLU est né.

  1. Dans vos créations, chaque forme est représentée par une équation mathématique. Comment avez-vous pu allier stylisme et mathématiques ?

Je suis devenue enseignante de mathématiques après avoir obtenu ma maîtrise à Stanford et je ne savais pas à quel point ce serait difficile. J'avais l'habitude de dessiner et de peindre depuis toute petite et pour la première fois j'étais tellement submergée par l'enseignement que je n'avais plus le temps pour dessiner. Un jour, je notais des contrôles d'algèbre axés sur la représentation graphique d'équations linéaires, de valeur absolue et quadratiques et j'ai commencé à voir les erreurs des élèves différemment. J'ai regardé le domaine de leurs réponses à travers 88 étudiants et j'ai commencé à songer aux modèles que toutes leurs erreurs, combinées, pouvaient produire. Le lendemain, je suis restée éveillée toute la nuit à tracer diverses équations et à colorier les parties qui se croisaient au hasard. Cela a informé un nouveau processus de conception innovant pour mes créations.

  1. Comment est née votre passion pour la mode ?

Mes grands-mères m’ont inspiré dans ma décision de travailler dans l'industrie de la mode et ont transmis à ma mère, et nous petits-enfants, que l'élégance n'était pas une question de vêtements mais de manières. Ma grand-mère Sokhna (groupe ethnique wolof) était une artiste du cuir et de céramique très connue et a travaillé de ses mains en tant qu'artisane toute sa vie. Les membres de la famille de mon père sont tous artisans à ce jour et font partie intégrante de mon équipe. Ma grand-mère Adama nous a appris l'importance d'être coquette et de toujours montrer ses plus belles tenues, même pour aller simplement acheter du pain. Elle vit à Médina, un quartier dakarois qui m’inspire beaucoup.

  1. Qu’est-ce que cela vous fait d’être finaliste parmi plus de 22 000 candidatures dans le top 10 du Africa’s Business Heroes, un événement dédié aux entrepreneurs africains ?

Je me sens honorée et très reconnaissante de cette opportunité. Cela me montre que nos rêves sont toujours valables et je suis ravi de faire partie de ce réseau incroyable et de pouvoir continuer à célébrer toute mon équipe à l'échelle mondiale.

  1. Comment avez-vous vécu toute cette période de la pandémie de Covid-19 marquée par des mesures de restrictions ?

Je l'ai passée principalement à créer et à réfléchir. Je pense que le monde nous a obligés à faire une pause et à reconsidérer vraiment nos vies. Je l'ai abordée avec gratitude d'être toujours là, mais aussi avec le sens de la responsabilité. J'ai choisi d'insuffler du calme dans mon travail. J'ai conçu des pièces plus convertibles et inclusives et en utilisant des matériaux durables en mettant l'accent sur notre environnement et l’humain. La Covid-19 m'a rendue plus consciente que jamais que nous devons être responsables envers ce que nous avons, les uns envers les autres et envers notre planète.                                             

  1. Quels sont vos défis et projets avec Diarra Blu ?

Ma vision est de devenir un exemple mondial de «Yakaar» dans le monde de la mode. Je veux construire un avenir de la mode innovant, éthique et durable enraciné dans l'artisanat africain traditionnel et propulsé par la technologie et les algorithmes. Les mathématiques, mon premier amour, sont infinies, tout comme nos rêves.

 

 

 

 

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