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Aude de Thuin, initiatrice de "Women In Africa": « J’ai pensé que je pouvais apporter mon savoir-faire, mon network mondial, afin que...

30/07/2018
Aude de Thuin,  initiatrice de  "Women In Africa": « J’ai pensé que je pouvais apporter mon savoir-faire, mon network mondial, afin que...


Femme d’affaires française, entrepreneuse engagée pour la cause des femmes depuis vingt ans au niveau mondial, Aude de Thuin est l’initiatrice de plusieurs événements de renom tels que le « Women’s Forum ».

 

En 2017 elle lance Women In Africa (WIA) Initiative, première plateforme internationale de développement économique et d’accompagnement des femmes africaines leaders et à haut potentiel. Le sommet mondial de la WIA est organisé pour la première fois à Marrakech en septembre de la même année.

 

Pour l’organisation du premier sommet régional, qui s’est tenu le 12 avril dernier, Aude de Thuin et son équipe ont choisi Dakar. Intelligences magazine est allé à sa rencontre, à l’issue de ce sommet, le premier du genre.

Dans cette interview, Aude de Thuin nous explique la particularité de la WIA, le choix de Dakar et du cadre atypique de l’École des sables.

 

Revenons sur l’initiative WIA. Quelle est sa particularité et pourquoi Dakar ?

La particularité de Women in Africa Initiative est que c’est un sommet économique, car nous pensons que c’est par l’économie que l’on peut avoir un impact sur la société, c’est-à-dire sur les enjeux majeurs de l’Afrique que sont l’éducation, l’agriculture, la santé, la nutrition, l’environnement, l’entreprenariat, etc.

Le sommet de Dakar a été l’occasion d’inaugurer le concept Akwaba. Que signifie Akwaba ?

AKWABA signifie en Côte d’Ivoire « Bienvenue ». Notre souhait, au travers de ce nouveau concept, est de réunir une femme leader, déjà connue, qui explique ce qui l’a amenée là où elle est, avec une jeune femme qu’elle a repérée comme étant une future « grande » leader, et avec laquelle elle parle ; ou quelqu’un qui marquera son époque. C’est aussi de la transmission que nous parlons au travers de ce programme, et de l’importance d’avoir des modèles, dont les jeunes ont tant besoin pour avoir confiance dans leur propre avenir.

 

Un lieu atypique : l’École des Sables. Comment avez-vous vécu cette première édition et quel bilan tirez-vous ?

Si vous saviez la peur que j’avais le matin même de l’ouverture. Car on m’avait dit que les femmes ne viendraient pas, à plus d’une heure de Dakar, que c’était nouveau, que certaines ne connaissaient pas, bref tout ce qui peut faire peur à quelqu’un comme moi, car je donne une impression de force et en même temps, je doute beaucoup de ce que je fais, et de certains choix que j’impose à mes équipes. En même temps, nous avions beaucoup d’inscrites, donc je me suis tenue à l’entrée pour voir les femmes arriver, et là j’ai commencé à être soulagée et à me dire : « c’est gagné peut-être ». Voici quelques témoignages que nous avons reçu depuis : « vous nous avez sorties de notre cadre », « merci de nous avoir fait découvrir cet endroit magnifique », etc.

J’ai donc vécu cette 1ère édition comme elle a été : un grand succès, apprécié par tous, et cela est très encourageant pour mon équipe et pour moi, et aussi pour l’avenir de Women in Africa.

 

Vous semblez déborder d’énergie pour l’Afrique où vous avez choisi de vous installer. Pourquoi l’Afrique aujourd’hui et quels sont les autres projets en cours sur le continent ?

Il y a des années que des amies africaines me demandaient de faire quelque chose de mondial pour elles. J’ai beaucoup hésité, car je me posais la question de ma légitimité. Après avoir fait un tour en Afrique, j’ai pensé que je pouvais apporter mon savoir-faire, mon network mondial, afin que le monde entier constate, comme moi, le rôle majeur que jouent les femmes africaines dans les économies du continent. Je connaissais le métier, donc j’y suis allée. Et je ne le regrette pas tant je constate jour après jour comment les femmes créent une mutation et bousculent les choses sur le continent. C’était donc le bon moment.

Nos projets sur le continent sont bien-sûr la préparation du Sommet mondial annuel de Marrakech qui a lieu du 27 au 29 septembre prochains. Par ailleurs, nous avons reçu des demandes pour faire l’équivalent de Dakar dans plusieurs pays. Nous les analysons, et nous annoncerons un programme à Marrakech. Nous avons aussi pour bientôt, le 20 juin, la réunion du 1er WIA Club Maroc qui nous a été demandé par la banque BMCI et qui réunira 50 femmes sur le thème du mentoring. Un programme chargé comme vous le constatez.

 

Lors de la conférence de presse organisée en prélude au sommet, vous avez mentionné le micro-crédit. Aujourd’hui, le micro-crédit, qui a été présenté comme une solution à la pauvreté, ne suffit plus. Par quels autres moyens ce problème peut-il être résolu ?

Le sujet du micro-crédit est d’une grande complexité, car à la fois, il est important pour beaucoup de femmes, et en même temps, il les enferme dans un système qui ne les fait pas grandir. Je pense qu’il faut penser à d’autres façons de sortir de la pauvreté. Entre autres, par un accès au crédit pour les femmes. Or les banques restent frileuses sur le sujet, sur le problème du foncier aussi, car avec des garanties, les femmes peuvent emprunter. Ces sujets ont été longuement abordés jeudi 12 avril dernier à l’École des Sables et nous allons publier les conclusions dans un plaidoyer que nous remettrons aux dirigeants et aux gouvernements, car ils doivent prendre conscience que les femmes sont des acteurs majeurs de l’économie et, ce faisant, ont un impact sur les grands enjeux du continent. Rien ne se fera plus sans elles et les gouvernements doivent le savoir et ne pas passer à côté ou faire des promesses qui ne seront jamais tenues. Car les femmes sont aussi des électrices et elles vont jouer pleinement leur rôle sur ce plan.

 

Une quinzaine de nationalités ont fait le déplacement pour le sommet qui, à l’instar des autres événements d’envergure, prône le leadership féminin. Quel est votre cri du cœur, pour clore l’entretien, sur la situation des femmes encore victimes de l’exclusion sociale dans le monde.

Osez ! Allez-y ! Dépassez vos doutes et vos peurs ! Ne vous freinez pas ! Ayez confiance en vous, et jouez pleinement le rôle que le monde entier attend de vous.

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