Diara Ndiaye, journaliste, présentatrice et chroniqueuse:« La présence féminine doit-être renforcée dans les médias»

Diara Ndiaye, journaliste, présentatrice et chroniqueuse:« La présence féminine doit-être renforcée dans les médias»


Elle éclaire les spectateurs sur les sujets économiques du continent dans l’émission  mensuelle « Réussite », sur Canal plus. La franco-sénégalaise Diara Ndiaye voue un amour sans borne à son métier : le journalisme. C’est une touche-à-tout qui considère chaque jour comme une occasion de relever de nouveaux défis. Intelligences magazine est allé à sa rencontre pour en savoir plus sur son parcours, ses passions, ses projets et même, son rêve…

En 2013, après être passée par la Rts, vous êtes sur la chaine panafricaine Africa24.Comment est née votre passion pour le journalisme ? Racontez-nous votre parcours.

Tout a commencé lors de la rédaction de mon mémoire de recherche en 2012. Très intéressée par la politique, j’ai eu envie d’en analyser le discours à la télévision durant une période particulière : celle de l’élection présidentielle. J’ai donc eu envie de découvrir comment ce discours s’articulait durant cette période, d’où mon immersion au sein de la rédaction de la Rts. Cette expérience avec des journalistes talentueux m’a totalement charmée.

Ensuite, j’ai multiplié les stages dans les rédactions, notamment Africa24 où j’ai commencé la présentation. En même temps, je terminais mes études avec un master en communication publique et un autre en communication politique.

Depuis 2018, vous officiez en tant que chroniqueuse pour le magazine économique « Réussite » sur Canal Plus, comment cette aventure a-t-elle commencé ?

Canal+ m’a contactée une première fois en 2017 pour une autre émission, malheureusement le projet n’a pas abouti. Lorsque les castings ont été ouverts pour « Réussite », ils ont tout de suite pensé à moi pour me proposer de faire partie de l’aventure.

C’est marrant car au même moment, j’ai eu une proposition d’une autre chaîne en France et j’ai dû trancher. Aujourd’hui, je ne regrette clairement pas mon choix.

Je travaille avec une excellente équipe avec qui je produis des éléments de qualité, pour une tâche qui n’est pas simple : vulgariser des termes économiques pour le grand public. Le maintien de la qualité est de rigueur à chaque numéro.

Qu’est-ce que vous aimez le plus dans votre travail ? Et au contraire, qu’est-ce-que vous pensez que l’on doit améliorer dans le monde des médias ?

Restituer l’information est une richesse. Les mots ont un impact incommensurable au sein de la société. Pour être un bon journaliste, il ne faut pas ennuyer son auditoire ; il faut l'intéresser, l'émouvoir, lui apprendre quelque chose.

Moi j’apprends tous les jours, je rencontre des gens tous les jours, je me documente tous les jours. En gros, je m’enrichis tous les jours grâce à mon métier.  

Aujourd’hui, notre monde évolue vite. Tel un média historique, tel un journaliste, chaque personne peut prendre une information, l’éditer, la compiler, la transformer, et la publier. C’est son message, son information. Il y a donc 7 milliards de médias.

Aujourd’hui, tout le monde est un média. C’est un changement de paradigme profond qu’il faut prendre en compte.  Mais attention au web,  outil puisant qui peut être nuisible. On le voit notamment avec la rapidité de l’information qui y est diffusée, mais pas forcément vérifiée.

En tant que journalistes, il y a une honnêteté professionnelle qui doit absolument rester intacte pour nous. Je déplore les propos extrêmes tenus par les uns et les autres que je vois parfois dans les médias, notamment sénégalais.

Vous avez co-fondé avec vos sœurs et une de vos amies, l’Association « ABCD pour tous », une association à but non lucratif. Parlez-nous de cette association. Et pourquoi l’humanitaire ?

Au-delà du journalisme, je suis fortement engagée dans le domaine humanitaire. Je tiens vraiment à expliquer pourquoi j’ai fait le choix d’ouvrir une association consacrée à l’éducation.

D’abord, j’ai choisi l’éducation car pour moi c’est une arme inébranlable pour chaque individu. Les filles et les garçons qui apprennent à lire, écrire et compter transmettront un avenir meilleur à leurs familles et à leurs pays. Quand l'éducation est améliorée, de nombreux autres domaines sont positivement affectés. En bref, l'éducation a le pouvoir de rendre le monde meilleur.

Dans la plupart des pays en développement, beaucoup moins de filles vont à l’école que les garçons. Dans le monde, une femme sur trois ne sait ni lire, ni écrire. Les chiffres sont de un sur cinq chez les hommes.

J’ajoute aussi que  l’éducation a même un impact sur l’économie. Je l’ai même expliqué dans ma toute première chronique. Je vous invite à la consulter sur Youtube.

J’organise chaque année une opération cartable, dont la dernière à eu lieu en octobre  2017 à Ngouye Tiandigué, dans le département de Diourbel.

Cette année l’opération sera de retour, cette fois dans un autre village. Nous invitons d’ailleurs vos lecteurs à faire un don sur https://www.helloasso.com/associations/l-abcd-pour-tous/formulaires/1, de visiter notre site internet http://labcdpourtous.org/ ou alors à se rapprocher de votre rédaction pour nous contacter s’il y a des dons en nature.

Quel regard portez-vous sur la présence féminine dans les médias ?

 En France ou au Sénégal elle doit être renforcée selon moi. Aujourd’hui, être une femme n’est plus un problème, c’est un privilège. La condition de la femme évolue. Il y a des femmes à la tête du pouvoir, dans tous les métiers, avec des responsabilités. Cela dit il reste encore beaucoup d’inégalités à combler car les femmes en situation fragile restent nombreuses. Les hommes gagnent plus que nous par exemple.

Qui sont vos idoles? Qui vous a inspirée pour vous lancer dans ce métier?

J’apprécie beaucoup le parcours et le professionnalisme de Marie Drucker, Audrey Crespo Mara et bien sur Claire Chazal, sans oublier Anne Saint Clair.

Après, il y a une femme que j’aime bien mais qui n’est pas journaliste. C’est Chimamanda Ngozi Adichie, une personnalité qui m’inspire. L’année 2017 a été marquée par une importante série de revendications féministes et anti-sexistes à travers  le monde, portées notamment par cette écrivaine nigériane.

Au delà de ces personnes, je ne peux pas parler de femme sans mentionner ma mère, qui est le commencement de tout. Mon inspiration, ma passion, ma vision sont

mon père, car ils m’ont doté de qualités qui m’animent au quotidien : amour, respect, détermination, conviction et courage. Mon mari est aussi mon pilier, il m’inspire, me forge et m’appuie. C’est un moteur et un soutien inestimable.

Maman avec un emploi du temps aussi chargé? Comment faites-vous?

AHAHA, Je jongle entre Canal +, RFI et France 3 que l’on n’a pas encore mentionné mais j’y présente le journal. Il y a aussi mon agence de communication DNA et l’association L’ABCD POUR TOUS….Le secret ? L’organisation. Je planifie tout en amont, je voyage et travaille beaucoup, mais c’est un bonheur inestimable qui m’anime.

Vos projets? Votre rêve?

Je suis actuellement heureuse, pleine d’espoir.  Je ne laisse personne briser mes rêves.  Je poursuis sur ma lancée pour créer à mon tour des vocations dans le journalisme et ouvrir quand je pourrai mon propre média.

Dans le volet communication, je continue mes activités avec mon agence DNA qui grandit de jour en jour. Il y a des sociétés comme la mienne 100% africaines qui font un travail remarquable dans ce domaine. Moi j’y donne des conseils en communication, gère les relations presse et publiques, établit des stratégies dans le digital également et plein d’autres choses.  Un réel défi que je compte étendre partout en Afrique.

Enfin, je souhaiterais que mon association L’ABCD POUR TOUS puisse aider des milliers d’écoles africaines, car l'éducation doit être un moyen de donner aux enfants, comme aux adultes, la possibilité de devenir participants actifs de la transformation des sociétés dans lesquelles ils vivent.

 

 


copyright www.intelligences.info | 30/10/2018

Commentaires (0)

Nom :
 

Commentaire :




Censure sur les réseaux sociaux : Me El hadj Amadou Sall met en garde Macky
Censure sur les réseaux sociaux : Me El hadj Amadou Sall met en garde Macky
Revue de portefeuille : le financement du BRT cité en exemple par la Banque mondiale
Revue de portefeuille : le financement du BRT cité en exemple par la Banque mondiale
CNN/Maison Blanche : l’affaire du retrait d’accréditation atterrit en justice
CNN/Maison Blanche : l’affaire du retrait d’accréditation atterrit en justice
Ouverture du campus Social : le oui - mais des étudiants
Ouverture du campus Social : le oui - mais des étudiants
Le juge et les élections : Ce qu’en pense Souleymane Telico
Le juge et les élections : Ce qu’en pense Souleymane Telico
Lancement officiel du mouvement GSE : Aboubacar Sadikh Beye parraine le candidat Macky Sall
Lancement officiel du mouvement GSE : Aboubacar Sadikh Beye parraine le candidat Macky Sall
"Make France Great Again" : Trump attaque Macron sur Twitter
"Make France Great Again" : Trump attaque Macron sur Twitter
L’arachide : comment il peut améliorer la vie des populations rurales
L’arachide : comment il peut améliorer la vie des populations rurales
Foire Internationale de Kaolack 2019 : la place réservée à la Gambie
Foire Internationale de Kaolack 2019 : la place réservée à la Gambie
Comment Malick Gakou met la pression sur Macky Sall
Comment Malick Gakou met la pression sur Macky Sall
Copyright © 2018 - Intelligences Info
Contact: info@intelligences.info