L'entretien culture
Abderrahmane Sissoko, Président des Trophées francophones du cinéma: « le cinéma francophone, ce n’est pas un cinéma parlé en Français »
11/12/2018
Abderrahmane Sissoko, Président des Trophées francophones du cinéma: « le cinéma francophone, ce n’est pas un cinéma parlé en Français »


Quelle est la philosophie des Trophées Francophones du Cinéma ?

La philosophie est simple. Les Trophées francophones créent une famille du cinéma qui est une famille assez diverse parce la Francophonie occupe des territoires différents, des continents différents il s'agit de mettre ces continents ensemble à travers la langue et travers les pays parce que le plus importants c’est la diversité des pays, Le cinéma francophone, ce n’est pas un cinéma parlé en Français c’est une question de territoire. Vous pouvez faire partir des lauréats avec des films en Arabe et des films swahilis ou en Wolof. Ce qui nous unit, c’est le langage cinématographique et un cinéma porteur de valeur,  un cinéma qui a du sens. Je pense que c’est ce qui est important pour nous avec les Trophées francophones.

Quel regard jetez-vous sur cette édition qui se tient à Saint-Louis ?

Comme toutes les éditions, les Trophées font un constat de la production du cinéma du moment. Bien évidemment les années ne sont pas pareilles, les films changent. Ce qui est important, c’est qu’il y a une thématique très forte de façon générale et de plus en plus, parce que les films sont faits par des jeunes. Ce sont des films avec des thématiques sociaux et qui portent des valeurs. La qualité cinématographique est au rendez-vous, mais il faut aussi rappeler que c’est une des conditions pour être nommé. Ce que l’on essaie de mettre en valeur, c’est d’abord le cinéma, la qualité cinématographique des œuvres.

Pensez-vous qu’il faudrait améliorer des choses dans la production dans l’espace francophone ?

Notre rôle n’est pas d’améliorer la qualité du cinéma francophone. Notre rôle, c’est de rendre visible les films, de créer une opportunité. De rendre visible également ceux qui le font. Ceux qui composent le film. Que cela soient des réalisateurs,  des actrices, des acteurs le plus important, c'est de mettre la lumière sur eux.

Qu’est-ce qui explique ce retour au Sénégal ?

Je parlerai de la particularité de cette ville. (Saint-Louis). On a cherché à nous diversifier un peu. C’est-à-dire il ne faut pas que les Trophées aillent seulement dans des capitales. Une ville qui n’est pas une capitale est importante. C’est aussi une façon de délocaliser l’action culturelle et Saint Louis s’y prête parce que c’est une ville de rencontres, c’est une ville d’une grande diversité, pour moi c’est important que les Trophées s’enrichissent de cela. C’est un trophée itinérant et l’année prochaine on ira ailleurs dans une autre ville à travers  le monde.

Quels sont les projets d’Abderrahmane Sissoko depuis « Timbuktu » ?

Je n’ai jamais fait beaucoup de films. J’ai toujours mis cinq ans entre mes films et c’est un rythme qui me convient. Depuis mon dernier film « Timbuktu », j’ai pris le temps de faire autre chose. D’être avec ma famille par exemple, de me consacrer à d’autres choses parce qu’il n y' pas que le cinéma dans la vie. J’ai également pris le temps d’écrire un projet et je vais tourner l’année prochaine, mon nouveau film. C’est un film qui se passe en Chine. C’est une histoire d’amour entre un Chinois et une Africaine à Ghuanzu.

Pourquoi une histoire d’amour entre un Chinois et une Africaine ?

C’est une manière de dire que tout amour est rencontre. Pour moi ce qui est intéressant, c’est de raconter la rencontre. Et bien sûr quand c’est un Chinois et une Africaine  cela devient étonnant mais au final ce n’est pas cela le plus important. Le plus important c’est de raconter une histoire d’amour.

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