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Sophie Zinga, la créatrice sénégalaise qui a habillé Lupita
25/07/2017
Sophie Zinga, la créatrice sénégalaise qui a habillé Lupita


Qui est cette styliste sénégalaise qui figure régulièrement dans les magazines spécialisés internationaux qui ont pignon sur rue ? A Dakar, son nom est marqué en lettres capitales sur ses deux boutiques, la première à Yoff, sur la route de l’aéroport, la seconde, nouvellement ouverte, aux Almadies. C’est dans la première boutique que Sophie Zinga, jeune styliste ou designer pour les anglophones, nous accueille drapée dans l’un de ses modèles couleur rose pastel « fait sur mesure », souriante, mais un peu nerveuse aussi. Se mettre en avant n’est pas ce qu’elle préfère. Sophie NzingaSy aka Sophie Zinga préfère tout naturellement l’intimité de son atelier où elle fusionne avec ses créations, à l’exercice de l’interview. « Parfois, à la fin de mes défilés, je préfère rester dans les coulisses que de me montrer sur le podium», dit-elle d’entrée, pour détendre l’atmosphère et probablement pour se détendre aussi. A l’image de sa boutique, Sophie Zinga affiche une simplicité qui détonne. Difficile d’imaginer que derrière ses créations si épurées, positionnées luxe et haut de gamme, se cache une femme d’un naturel sans commune mesure.

Le rêve devenu réalité

A 7 ans, Sophie   Zinga tombe sur un documentaire qui parle du top model le plus en vue du moment, Naomi Campbell. Dans les coulisses d’un défilé, Sophie découvre avec « fascination », le monde merveilleux de ce mannequin, son rôle en tant que femme noire et surtout l’univers de la mode. A l’âge où l’insouciance est de mise, Sophie, elle, pense déjà à sa future carrière. « J’ai été fascinée par ce que j’ai vu de Naomi(Campbell).Pour autant, je ne voulais pas devenir mannequin. Je voulais être dans les coulisses, et depuis je savais que je voulais être fashion designer»

En 2005, c’est avec un blog, créé pour partager ses passions avec le public que la future styliste va laisser libre cours à sa passion. C’étaient les balbutiements de ce qui est devenu aujourd’hui, le phénomène des  « influenceurs ». Sur son blog, elle parle de voyages, de découvertes et bien sûr de mode. C’est pourtant vers l’économie qu’elle va se tourner quand il a fallu choisir son cursus à l’université. Un choix qui n’est pas fortuit car, à voir ses deux parents diplomates, une mère, jadis professeur d’économie dans une université américaine, le destin de Sophie Zinga semblait tout tracé. A la maison aussi, les discussions tournaient essentiellement autour de la politique et de l’économie. Même si plusieurs objets d’arts faisaient partie du décor de la maison familiale, les parents étaient loin d’imaginer que leur petite dernière sera choisie un jour par Franca Sozzani, rédactrice en chef de Vogue Italy pour figurer dans le magazine comme « talent à suivre ». « Le style de Sophie Zinga, (…) est le résultat d'un melting pot culturel et l'élégance est la langue universelle qui les relie », peut-on lire sur leur site.

 Parsons, l’étape fondatrice

« J’étais étonnée quand elle nous a annoncé qu’elle voulait travailler dans la mode. J’étais sceptique, car c’est un terrain inconnu pour moi, tout ce que je connaissais de la mode, c’est confier mes habits à mes tailleurs », lance avec le sourire, sa maman devenue sa « momager » (terme utilisé aux Etats-Unis pour désigner une maman-manager).

Pour convaincre ses parents, Sophie a choisi d’intégrer l’école de design Parsons, la crème de la crème des écoles de mode aux Etats-Unis. L’adresse est prestigieuse. Et l’enjeu est de taille. « Je me suis dis que je vais postuler pour rentrer dans cette prestigieuse école. Si on me prend, ce sera un signe. Je l’ai fait et j’ai été prise ». Nous sommes en 2009.

Dans cette école, Zinga apprend les rudiments du métier. Comment créer une collection, comment faire des croquis et comment développer une marque ; mais aussi le business ainsi que d’autres aspects liés à la mode. Elle a aussi appris à composer avec la compétitivité qui y régnait. « La plupart des élèves qui sont inscrits à Parsons, sont soit blancs soit asiatiques. Et ils venaient tous des lycées d’arts. Ils étaient déjà immergés dans ce monde, ce qui n’était pas mon cas. J’avais un parcours académique et j’étais la seule noire ». Pour autant, elle dit n’avoir pas souffert de racisme à New York, qui est une ville cosmopolite. Parsons est devenue pour elle, une sorte de carte d’identité qui lui assure une certaine crédibilité dans le monde très concurrentiel de la mode. Zinga sait à quel point il est primordial pour un styliste de passer par une école de formation en bonne et due forme, elle qui dès son retour au Sénégal pour y développer sa marque, peinait à trouver une main-d’œuvre qualifiée pour renforcer son équipe. « Cela a été un parcours de combattant pour constituer mon équipe. Je suis passée par des écoles de formation pour recruter, mais certains élèves étaient incapables de coudre une ligne droite. Cela pose la problématique de la formation de qualité en Afrique», reconnait-elle.

 Une griffe épurée et une inspiration très africaine

« Hibiscus », est le nom de sa nouvelle collection. Une ligne de vêtements savamment colorée, inspirée par la fleur du même nom. « C’est une fleur emblématique en Afrique. J’ai été inspirée par sa texture et ses couleurs.  Et je voulais que l’Afrique se reflète dans la collection car j’ai toujours eu des inspirations très africaines». Elle a aussi à cœur d’utiliser des tissus venus d’Afrique et produits sur le continent. Sa collection « Zinga  by Sophie Zinga », composée entre autres de vêtements conçus avec le thioup témoigne de son engagement envers le contient. « J’essaie toujours de divulguer l’histoire de l’Afrique et j’utilise surtout le pagne tissé et les tissus africains que je mixe avec le tissu européen.Je trouvais important de montrer que le tissu africain peut être aussi chic que les autres tissus». Les créations griffées « Sophie Zinga », c’est aussi une panoplie de matières nobles comme la soie charmante, la dentelle d’Alençon. Pour elle, la femme « Sophie Zinga », doit se sentir sûre d’elle, élégante, tout en recherchant quelque chose d’intemporel. Une idée qu’a certainement voulu concrétiser les stylistes de l’actrice oscarisée kenyane Lupita Nyong’o en faisant appel à elle.   « C’est gratifiant parce que dans toutes les interviews que je faisais, les gens me demandaient toujours qui est-ce que je rêverais d’habiller et je répondais toujours Lupita Nyong’o et Michelle Obama. Aussi, ce que je voudrais plus tard, c’est de pouvoir habiller les femmes leaders africaines, et qu’elles puissent se dire, ah ! Je veux porter du Sophie Zinga».

En attendant de finaliser ses projets autour d’une collection de robe de mariés et des accessoires griffés « SZ », la styliste continue de rêver, comme si seul le ciel est sa limite.

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