Santé : Avis d'expert
La rougeole au Sénégal : le point avec le professeur Lamine Fall, pédiatre à l’hôpital pour enfant Albert Royer de Fann
21/02/2019
La rougeole au Sénégal : le point avec le professeur Lamine Fall, pédiatre à l’hôpital pour enfant Albert Royer de Fann


 L’Organisation mondiale pour la santé (OMS) a publié une tribune le 18 février dernier, dans laquelle elle alerte sur la recrudescence de la rougeole dans le monde. Intelligences.info est allé à la rencontre du professeur Lamine Fall, pédiatre à l’hôpital pour enfant Albert Royer de Fann pour faire l’état des lieux. Pour nous, il revient sur cette maladie virale qui peut être mortelle si elle n’est pas correctement prise en charge.

Professeur Lamine Fall, l’Oms a alerté il y a quelques jours sur la recrudescence de la rougeole dans le monde. Qu’en est-t-il du Sénégal plus particulièrement ici à Albert Royer ? Avez-vous enregistré plusieurs cas dernièrement ?

Pas particulièrement. Nous avons peut-être eu un ou deux cas.

Donc  on peut dire que la situation n’est pas alarmante

Il y a eu quelques cas dans certains districts du Sénégal. Mais il faut rappeler que c’était durant la période de grève. Les postes de santé étaient à l’arrêt donc il n’y avait pas de vaccins. A Dakar,  nous n’avons pas enregistré beaucoup de cas.

Pouvez-vous revenir sur la maladie et expliquer aux novices ce qu’est la rougeole ?

 C’est une maladie infectieuse virale. Il y a une première phase que l’on appelle la phase d’incubation, c’est-à-dire le jour où le virus entre dans l’organisme, et à cet stade il n y a pas encore de manifestation. Cela dure à peu près une dizaine de jours. Surviennent ensuite les  manifestations qui sont outre la fièvre, la perte d’appétit chez l’enfant.  Ce dernier va avoir des larmoiements, le nez qui coule. Il peut également avoir une petite bronchite. Voilà les premiers signes avant que n’apparaisse l’éruption cutanée qui permet de reconnaitre la maladie. Elle apparait généralement au niveau du visage, et cela s’étend progressivement jusqu’en bas.

Quelles sont les actions préventives que vous avez mises en place pour lutter contre la rougeole au niveau d’Albert Royer ? 

L’action essentielle reste la vaccination qui est inscrit dans le programme national pour la vaccination. Après, il y a les autres mesures d’hygiène que l’on conseille aux mamans quand on a un cas. Mais la grande prévention reste la vaccination. On vaccine deux fois de suite,  à l’âge de neuf mois, et un rappel à 15 mois.

Après l’apparition des premiers symptômes quelles sont les traitements que l’on administre à l’enfant ?

Comme c’est un virus, le traitement c’est plus un traitement dit symptomatique. On n’administre pas de médicaments spécifiques pour ça. Pour la fièvre, on donne des médicaments anti-fiévreux et des stimulants. Son système de défense diminue et il y’a des risques de surinfection. Il faut donc lui donner des antibiotiques.

Comment se passe la sensibilisation avec les mamans ?

On leur explique que la maladie est due au fait que l’enfant n’a pas été vacciné. Nous insistons sur la nécessité de vacciner les enfants, parce que c’est une maladie immunisante. Quand on l’attrape une fois on est immunisé.

La rougeole a la réputation d’être la première maladie chez l’enfant, est-ce que c’est toujours le cas ?

Avant oui, il y avait énormément de cas et cela favorisait la malnutrition chez les enfants. Parce à cause de la maladie, ils s’alimentaient moins bien.  Mais depuis la prévention et le programme national de vaccination, ce n’est plus le cas.

 

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