Ibrahima Diouf, Directeur du Bureau de Mise à Niveau : « Diouf PME » ou la passion de l’art
Doté d’une grande expérience dans le conseil aux petites et moyennes entreprises, en sa qualité d’expert du secteur privé, Ibrahima Diouf est également un féru d’arts plastiques. Rencontre avec un personnage atypique.

Ibrahima Diouf, Directeur du Bureau de Mise à Niveau : « Diouf PME » ou la passion de l’art


Il y a deux passions dans la vie d’Ibrahima Diouf : l’art plastique et les PME. La première, impossible de la manquer. Lorsque l’on entre dans son bureau de directeur du Bureau de Mise à Niveau des entreprises du Sénégal, les murs sont couverts d’œuvres chatoyantes. Partout où le regard se pose, il reste accroché au travail coloré d’un jeune artiste talentueux. La seconde est aussi évidente à déceler chez l’homme que ses collègues surnomment affectueusement « Diouf PME » : une carrière entière dédiée au secteur privé. Depuis ses études parisiennes en droit international et européen et ses diplômes de gestion des PME dans les pays en développement et de sciences politiques (Identité et Organisation) des universités Paris I Panthéon Sorbonne et Paris IX-Dauphine, sa voie était toute tracée.

« De mon point de vue, les petites et moyennes entreprises sont le fer de lance des économies émergentes, clame-t-il, vigoureux. D’où l’importance d’établir un programme de mise à niveau spécifique au profit de ces entreprises qui solidifient notre économie en faisant face à la concurrence venue de l’étranger. » Au lancement du plan Omega du Président Wade en 2001, une vingtaine d’experts dans différents domaines sont réunis. M. Diouf travaille sur le secteur privé et recommande de créer un département ministériel dédié aux PME afin de mieux canaliser le potentiel de ce tissu économique très dense au Sénégal.

Dès 2004, l’AFD appuie la création d’un programme de mise à niveau (PMN) en octroyant au gouvernement sénégalais une subvention de 11,9 millions d’euros dans le cadre du programme d’appui au renforcement de la compétitivité des entreprises sénégalaises (PARCES). Quelque 60 grandes entreprises telles SEDIMA, Pullman, Novotel, Métal Afrique, sont accompagnées jusqu’en 2010. « Ce projet pilote, basé sur le modèle tunisien mêlant appui aux grandes entreprises et maillage des PME, fut si concluant qu’on le reconduisit de 2011 à 2018 », en y incluant les volets environnement et efficacité énergétique. Le Gouvernement reçoit une nouvelle subvention de 10,5 millions d’euros : 5,5 000 000 d’euros de l’AFD et 5 000 000 d’euros de l’Union européenne. Devenu directeur du Bureau de Mise à Niveau en 2012, il chapeaute à partir de 2015, toujours avec l’AFD, l’extension, avec un appui de l’UE, d’un programme pilote de mise à niveau et sa simplification au profit des PME en Casamance : « Nous accompagnons 25 PME par an dans leur projet et 10 entreprises de taille plus importante, soit au total 85 entreprises sur la période 2015-2018. Nous en sommes aujourd’hui à 82 ! ». Depuis ses débuts, le BMN s’adapte également pour mieux accompagner les besoins des entreprises « Nous multiplions les compétences et avons maintenant des experts en efficacité énergétique, en environnement, un expert agro-économiste et un point focal genre, etc. ».

En 2017, le programme Tekki Fi (réussir chez soi) voit le jour sur financement européen dont l’objectif est de renforcer le tissu économique dans les zones de départ de l’immigration clandestine ; le BMN est encore à la manœuvre avec l’ADEPME. « Ces départs saignent notre économie et dépeuplent notre pays en réduisant nos forces vives, alors qu’il y a tant de potentiels ici », s’exclame Ibrahima Diouf. Il faut créer petit à petit le maillage des PME sur l’ensemble du territoire, dans des zones excentrées. Un travail de mécène patient et minutieux qui exige une implication personnelle, semblable à celle qu’il applique dans sa passion artistique. De la même manière qu’Ibrahima Diouf apporte aux PME conseils et financements, il donne aux jeunes peintres croisant son chemin, chevalets, toiles vierges et pinceaux, afin qu’ils déploient leur talent. Au fond, l’incitation à l’innovation et l’incitation à la création n’ont-elles pas une seule et même origine ?


copyright www.intelligences.info | 30/10/2018

Commentaires (0)

Nom :
 

Commentaire :




Censure sur les réseaux sociaux : Me El hadj Amadou Sall met en garde Macky
Censure sur les réseaux sociaux : Me El hadj Amadou Sall met en garde Macky
Revue de portefeuille : le financement du BRT cité en exemple par la Banque mondiale
Revue de portefeuille : le financement du BRT cité en exemple par la Banque mondiale
CNN/Maison Blanche : l’affaire du retrait d’accréditation atterrit en justice
CNN/Maison Blanche : l’affaire du retrait d’accréditation atterrit en justice
Ouverture du campus Social : le oui - mais des étudiants
Ouverture du campus Social : le oui - mais des étudiants
Le juge et les élections : Ce qu’en pense Souleymane Telico
Le juge et les élections : Ce qu’en pense Souleymane Telico
Lancement officiel du mouvement GSE : Aboubacar Sadikh Beye parraine le candidat Macky Sall
Lancement officiel du mouvement GSE : Aboubacar Sadikh Beye parraine le candidat Macky Sall
"Make France Great Again" : Trump attaque Macron sur Twitter
"Make France Great Again" : Trump attaque Macron sur Twitter
L’arachide : comment il peut améliorer la vie des populations rurales
L’arachide : comment il peut améliorer la vie des populations rurales
Foire Internationale de Kaolack 2019 : la place réservée à la Gambie
Foire Internationale de Kaolack 2019 : la place réservée à la Gambie
Comment Malick Gakou met la pression sur Macky Sall
Comment Malick Gakou met la pression sur Macky Sall
Copyright © 2018 - Intelligences Info
Contact: info@intelligences.info