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Les cours de répression en Afrique : instruments de justice ou outil de règlement de compte

05/01/2022
Les cours de répression en Afrique : instruments de justice ou outil de règlement de compte


Le président de la transition en Guinée, Mamadi Doumbouya, a créé le 2 décembre 2021 une Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) pour lutter contre toutes les formes de détournement de fonds et de corruption. Une nouvelle juridiction spéciale dont le but est de réprimer toutes les infractions à caractère économique ou financier décelées dans les services publics ou privés du pays.

A priori, l’idée originelle derrière une telle cour semble judicieuse au vu scandales financiers de corruption à coût de milliard qu’a connu le pays. La guinée est réputée pays riche par ses ressources minières mais plus de la moitié de sa population est très pauvre avec moins de 1, 25 dollar par jour et classée 178e sur 187 selon l’indice de développement humain du PNUD en 2013.

De ce point de vue, un tel pragmatisme de la junte au pouvoir depuis le 5 septembre est salutaire dans l’ultime but de résoudre le fléau de la corruption et rétablir l'équité sociale. Mais Attention au revers de la médaille.  

Le contexte prévalant en Guinée mérite une poignée d'attention sur la destinée de cette instance spéciale sous contrôle de l’homme fort de la Guinée. En se référant au motif de prise du pouvoir par le colonel putschiste, il convient de garder un œil vigilant. Si le trop plein de frustration justifie la prise du pouvoir, il n’en demeure pas moins qu’elle soit le bras armée du pouvoir en place pour des règlements de compte. Les cours de répressions connues dans la sous régions jusqu’ici ont laissé un goût amer par leur verdict.

Au Sénégal, la Cour de répression de l'Enrichissement illicite (CREI) créée en 2009 a permis de juger l’ancien maire de la ville de Dakar Khalifa Sall et Karim Wade ancien ministre et fils de l’ancien président Abdoulaye Wade. Depuis lors une accalmie totale au point de susciter des interrogations. Tout porterait à croire que la mission de la CREI est ailleurs.

Au Bénin, la Cour de répression des infractions économiques et terroristes (CRIET) créée en 2018 a jugé l’ancienne ministre, garde des sceaux du régime du président Thomas Boni Yayi ainsi que le constitutionnaliste Joël Aïvo, tous à 20 ans de prison pour infraction économique et terroriste. De ce point il convient de s'interroger sur les réelles motivations de la création des cours spéciales quand on sait qu’elles peuvent être extraverties. 

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