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NGOZI OKONJO IWEALA, Directrice générale de l’OMC : Une pionnière pour apporter un souffle nouveau au commerce international

29/03/2021
 NGOZI OKONJO IWEALA, Directrice générale de l’OMC : Une pionnière pour apporter un souffle nouveau au commerce international


Pour la première fois, une femme,  une personnalité africaine, va diriger l’Organisation mondiale du Commerce. La Nigériane Ngozi Okonjo Iweala va mettre  au service de l’institution, son impressionnante expérience, acquise au sein de l’Onu.

Lundi 1er mars, la Nigériane Ngozi Okonjo Iweala a pris officiellement fonction au siège de l’Organisation mondiale du commerce (Omc), situé à Genève en Suisse. « J’arrive dans l’une des plus importantes institutions du monde et on a beaucoup de travail. Je me sens prête », a lancé  Dr Ngozi, avant d’ajouter :  « il y a une réunion du Conseil général, et j’espère être en mesure d’écouter et de voir ce que les délégations ont à dire, ce que les ambassadeurs ont à dire sur les principaux sujets, et d’échanger.»

Le ton est ainsi donné sur la trajectoire que va prendre le mandat de celle qui est la première femme etpersonnalité africaine à prendre les rênes de cette institution en proie à des crises multiples.

Une candidature sous le feu des projecteurs

Au départ, elles étaient deux Africaines à figurer sur la liste des candidats à prétendre  au poste de directeur de l’organisation. La Nigériane Ngozi Okonjo Iweala et la Kenyane Amina Mohamed. Deux candidatures qui ont suscité beaucoup d’espoir pour le continent. Car, si l’une des deux venait à prendre la direction de cette institution, chargée de réguler le commerce entre les pays, ce serait un précédent dans  son histoire. Mais la ministre kényane, dont la candidature était soutenue par Bruxelles, a été éliminée lors du second tour. Ngozi se retrouve alors face à une autre femme, la Sud-Coréenne Yoo Myung-hee, 53 ans, ancienne ministre du Commerce dans son pays.

Dans ce duel, Iweala bénéficie d’un grand soutien de la part de la Commission européenne et de l'ensemble des pays de l’Union européenne. Seuls les États-Unis, alors dirigés par Donald Trump, ont émis des réserves, lui préférant sa concurrente.  “Les États-Unis appuient le choix du ministre coréen du Commerce, Yoo Myung-hee, comme prochain directeur général de l’OMC. La ministre Yoo est une véritable experte du commerce, qui s’estdistinguée au cours d’une carrière de 25 ans à titre de négociatrice commerciale et de responsable de la politique commerciale. Elle a toutes les compétences nécessaires pour être un leader efficace de l’organisation”, peut-on lire sur le site des services du représentant américain au Commerce(USTR).

Mais, cette  candidate  renonce au dernier moment à briguer la direction de l’Omc, après avoir consulté, explique le ministère sud-corééen du Commerce, les États-Unis et d’autres capitales. Désormais seule dans la course, Dr Ngozi, comme elle se fait appeler, a dû attendre les formalités du consensus, bloqué par l’administration Trump, pour être confirmée à son nouveau poste, l’administration Biden ayant, entre-temps, appuyé sa candidature.  

Un mandat historique salué jusqu’au Nigéria

Sa nomination a suscité de nombreuses réactions dans le monde. À  la fois chez des politiques, des dirigeants d’entreprises, sa “famille” de l’Onu, mais aussi dans la société civile, notamment au Nigeria, où plusieurs jeunes filles ont pris d’assaut les réseaux sociaux pour exprimer leur joie de voir une femme de leur pays à ce niveau.“Mes chaleureuses félicitations à l’économiste Ngozi Okonjo-Iweala, Première femme élue Directrice générale de l’OMC. Le Sénégal, qui a soutenu sa candidature, lui souhaite plein succès “, a écrit Macky Sall, Président de la République.

“Félicitations au Dr Ngozi Okonjo-Iweala pour votre nomination. Je suis reconnaissantde la discussion que nous avons eue aujourd’hui. Nous partageons l’objectif d’une réforme ambitieuse de l’OMC, pour mieux réglementer le commerce, le faire fonctionner pour tous et le concilier avec notre programme environnemental. Les choses bougent! Travaillons ensemble”, a indiqué Emmanuel Macron.

 

La fondation Mo Ibrahim, du philanthrope du même nom, a également publié un message dans lequel elle salue la performance du Dr Ngozi, “en tant que première femme et première dirigeante africaine, c’est un moment important”, écrit-elle.

Pour Idayat Hassan, directrice du Centre pour la démocratie et le développement, basé à Abuja, au Nigéria, le Dr Ngozi “n’est pas simplement aimée au Nigéria, elle est adorée”. Elle estime qu’elle a fait du “bon boulot”, que ce soit au Nigéria ou dans les autres pays où elle a travaillé. 

Une nomination sur fond de crises

Au lendemain de sa nomination, celle qui fut, à deux reprises, ministre des Finances dans son pays,  a dressé sa feuille de route en indiquant vouloir faire de la lutte contre la pandémie du coronavirus, sa priorité. Elle a notamment déclaré vouloir redonner ses  lettres de noblesse à cette institution, qui n’arrive plus, depuis plusieurs années, à atteindre ses objectifs. Pour elle, seule une institution “forte” et “agile” pourra aider à traverser la crise sanitaire mondiale qui a fortement impacté les économies.

Elle a présidé l’Alliance mondiale pour les vaccins,( GAVI), qui vise à permettre l’accessibilité aux vaccins dans le monde, et ellea fustigé le protectionnisme vaccinal de certains pays. “Les pays riches vaccinent leurs populations pendant que les pays pauvres attendent, cela doit être évité”, pour venir à bout de la pandémie. Elle a ajouté que “ la nature de la pandémie et la mutation de nombreuses variantes rendent cela tel qu’aucun pays ne peut se sentir en sécurité, tant que chaque pays n’a pas pris des précautions pour vacciner sa population”.

Outre la gestion de la pandémie, l’Omc, créée en 1995, doit se soumettre à plusieurs réformes profondes pour rétablir la relation de confiance mise à rude épreuve au fil des années, a indiqué la nouvelle directrice. 

Née en 1954 à OgwashiUkwu, dans l’État fédéral du Delta,(ouest du Nigeria), Ngozi Okonjo-Iweala a été naturalisée américaine en 2019. Son parcours est celui d’une femme qui a embrassé de brillantes études, soldées par des diplômes dans de prestigieuses universités comme Harvard et le Massachusetts Institute of Technology (MIT). Elle a également travaillé à la Banque mondiale pendant 25 ans, et failli assurer sa présidence.

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