politique
Indépendance de la justice : les magistrats divisés
12/01/2019
Indépendance de la justice : les magistrats divisés


Lors de l’audience solennelle de la rentrée des cours et tribunaux mardi dernier à la Cour suprême, le premier président de la Cour suprême, Mamadou Badio Camara s’exprimait en ces termes : « La cérémonie de ce matin qui voit réunis les représentants des trois pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire suffisent à symboliser l’Etat de droit qui est notre pays. Ces trois pouvoirs indépendants les uns des autres mais nécessairement complémentaires […]. Le Sénégal honoré récemment par la communauté internationale, qui l’a porté à la présidence du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, se signale comme un pays doté d’un système judiciaire fondé sur la primauté du droit. […] En tout Etat de cause, il faut saluer le sens de responsabilité de nos juges qui, en première instance, en appel et en cassation, œuvrent sans relâche à ce que les décisions soient rendues en temps utiles ».

Une position que certains parmi les magistrats ne partagent pas à l’image du président de l’Union des magistrats du Sénégal (Ums), Souleymane Téliko. « La présence du président de la République dans le conseil Supérieur de la magistrature est un des éléments qui conforte la mainmise de l’exécutif sur le fonctionnent du conseil supérieur de la Magistrature. Si nous avons demandé des reformes et des modifications sur la composition c’est justement pour jouer sur la perception qu’on peut avoir  sur l’image de la justice », avait déclaré Téliko lors du lancement de la plateforme des acteurs de la société civile pour l’indépendance de la justice (Pascij). D’autre part, on note la démission fracassante du juge Dème de la Magistrature sénégalaise pour avoir constaté une certaine ‘’dépendance de la justice’’ entre autres.

La question ayant trait à  l'indépendance ou non de la justice a longtemps suscité des débats au sein de notre espace public et n'a épargné aucun régime, de Senghor à Macky Sall en passant par Abdou Diouf et Abdoulaye Wade. Notre système judiciaire serait-il en phase avec ses principes originels? Dont celui-ci : garantir à tout un chacun l'égalité devant la loi. Notre justice incarne-t-il ce que suggèrent les valeurs de la démocratie. Cette notion qui semble, d'ailleurs,  galvaudée aux yeux de la plupart des citoyens tant son incarnation par différents acteurs de l'espace public tend à s'effriter et, donc, perdre ses attributs. Ou bien, posons la question sous un autre angle : le problème se situerait-il au niveau des acteurs de la justice? L'un dans l'autre, une réflexion profonde à ce sujet s'impose. 

En effet, il n'est pas rare, que des décisions de justices soient contestées par les hommes politiques de tous bords, à tort ou à raison? Jugez-en vous-mêmes. Pire, ce sont parfois même des injures ou menaces qui sont adressées aux juges. Sur le terrain politique, constatez que la plupart des leaders de l'opposition d'aujourd'hui qui jettent en pâture la justice ont eu à exercer le pouvoir et donc n'avaient pas tari d'éloges sur le fonctionnement de la Justice. Il en est de même, pour les gouvernants actuels. « Quand on gagne on  félicite la justice et quand on perd on la critique », cette assertion d’un avocat, résume bien la situation.

copyright www.intelligences.info

A SUIVRE AUSSI

0 commentaires

    Nom :
     

    Commentaire :