ALERTE COVID-19 : La dette publique mondiale a augmenté d'un sixième en 2020
Contributions

Mme Khadidiatou Dieng Sy-M. Seyni Ndao-Dr Abdou Kane Diop

La résilience des entreprises face à la covid

Restons engagés pour les droits de la femme et encourageons-les

08/03/2021
Mme Khadidiatou Dieng Sy-M. Seyni Ndao-Dr Abdou Kane Diop


Mme Khadidiatou DIENG SY, Risk Manager

La pandémie de la Covid-19 a généré de grands bouleversements et bousculé nos pratiques quotidiennes. Elle est devenue une crise économique et sociale inédite et majeure comme en témoignent les effets négatifs sur les entreprises de plusieurs secteurs d’activité ainsi que sur les ménages, premières victimes de la récession. 

Même si certains Etats et Institutions avaient prévu dans leur système de pilotage de crise tous les types de risques (incertains et inhabituels) auxquels ils pourraient faire face, y compris le risque pandémique, celui-ci était souvent considéré comme peu probable et non prioritaire.  

Dans ce contexte si particulier, il est essentiel de proposer un recueil de témoignages pour partager les bonnes pratiques et stratégies de réponse adoptées face à une pandémie d’une telle ampleur. 

Les retours d’expériences montrent que le mot d’ordre de la gestion des risques liés à la COVID a été la RESILIENCE

Comment mieux se préparer face aux incertitudes et aléas ?

Comment la gestion des risques a aidé à répondre aux enjeux immédiats et à plus long terme, soulevés par la pandémie ? 

A travers cette publication dédiée à la journée de la femme, nous vous livrons :

- le partage d’expériences et témoignages sur les bonnes pratiques et actions prioritaires entreprises par l’OFOR (Office des forages Ruraux),

- également les mesures d’hygiène et de sécurité exposées par le Dr Abdou Kane DIOP (Anesthésiste réanimateur) 

 

M. Seyni NDAO, Directeur Général de l’OFOR

Quels enseignements tirez-vous de la crise à date ?

La crise sanitaire à laquelle nous faisons face a démontré qu’au-delà des solutions scientifiques, il y a une responsabilité commune et un élan de solidarité nécessaires pour vaincre l’ennemi que constitue la covid 19. L’adoption des gestes barrières édictés par les autorités sanitaires est essentiel pour rompre la chaîne de transmission du virus et limiter le taux de contamination.  L’autre enseignement est que la fragilité de nos économies en Afrique doit nous pousser à une meilleure organisation, une gestion anticipative des risques liés aux catastrophes sanitaires qui peuvent survenir à tout moment et bouleverser notre quotidien. 

Comment concevez-vous la notion de résilience dans votre gestion de crise COVID? 

La résilience est la capacité à se relever après un choc psychologique. La crise sanitaire, par ses effets dévastateurs, a été un lourd fardeau pendant toute l’année 2020 et voilà qu’elle continue à s’abattre sur le monde entier. Il est donc nécessaire de tenir bon et d’innover dans la pratique de l’entreprise. De nouveaux systèmes de travail s’imposent comme la quasi-généralisation du télétravail afin de limiter le présentiel. 

A l’OFOR, une dizaine de jours après l’apparition de la maladie au Sénégal au mois de Mars 2020, nous avons pris plusieurs mesures contenues dans un protocole de résilience pour amoindrir les risques de propagation de la maladie. Les réunions internes se font désormais en visioconférence. Le port du masque est obligatoire pour le personnel et les visiteurs. Nous procédons également à la distribution de masques et de gels hydroalcooliques. Le dispositif sanitaire à l’entrée comme à la sortie de l’immeuble qui abrite nos bureaux est toujours en place avec notamment des thermo flash pour surveiller la température. En cas de fièvre, nous sollicitons les services d’un médecin. La distanciation physique est aussi observée et dans ce sens, nous avons établi des plannings de travail. Nous avons également installé un système de partage des documents à travers le logiciel Obertys pour digitaliser nos opérations.

Quelles bonnes pratiques partagerez-vous aux dirigeants d’entreprise, aux entrepreneurs et aux différents comités de gouvernance ? 

Je recommande la vigilance et le respect strict des gestes barrières dans tous les lieux recevant du public, le renforcement des mesures d’hygiène, l’élaboration d’une bonne politique de prévention des crises et de gestion des risques, la passion et l’engagement à relever les défis malgré la pandémie. Dans le secteur de l’hydraulique rurale par exemple, notre vision à l’OFOR est : « un foyer, un point d’eau potable ».

Qu’évoque cette journée de 08 Mars? 

Le 08 mars va au-delà de l’image de la femme et met en exergue son rôle ô combien important dans nos sociétés et nos vies. La femme, est mère, elle est sœur, etc. A l’OFOR, nous avons une bonne représentation des femmes qui inspirent par leur dynamisme, leur sens des responsabilités, leur esprit d’innovation et leur amour du travail. Cette journée qui leur est dédiée est célébrée à travers la planète car elles ont du mérite. Les femmes sont tout simplement une source de vie.

Dr. Abdou Kane DIOP, ANESTHESISTE REANIMATEUR  

Quels enseignements tirez-vous de la crise à date ?

Le Sénégal, dès l’annonce des premiers cas en Chine puis en Europe, a mis en place un plan de contingence suivi d’un plan de riposte pour faire face aux premiers cas enregistres dans le pays. Une stratégie dynamique a été adoptée afin d’adapter la lutte contre la COVID-19 en fonction de l’évolution de l’épidémie et également prendre en compte les nouvelles connaissances acquises sur le virus et la maladie qu’il engendre.

Cependant, force est de constater qu‘à l’instar des autres pays, même les plus développés, le système de santé a été mis à rude épreuve. Toutes les faiblesses du système ont été ainsi mises à nu. 

Sur le plan psycho-émotionnel et comportemental, le flux incessant d’informations via les réseaux sociaux et les médias, informations avérées ou pas, a eu un double impact: la remise en cause des stratégies mises en place par des experts de tous bords a potentialisé le déni de la maladie et nourri le sentiment d’extrême peur au niveau des populations. 

Le déni a pu être lié aussi à la peur de la stigmatisation au vu de la manière dont les patients et contacts étaient pris en charge au début de la crise (combinaisons de protection spéciales, isolement, … ) ; et pris entre le devoir et la peur les soignants se devaient de prendre des mesures de protection à un moment où on ne savait pas grand-chose de la maladie.

Cette peur a aussi fait déserter les hôpitaux et cliniques par les populations au risque de compromettre  les différents programme de santé .

Jamais l’ultracrépidarianisme n’a atteint un tel degré que durant cette pandémie et ce, partout dans le monde. Ceci a contribué négativement à la gestion de la crise sanitaire.

La communication institutionnelle bien qu’assez agressive, n’a certainement pas tenu compte de tous les paramètres socio anthropologiques actuels. Le support digital n’a pas eu l’impact attendu dans la gestion de la covid tout au moins au niveau décentralisé mais laisse des perspectives intéressantes pour l’avenir.

Sur le plan économique, les structures sanitaires privées se sont retrouvées avec une baisse d’activités conjuguée à une rareté voire inflation des prix des consommables engendrant des difficultés majeures. Certaines assurances refusaient de prendre en charge les patients qui se retrouvaient en clinique privée volontairement ou non témoignant d’un manque criard de concertation et d’uniformisation .

Le principal enseignement à tirer de cette crise est qu’il nous faut un système résilient, autonome , multisectoriel et centré sur le patient.

Pour ce faire, il faudrait agir sur différents aspects :

  • Les infrastructures et les équipements : construire des infrastructures modernes en nombre et en qualité en tenant compte des obligations de circulation en cas d’épidémie pour garantir la continuité des soins en toute sécurité et renforcer les districts qui sont les unités fonctionnelles du système en moyens matériels et humains.
  • La souveraineté pharmaceutique : avoir une industrie pharmaceutique et au-delà une industrie pour les consommables médicaux 
  • La gestion des ressources humaines : former assez de personnels de santé et bien les former, moderniser les méthodes d’enseignement (simulations), pensez à une mutualisation territoriale des personnels de santé
  • L’organisation:  réfléchir sur l’intégration territoriale des services de santé par une mutualisation des moyens cliniques et paracliniques  ( groupes hospitaliers)
  • L’intégration du secteur privé : mutualiser la formation, le financement, veiller à une exploitation commune des équipements et des ressources humaines
  • Le Patient : Identifier et développer  des parcours  de soins permettant aux patients d’y accéder facilement 
  • L’innovation : Développement d’une assistance digitale utile 

Les Mesures d’hygiène et de sécurité à partager.

 Il y a quatre points importants dans la gestion de la maladie

 

  • Mesures barrières pour éviter la transmission
  • Détection et prise en charge précoce et adéquate des patients pour éviter les complications, 
  • Gestion des cas graves
  • Vaccination de masse dès que possible

 

Ce qui veut dire que la mesure la plus simple et la plus accessible est l’application par tous des gestes barrières dans leur ensemble (port du masque, hygiène des mains, éviter les rassemblements).

L’application des gestes barrières est capitale car agissant sur le flux de malades et donc aussi sur le flux des cas graves. Mais cela demande une adhésion populaire pour une efficacité et ne dépend pas seulement du corps médical mais de toutes les couches sociales et de tous les secteurs

C’est une appropriation populaire d’un principe de préservation médicale et psychosociale des individus , des familles et des communautés par un engagement individuel et communautaire

Les mesures de sécurité ne sont là que pour accompagner, cet engagement communautaire et ne devraient pas être prises comme une atteinte des droits individuels.

Qu’évoque cette journée de 08 Mars? 

Plus de 110 ans après les prémices de cette journée consacrée alors au droit de vote des femmes , le courage la détermination et l’esprit de sacrifice  vous ont permis de gagner de nombreux combats dans votre lutte pour l’égalité .

Que seraient le monde, la maison, la famille, la vie sans cette si particulière touche dans votre engagement pour la société ?

A nos braves compagnes, mères et sœurs je souhaite une bonne journée de la femme .

Ensemble luttons contre la COVID-19"

 

 

 

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