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Le "B.1.617", ce variant indien qui inquiète le monde scientifique

20/04/2021
Le "B.1.617", ce variant indien qui inquiète le monde scientifique


La pandémie de Covid-19 n’en finit plus de mettre de nouveaux variants sur le devant de la scène sanitaire. Après les variants britannique, sud-africain ou brésilien, c’est au tour du variant indien, surnommé « double mutant », d’attirer l’attention.

Ce variant, qui a pour nom scientifique B.1.617, est soupçonné d’être responsable de la flambée épidémique que connaît actuellement l’Inde. Mais est-ce vraiment le cas ? Et, plus généralement, que sait-on de ce variant ? Ouest-France fait le point en cinq questions.

Le variant indien a été détecté pour la première fois le 5 octobre 2020, dans la région de Nagpur, une ville située au centre de l’Inde, dans l’État du Maharashtra.

Mais « il a fallu du temps pour comprendre que l’on était en présence d’un véritable variant. On en a eu la confirmation en décembre », indique au Monde Rakesh Mishra, généticien et directeur du Centre de biologie moléculaire et cellulaire indien.

Le variant indien tient ce surnom du fait qu’il est à la fois porteur d’une mutation observée sur le variant californien (la mutation L452R) et d’une mutation proche de celle que présentent les variants brésilien et sud-africain (la mutation E484Q).

Comme le rappelle RTL , cette dernière accroîtrait la contagiosité du virus, quand la première pourrait le rendre plus résistant aux anticorps et aux vaccins.

Sur Twitter, le compte spécialisé Le Doc, tenu par le cofondateur du collectif de scientifiques « Du côté de la science », explique que ces deux mutations n’avaient jamais été observées « ensemble dans une seule souche ».

Néanmoins, précisons que, d’un point de vue purement scientifique, l’appellation « double mutant » est impropre, car le variant B.1.617 n’a pas muté seulement deux fois et n’est pas une recombinaison de deux variants.

« Le variant indien résulte de quinze mutations spécifiques », rappelle ainsi au Monde Anurag Agrawal, directeur de l’Institut de génomique et de biologie intégrative de New Delhi, avant d’ajouter : « On n’est pas en présence d’une recombinaison des variants californien et sud-africain ».

S’il semble acté que la « double mutation » présentée par le variant indien le rendrait plus contagieux que les autres, il est encore trop tôt pour dire si celui-ci est plus mortel. Interrogé par L’Obs , Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, avoue ainsi que l’on ne sait « pas grande chose » de sa létalité.

Outre sa forte contagiosité, certaines autres caractéristiques de ce variant indien peuvent poser problème. Le fait qu’il présente la mutation E484Q laisserait ainsi penser qu’il résisterait mieux aux anticorps, ce qui pourrait avoir « un impact significatif en termes d’échappement immunitaire, bien que cela ne soit pas encore formellement démontré à ce stade », comme le note Santé publique France. Les vaccins ou de précédentes infections pourraient donc ne pas suffire à protéger contre ce variant.

Malgré le fait qu’il soit plus contagieux que les autres souches, les autorités restent très prudentes sur l’impact réel de ce nouveau variant sur la situation sanitaire en Inde. Car d’autres éléments peuvent expliquer la mauvaise passe dans laquelle se trouve désormais le pays.

Dans un point sur les variants émergents du Covid-19 publiés le 8 avril, Santé publique France note bien que l’émergence de ce variant indien coïncide « avec une situation épidémique très défavorable ».

Mais coïncidence n’est pas causalité. En effet, « il est vraisemblable que cette dégradation de la situation sanitaire soit au moins en grande partie due aux nombreux grands rassemblements qui ont eu lieu récemment partout dans le pays et à une faible adoption des mesures de prévention par la population générale », note l’agence sanitaire.

En effet, dans des propos rapportés par l’agence américaine Associated Press , le virologue indien Shahid Jamil explique que les récentes élections nationales et locales ont favorisé les rassemblements, tout comme le Kumbh Mela festival, une fête hindoue au cours de laquelle des centaines de milliers de personnes se sont baignées dans le Gange.

 

La pandémie de Covid-19 n’en finit plus de mettre de nouveaux variants sur le devant de la scène sanitaire. Après les variants britannique, sud-africain ou brésilien, c’est au tour du variant indien, surnommé « double mutant », d’attirer l’attentio

Ce variant, qui a pour nom scientifique B.1.617, est soupçonné d’être responsable de la flambée épidémique que connaît actuellement l’Inde. Mais est-ce vraiment le cas ? Et, plus généralement, que sait-on de ce variant ? Ouest-France fait le point en cinq questions.

Le variant indien a été détecté pour la première fois le 5 octobre 2020, dans la région de Nagpur, une ville située au centre de l’Inde, dans l’État du Maharashtra.

Mais « il a fallu du temps pour comprendre que l’on était en présence d’un véritable variant. On en a eu la confirmation en décembre », indique au Monde Rakesh Mishra, généticien et directeur du Centre de biologie moléculaire et cellulaire indien.

Le variant indien tient ce surnom du fait qu’il est à la fois porteur d’une mutation observée sur le variant californien (la mutation L452R) et d’une mutation proche de celle que présentent les variants brésilien et sud-africain (la mutation E484Q).

Comme le rappelle RTL , cette dernière accroîtrait la contagiosité du virus, quand la première pourrait le rendre plus résistant aux anticorps et aux vaccins.

Sur Twitter, le compte spécialisé Le Doc, tenu par le cofondateur du collectif de scientifiques « Du côté de la science », explique que ces deux mutations n’avaient jamais été observées « ensemble dans une seule souche ».

 

 

Néanmoins, précisons que, d’un point de vue purement scientifique, l’appellation « double mutant » est impropre, car le variant B.1.617 n’a pas muté seulement deux fois et n’est pas une recombinaison de deux variants.

« Le variant indien résulte de quinze mutations spécifiques », rappelle ainsi au Monde Anurag Agrawal, directeur de l’Institut de génomique et de biologie intégrative de New Delhi, avant d’ajouter : « On n’est pas en présence d’une recombinaison des variants californien et sud-africain ».

S’il semble acté que la « double mutation » présentée par le variant indien le rendrait plus contagieux que les autres, il est encore trop tôt pour dire si celui-ci est plus mortel. Interrogé par L’Obs , Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches, avoue ainsi que l’on ne sait « pas grande chose » de sa létalité.

Outre sa forte contagiosité, certaines autres caractéristiques de ce variant indien peuvent poser problème. Le fait qu’il présente la mutation E484Q laisserait ainsi penser qu’il résisterait mieux aux anticorps, ce qui pourrait avoir « un impact significatif en termes d’échappement immunitaire, bien que cela ne soit pas encore formellement démontré à ce stade », comme le note Santé publique France. Les vaccins ou de précédentes infections pourraient donc ne pas suffire à protéger contre ce variant.

Malgré le fait qu’il soit plus contagieux que les autres souches, les autorités restent très prudentes sur l’impact réel de ce nouveau variant sur la situation sanitaire en Inde. Car d’autres éléments peuvent expliquer la mauvaise passe dans laquelle se trouve désormais le pays.

Dans un point sur les variants émergents du Covid-19 publiés le 8 avril, Santé publique France note bien que l’émergence de ce variant indien coïncide « avec une situation épidémique très défavorable ».

Mais coïncidence n’est pas causalité. En effet, « il est vraisemblable que cette dégradation de la situation sanitaire soit au moins en grande partie due aux nombreux grands rassemblements qui ont eu lieu récemment partout dans le pays et à une faible adoption des mesures de prévention par la population générale », note l’agence sanitaire.

En effet, dans des propos rapportés par l’agence américaine Associated Press , le virologue indien Shahid Jamil explique que les récentes élections nationales et locales ont favorisé les rassemblements, tout comme le Kumbh Mela festival, une fête hindoue au cours de laquelle des centaines de milliers de personnes se sont baignées dans le Gange.

Il n’en reste pas moins que ce variant semble se diffuser très largement dans certaines parties du territoire indien. À titre d’exemple, dans l’État de Maharashtra, où se situe notamment Bombay, le variant B.1.617 représenterait plus de 55 % des cas de coronavirus, contre 15 à 20 % au mois de mars. Des chiffres qui sont néanmoins à prendre avec précautions, tant le séquençage des tests est embryonnaire en Inde.

Dans son dernier point sur les variants du Covid-19, Santé publique France indiquait que le variant indien avait déjà été « détecté sporadiquement en Angleterre, Allemagne, au Canada et à Singapour » précisant également qu’à cette date, deux cas avaient été détectés en Guadeloupe.

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